Malus 2026: la facture automobile s’envole, jusqu’à 80 000 €

Mercedes-AMG E 53 Hybrid 4Matic+
Mercedes-AMG E 53 Hybrid 4Matic+

L’automobiliste français avait déjà compris que la voiture thermique vivait ses dernières années sous perfusion fiscale. 2026 va confirmer la tendance, sans détour ni faux-semblants. Au 1er janvier, les barèmes du malus CO2 et du malus au poids se durcissent encore, rendant l’achat d’un véhicule neuf à moteur thermique nettement plus coûteux, parfois à des niveaux difficilement justifiables au regard du prix de l’auto elle-même. Officiellement, il s’agit d’orienter le marché vers des véhicules plus sobres. Officieusement, on assiste surtout à une mise sous pression accélérée de pans entiers de l’offre automobile.

Un malus CO2 qui frappe dès 108 g/km

Le premier choc vient du seuil d’entrée du malus CO2. En 2026, il démarre à 108 g/km, là où, il y a encore quelques années, ce niveau passait totalement sous les radars fiscaux. À ce stade, on ne parle plus de sportives excessives ou de SUV démesurés, mais de berlines compactes, de familiales essence bien motorisées, voire de certains hybrides non rechargeables.

La progressivité du barème n’empêche pas une réalité brutale. À mesure que les émissions augmentent, la sanction devient rapidement disproportionnée. Le plafond du malus atteint désormais 80 000 euros pour les véhicules dépassant 192 g/km. Un chiffre qui transforme certaines voitures passion en objets fiscalement absurdes. Une Mercedes A 35 AMG de 306 ch pourtant loin d’être un monstre de cylindrée, se retrouve mécaniquement propulsée dans une zone tarifaire où le malus dépasse le prix de nombreuses citadines neuves. Vendue 65450 euros prix catalogue, avec ses 194 g de rejets elle fait plus que doubler son prix en étant frappée du malus maximal, le même que pour l’acheteur d’une AMG GT 63 4MATIC+ deux fois plus puissante. Ne cherchez pas la logique : il n’y en a pas.

Le malus au poids s’invite dans l’équation

Comme si le CO2 ne suffisait pas, le malus au poids se durcit lui aussi. En 2026, le seuil tombe à 1500 kg, contre 1600 kg auparavant. Autrement dit, une grande partie des SUV compacts, des familiales bien équipées et même certaines berlines passent désormais à la caisse. Chaque kilo supplémentaire est taxé, selon une grille de plus en plus sévère à mesure que le poids augmente. Pour un modèle de 1600 kg, la taxe est de 1000 euros, avec un kg à 10 euros. Mais ensuite le barème passe à 15, 20, 25 puis 30 kg au-delà de 2 tonnes.

Un impact réel sur le marché, mais à quel prix?

Ces malus ne concernent pas les véhicules d’occasion pour le poids, et très marginalement l’occasion pour le CO2. Le marché de seconde main reste donc une échappatoire logique pour de nombreux acheteurs. On observe déjà un glissement vers des voitures plus anciennes, parfois plus polluantes en conditions réelles, mais fiscalement plus acceptables. Une contradiction que les pouvoirs publics assument à demi-mot.

Face à cela, les constructeurs accélèrent sur l’électrique, souvent à marche forcée. Mais les prix élevés, l’autonomie encore variable et les infrastructures inégales freinent toujours une adoption massive. Entre une thermique surtaxée et une électrique encore chère, l’acheteur moyen se retrouve coincé, sommé de choisir le moindre mal.

Le durcissement des malus en 2026 marque une étape supplémentaire dans la stratégie française: rendre la voiture thermique économiquement indésirable. L’intention est claire, la cohérence beaucoup moins. À force d’alourdir la facture, le risque est de figer le marché, de ralentir le renouvellement du parc et d’accentuer la fracture entre ceux qui peuvent absorber ces coûts et les autres. Les ventes de voitures neuves ne cessent de plonger, et ce n’est pas une bonne nouvelle…

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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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