Leapmotor B03X : le SUV électrique chinois qui vise les R4, 2008 et Puma

Leapmotor B03X
Leapmotor B03X

Il faudra s’y habituer : les SUV électriques compacts venus de Chine ne se contentent plus de faire acte de présence, ils visent désormais le cœur du marché européen. Avec le nouveau Leapmotor B03X, le constructeur chinois entend s’attaquer frontalement aux références naissantes du segment comme le Ford Puma Gen-E ou la nouvelle Renault 4 E-Tech. Un défi ambitieux, presque culotté, tant la bataille des SUV urbains électriques est en train de devenir le nouvel épicentre de la guerre des prix.

Connu sous le nom d’A10 sur son marché domestique, ce modèle change d’identité pour l’Europe. Le patronyme B03X n’a rien de poétique, mais il s’inscrit dans une logique de gamme déjà amorcée avec les Leapmotor B10, Leapmotor C10 et la citadine Leapmotor T03. Une famille qui s’agrandira encore avec la future B05 compacte et une B03 thermique-électrifiée prévue d’ici 2027.

Minimalisme assumé, technologie en vitrine

À bord, le Leapmotor B03X joue la carte du dépouillement numérique. Pas de boutons physiques à l’horizon, mais un écran central de 14,6 pouces qui concentre l’essentiel des commandes, épaulé par une instrumentation numérique fine de 8,8 pouces. Cette approche, déjà vue sur les autres modèles de la marque, rappelle autant l’univers de Tesla que celui de certaines productions scandinaves.

Le minimalisme a toutefois ses limites. Si l’on peut saluer la cohérence visuelle, l’absence totale de commandes physiques pose question en matière d’ergonomie, surtout face à des concurrents européens qui reviennent progressivement à davantage de commandes directes sous la pression des clients et même des organismes de sécurité routière.

Leapmotor soigne en revanche la modularité. Sous le plancher du coffre, un espace de 106 litres vient compléter le volume principal. Une solution qui évoque le “Gigabox” du Puma électrique, même si ce dernier conserve une longueur d’avance en matière d’astuce globale. Plus original encore, la base des sièges arrière peut se relever à la manière des “Magic Seats” de la Honda Jazz, libérant 39 litres supplémentaires pour transporter des objets encombrants à la verticale. Un détail concret, et dans cette catégorie, ce sont souvent ces petits plus qui font la différence au quotidien.

Leapmotor B03X
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500 km annoncés… mais restons lucides

Leapmotor promet jusqu’à 500 kilomètres d’autonomie. Un chiffre flatteur, mais basé sur le cycle chinois CLTC, notoirement plus optimiste que le WLTP européen. En conditions homologuées chez nous, on peut raisonnablement tabler sur environ 400 kilomètres WLTP, voire un peu moins selon la capacité batterie retenue.

Deux capacités de batterie seront proposées : 39,8 kWh et 53 kWh.

Ce niveau placerait le B03X dans la moyenne haute du segment, à l’image de la Citroën e-C3 Aircross ou du Puma électrique, généralement annoncés autour de 350 à 400 kilomètres selon les versions. Le B03X repose sur l’architecture Leap 3.5, déjà utilisée sur le B10, avec un moteur électrique de nouvelle génération allégé et refroidi par huile pour améliorer le rendement. Une solution technique intéressante, qui montre que Leapmotor ne se contente pas de copier mais développe ses propres solutions. La puissance est limitée avec 90 kW, soit 122 ch.

Leapmotor B03X
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Design discret, ambitions affichées

Long d’environ 4,20 mètres, large de 1,80 mètre et haut de 1,60 mètre, le B03X se cale au millimètre près dans le format des SUV urbains européens. Son style reste consensuel, presque sage. On y perçoit une inspiration du côté de Smart ou Volvo dans le traitement des surfaces et des optiques, sans tomber dans la caricature.

Un détail distinctif mérite toutefois d’être souligné : la signature lumineuse avant et arrière, censée évoquer un sourire. Une touche de fantaisie dans un ensemble autrement très rationnel. Le capteur LiDAR placé au-dessus du pare-brise intrigue également. Sur ce segment tarifaire, l’intégration d’un tel équipement laisse supposer des ambitions élevées en matière d’aides à la conduite, voire de conduite semi-autonome avancée.

Le nerf de la guerre : le prix

C’est ici que tout se jouera. Pour exister face à des rivaux bien implantés, le Leapmotor B03X devra impérativement démarrer nettement sous la barre des 30 000 euros en Europe, avant déduction des aides.

La stratégie des constructeurs chinois repose désormais sur un triptyque clair : équipement généreux, autonomie compétitive et tarif agressif. Mais la concurrence se renforce aussi rapidement. Entre la montée en puissance de BYD, les offensives de Stellantis et le retour en force de Renault sur le segment électrique abordable, le terrain est loin d’être vierge.

Le B03X a des arguments, notamment en matière de modularité et d’équipement technologique. Reste à voir si l’image de marque suivra. Car au-delà des chiffres, le client européen reste sensible à la confiance, au réseau et à la valeur résiduelle. Sur ce point, Leapmotor a encore tout à prouver.

Le SUV urbain électrique est devenu le nouveau champ de bataille de l’automobile européenne. Avec le B03X, la Chine ne frappe plus timidement à la porte : elle entre directement dans le salon.

Leapmotor B03X
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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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