Essai nouvelle Mazda 3 Skyactiv-D 150 & 2.0 Skyactiv-G

Nouvelle Mazda 3

Nouvelle Mazda 3

La nouvelle Mazda 3 opère une rupture avec l’ancienne génération, tout en restant dans l’esprit décalé et challenger du constructeur japonais basé à Iroshima.

Nouveau style, nouveau châssis, nouveau moteur, nouveaux équipements : cette compacte japonaise ne se refuse rien et se remet au goût du jour en profondeur. Nous l’avons prise en main sur les routes de la Costa Brava.

Style : un peu de 6 pour la 3

Contrairement à une Golf qui évolue par petites touches, la Mazda 3 s’est métamorphosée depuis la précédente génération. On ne risquera pas de confondre l’ancienne et la nouvelle, quel que soit l’angle sous lequel on les regarde.

Le langage Kodo inauguré sur le CX-5 et repris sur la 6 en début d’année est logiquement instauré sur la nouvelle 3. La face avant profite ainsi de lignes dynamiques, avec une large calandre et des blocs feux très effilés. Ici cette version Dynamique se démarque du niveau Elegance par des jantes alliage 18 pouces au lieu de 16, une calandre noir laqué, et des entourages chromés pour les feux anti-brouillard.

Nouvelle Mazda 3

Nouvelle Mazda 3

De derrière, la double sortie d’échappement apporte une note de sportivité, même sur cette version diesel de 150 ch. Elle est d’ailleurs montée sur l’ensemble des finitions et des motorisations.

Globalement le style est donc entièrement renouvelé, et semble plaire au plus grand nombre. Un bon point pour la carrière de cette nouvelle compacte.

Nouvelle Mazda 3

Nouvelle Mazda 3

 

Vie à bord : plus high-tech et mieux finie

En ouvrant la portière, on découvre là aussi un environnement très différent de l’ancien modèle. L’ancienne planche de bord pouvait être un peu torturée avec des écrans qui s’étaient multipliés au moment du restyling.

Planche de bord nouvelle Mazda 3

Planche de bord nouvelle Mazda 3

La nouvelle Mazda 3 revient à plus de simplicité avec un traitement plus horizontal. L’écran de navigation est bien positionné, à la manière de celui d’une Classe A. Ce n’est plus un GPS d’origine TomTom, mais l’écran tactile est conservé pour la programmation à l’arrêt. En roulant, il faut utiliser la molette de commande HMI facile à prendre en main et inspirée de ce qui se fait chez BMW.

Pour la première fois, Mazda propose des applications et des services connectés. Aucun abonnement à la clé : il suffit de télécharger l’application Aha sur son smartphone pour bénéficier des radios en ligne, ainsi que de l’accès à Facebook ou Twitter sur l’écran 7 pouces.

Le bloc compteurs est très moderne, avec un compte-tours central qui domine. Pour contrôler sa vitesse, l’indication est numérique, et reprise par le système d’affichage tête haute. Il ne s’agit pas d’une projection sur le pare-brise comme chez BMW mais d’une lamelle en plastique qui se déploie au démarrage, façon Peugeot 3008.

Certains aimeront, d’autres préféreront s’en passer.

La qualité de finition progresse, avec des matériaux plus valorisants. Sans être au niveau d’une Peugeot 308, la Mazda 3 est désormais mieux placée qu’une Focus, une Auris ou une Leon.

Parmi les critiques que l’on pouvait faire à l’ancienne génération, il y avait un confort d’amortissement trop ferme. Cette fois-ci, même en monte 18 pouces la Mazda 3 parvient à ne pas trop secouer ses passagers.

A l’avant les sièges offrent un bon maintien, dommage que la sellerie de cette version Dynamique richement dotée soit seulement proposée en tissu. Pas de mi-cuir au programme, ni d’option cuir. Il faudra grimper sur la finition Sélection pour en disposer, avec un tarif nettement supérieur.

Places arrière nouvelle Mazda 3

Planche de bord nouvelle Mazda 3

Spacieuse, la Mazda 3 profite de son gabarit supérieur à ses rivales pour afficher des côtes intérieures très favorables. Les places arrière sont donc particulièrement accueillantes avec un espace aux jambes convaincant.

Le volume du coffre passe à 363 dm3, soit 23 dm3 de plus qu’auparavant. C’est bien, mais pas top, car plusieurs concurrentes en offrent davantage dans une longueur extérieure plus contenue.

Planche de bord nouvelle Mazda 3

Coffre nouvelle Mazda 3

 

Conduite : toujours aussi dynamique

En matière de conduite, Mazda a une réputation à défendre. L’ancienne Mazda 3 était déjà particulièrement efficace en la matière avec un châssis affuté et un moteur diesel de 180 ch qui avait la pêche.

La nouvelle génération de Mazda 3 est proche de la dernière Mazda 6, avec un châssis Skyactiv.

Dès le départ la nouvelle Mazda 3 met très vite en confiance avec de bonnes sensations, un train avant précis et agile, et le sentiment d’être fixé sur des rails. On peut donc rouler à un rythme soutenu y compris sur routes de montagne, sans avoir de mauvaise surprise. Pour les 150 ch, le châssis semble même surdimensionné et donne envie d’avoir plus que 150 ch ! Mais heureusement, le nouveau 2.2 n’est pas avare en performances.

Ce nouveau bloc diesel 2.2 Skyactiv-D possède un taux de compression très réduit de 14:1, ce qui est à l’opposé de ce que pratique la concurrence.

La réduction de la température au moment de l’explosion permet de réduire les Nox et les particules fines, et ainsi de rendre le moteur conforme aux normes Euro 6 sans ajouter d’additif.

Nouvelle Mazda 3

Nouvelle Mazda 3

 

La réduction de poids est de 89 kg, ce qui participe en plus de la présence du système i-Stop de coupure du moteur lors des arrêts à une réduction de la consommation. Malgré une cylindrée de 2,2 L contre 2,0 L pour la majorité des concurrents, la Mazda 3 parvient à consommer très peu. La consommation mixte est donnée pour seulement 4,1 L ! En version à boîte automatique et sur des routes de montagne, même en montant dans les tours la consommation restait cantonnée dans les 7,5 L. En usage courant il sera possible de réaliser un petit 5 L, soit plus d’un litre de moins que l’ancienne Mazda 3 2.2 de 185 ch.

En alternative à la boîte de vitesses manuelle, Mazda propose en option une boite de vitesse automatique Skyactiv Drive à 6 rapports avec palettes au volant. Bien gérée, cette boîte propose aussi un mode manuel qui ne force pas le passage des rapports même en cas de régime soutenu.

Nouvelle Mazda 3

Nouvelle Mazda 3

 

Pour ceux qui roulent peu ou/et sont réfractaires aux moteurs diesel, la nouvelle Mazda 3 est aussi proposée avec deux versions essence. Le nouveau bloc 2.0 Skyactiv-G est proposé en deux puissances de 120 et 165 ch. C’est la seconde que nous avons pu tester, sur une finition Dynamique chaussée elle aussi en Dunlop Sport Max 215/45 R18.

Malgré l’absence de turbo, le 0 à 100 km/h est au niveau de celui d’une version diesel avec un petit dixième de moins seulement. En vitesse maximale, les deux versions font jeu égal. Ce qui fait la différence, c’est bien évidemment le couple, de 210 Nm seulement en essence contre 380 Nm en diesel. Comprenez par là qu’il faudra davantage jouer du levier de vitesses lors des dépassements avec cette Mazda 3 2.0 essence.

La double sortie d’échappement n’apporte pas de sonorité sportive : aucune extravagance de ce côté-là, ce n’est pas non plus une petite MPS.

Plus légère d’une centaine de kilos, la Mazda 3 2.0 165 ch profite d’une répartition des masses meilleure que sa soeur diesel, avec un châssis qui semble encore plus efficace.

Moderne, ce bloc 2.0 intègre le stop-start appelé i-Stop chez Mazda, ainsi que la récupération d’énergie à la décelération i-eloop  étrénnée par la Mazda 6. Ce système est pour l’instant uniquement associé à ce moteur de 165 ch essence.

Ces dispositifs permettent à cette version de s’en sortir très bien en consommation, avec une moyenne annoncée à 5,8 L. Dans la pratique nous avons enregistré une moyenne supérieure à 7,5 L, sans être légers sur l’accélérateur. Avec un peu d’éco-conduite, il y a donc largement moyen de tourner à 6,5 L. Pas mal pour un bloc essence 2.0 de 165 ch !

La finition Sélection propose en série le régulateur de vitesse adaptatif, pour apporter du confort au conducteur et lui éviter aussi de rouler en survitesse.

 

Budget 

La gamme de la Mazda 3 comporte trois finitions : Elégance, Dynamique et Sélection. Une Mazda 3 Sélection d’entrée de gamme débute en diesel à 27200 euros avec le moteur diesel de 150 ch. Un premier prix élevé pour une compacte diesel, du fait de l’absence de moteur diesel coeur de gamme. Mais une nouvelle motorisation Skyactiv-D moins puissante devrait voir le jour prochainement.

L’équipement d’entrée de gamme comprend les jantes alliage 16 pouces, l’aide au freinage intelligent en mode urbain, le système de navigation avec écran tactile 7 pouces, la surveillance de la pression des pneus, l’alerte de véhicules en approche, assistance au démarrage en côte et aide au stationnement arrière.

L’équipement est donc déjà plutôt complet pour un premier niveau.

A titre d’exemple une Audi A3 Sportback débute en diesel à 26070 euros seulement. Mais à puissance et équipement équivalent, l’A3 réclame un budget supérieur à 32000 euros. Normal direz-vous, c’est une premium.

Du côté des constructeurs généralistes, une Peugeot 308 Allure BlueHDI 150 bientôt au catalogue sera proposé à 28250 euros, et à 30350 euros en finition haute Feline avec un équipement très élevé également.

Mazda positionne donc la nouvelle 3 dans le haut du panier des constructeurs généralistes en termes de tarifs.

La Mazda 3 Dynamique ajoute l’affichage tête haute, les phares bi-xénon, les jantes alliage 18 pouces, l’aide au stationnement avant, et le système hifi Bose à neuf haut-parleurs. Le prix grimpe donc de 1800 euros pour s’établir à 29000 euros sur cette version diesel.

On n’oubliera pas l’un des avantages de la Mazda 3 côté budget, à savoir une garantie constructeur de 3 ans.

LIRE LA FIN DE L’ESSAI NOUVELLE MAZDA 3