
C’est un virage presque inattendu dans le contexte actuel. Alors que l’électrification s’impose partout, Fiat fait un pas de côté avec sa 600 en introduisant une version 100 % essence. Pas un simple ajustement technique, mais une vraie stratégie commerciale : faire tomber le prix d’accès de son petit SUV sous la barre des 26 000 €.
Car jusqu’ici, la Fiat 600 jouait surtout la carte du électrique ou du micro-hybride, avec des tarifs qui la rapprochaient dangereusement de modèles plus imposants ou plus polyvalents. Résultat : une proposition séduisante sur le papier, mais parfois difficile à justifier face à une concurrence féroce.
Avec cette nouvelle motorisation essence, la marque italienne remet les pieds sur terre. Et surtout, elle rouvre la porte à une clientèle plus large.
Un nouveau moteur pour tourner la page du PureTech
Sous le capot, Fiat ne se contente pas de recycler l’ancien bloc. Cette 600 inaugure le nouveau trois-cylindres 1.2 turbo de 100 ch du groupe Stellantis, connu en interne sous le code EB2 Gen3. Un moteur qui remplace le très critiqué 1.2 PureTech à courroie humide, dont la réputation a largement dépassé les forums spécialisés.
Ici, place à une distribution par chaîne, censée améliorer la fiabilité sur le long terme. Un point loin d’être anecdotique à l’heure où les acheteurs deviennent de plus en plus sensibles aux coûts d’entretien et à la durabilité.
Avec 100 chevaux et 205 Nm de couple, ce bloc ne cherche pas à impressionner. Il vise plutôt l’efficacité au quotidien, avec une boîte manuelle à six rapports imposée. Une configuration simple, presque à contre-courant des transmissions automatiques généralisées, mais qui permet de contenir les coûts.

25 200 € : enfin un prix cohérent
C’est évidemment le cœur du sujet. À 25 200 €, cette Fiat 600 devient tout simplement l’une des propositions les plus accessibles du segment des SUV urbains récents.
On reste au-dessus d’une Dacia Duster d’entrée de gamme, mais l’écart se justifie par un positionnement plus moderne et un équipement nettement plus fourni. En revanche, face à un Renault Captur ou un Ford Puma, la 600 revient clairement dans la course.
Et c’était indispensable. Car en version électrique, la 600 flirtait avec les 36 000 €, tandis que les versions hybrides dépassaient rapidement les 30 000 €. Des niveaux de prix qui la plaçaient dans une zone inconfortable, coincée entre citadines premium et SUV familiaux compacts.
Avec cette version essence, Fiat remet de la cohérence dans sa gamme. Même si le malus écologique de 898 € vient légèrement ternir l’équation.
Une série spéciale pour marquer le coup
Pour accompagner ce lancement, Fiat mise sur une série limitée baptisée Street, produite à 2 000 exemplaires. Une manière de créer un effet d’appel tout en valorisant cette nouvelle entrée de gamme.
Visuellement, cette version joue la carte du contraste avec une livrée noir et blanc, des jantes alliage de 18 pouces et quelques touches spécifiques. À bord, l’ambiance reste sérieuse avec une sellerie noire et des détails soignés, sans tomber dans le minimalisme.
L’équipement est globalement aligné sur la finition intermédiaire Icône, ce qui évite l’écueil classique des versions d’accès trop dépouillées. Écran tactile de 10,25 pouces, instrumentation numérique, aides à la conduite modernes : la 600 reste dans son époque.
Un retour au bon sens… mais pas sans limites
Sur le fond, cette Fiat 600 essence est une bonne nouvelle. Elle corrige un déséquilibre évident dans la gamme et redonne de la compétitivité à un modèle au design séduisant mais au positionnement flou.
Mais tout n’est pas parfait. L’absence de boîte automatique sur cette version pourrait freiner certains acheteurs, tout comme une puissance limitée face à des concurrents parfois plus dynamiques.
Et surtout, dans un marché où l’hybridation devient la norme, proposer un moteur essence pur en 2026 peut sembler paradoxal. Même si, dans les faits, la demande reste bien réelle.
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