Leasing social 2026 : le gouvernement relance l’électrique à bas prix

Le leasing social Renault va débuter dès 120 euros par mois
Le leasing social a bien fonctionné pour les modèles Renault

On l’annonçait fragile, certains le croyaient enterré. Le leasing social fera pourtant bien son retour en 2026. Confirmation officielle du gouvernement dans le cadre de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie. Derrière la formule administrative un peu austère se cache une réalité très concrète : l’État entend poursuivre l’électrification du parc automobile français en soutenant les ménages les plus modestes.

Il faut dire que le contexte n’a rien d’idyllique. Le prix moyen d’une voiture neuve en France dépasse désormais les 30 000 euros, et un modèle électrique reste encore plus cher à l’achat qu’un modèle thermique équivalent. Certes, l’offre s’est élargie sous la barre des 25 000 euros avec des modèles comme la Citroën ë-C3, la Renault 5 E-Tech ou encore la Dacia Spring. Mais même à ces niveaux, le ticket d’entrée reste inaccessible pour de nombreux foyers. Le leasing social, avec ses loyers mensuels très contenus, change radicalement la donne psychologique et budgétaire.

Un dispositif qui a déjà fait ses preuves

Le premier épisode, début 2024, avait surpris par son ampleur. En six semaines à peine, l’enveloppe avait été consommée. La deuxième vague, lancée fin septembre 2025, avait démarré tambour battant avec 30 000 commandes en quelques jours. L’élan s’est ensuite ralenti, nécessitant près de trois mois et demi pour atteindre le quota des 50 000 véhicules. Un tassement qui a nourri les doutes, mais qui ne signe en rien un échec.

Dans un marché automobile en repli, le leasing social a servi d’amortisseur. Il a offert un volume immédiat aux constructeurs, sécurisé des chaînes de production et apporté une visibilité bienvenue. Surtout, il a rempli sa mission sociale : en 2025, 45 % des bénéficiaires appartenaient aux trois premiers déciles de revenus, contre 40 % lors de la première édition. Autrement dit, le ciblage s’est affiné. On n’est plus dans l’effet d’aubaine généralisé, mais dans une politique publique plus précise.

2026 : quelles conditions, quels loyers ?

Les contours précis de la version 2026 restent à détailler. On sait simplement que le financement devrait être assuré en grande partie par les fournisseurs d’énergie, via les certificats d’économies d’énergie. Une évolution logique dans la mesure où la transition vers l’électrique s’inscrit dans une stratégie globale de décarbonation.

Reste la question clé : à quel niveau seront fixés les loyers ? Lors de la première édition, certains contrats démarraient autour de 100 euros par mois, entretien inclus. La seconde vague avait légèrement relevé la barre et durci les critères d’éligibilité. Si l’État veut maintenir l’attractivité du dispositif tout en maîtrisant la dépense publique, l’équation sera délicate. Trop cher, le leasing perd son intérêt social. Trop généreux, il devient budgétairement difficile à défendre.

Un levier crucial pour atteindre les objectifs 2035

Même si l’Union européenne a assoupli certains jalons intermédiaires, l’interdiction des ventes de voitures thermiques neuves en 2035 reste la ligne directrice. Pour y parvenir, la France doit accélérer le renouvellement du parc. Or, les ménages modestes roulent souvent avec des véhicules anciens et fortement émetteurs. C’est précisément là que le leasing social peut jouer un rôle déterminant.

Au-delà de l’effet volume, il participe à banaliser l’électrique. Lorsque des familles modestes accèdent à une citadine zéro émission, l’image change. L’électrique cesse d’être perçue comme un produit réservé aux classes supérieures urbaines. C’est aussi un enjeu culturel.

Une dynamique à surveiller

Rien n’indique que 2026 reproduira l’emballement de 2024. Le marché s’est structuré, l’offre s’est diversifiée et les consommateurs sont plus informés. Mais dans un climat économique tendu, avec un pouvoir d’achat sous pression, la perspective d’une voiture électrique neuve pour un loyer maîtrisé reste extrêmement attractive.

Le leasing social n’est pas une solution miracle. Il ne règle ni la question des infrastructures de recharge, ni celle de la valeur résiduelle des véhicules électriques. Mais il constitue aujourd’hui l’un des rares outils capables de conjuguer transition écologique et justice sociale. Et à ce titre, son retour en 2026 dépasse largement la simple annonce gouvernementale. Il s’agit d’un signal politique fort envoyé à toute la filière automobile.

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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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