
À l’heure où les sportives thermiques deviennent des espèces surveillées, Alfa Romeo choisit une autre voie que la nostalgie molle ou le simple baroud d’honneur. Avec la Giulia Quadrifoglio Luna Rossa, la marque italienne signe une série ultra-limitée qui ne change pas la recette, mais la pousse à son point de rupture. Dix exemplaires, tous déjà attribués, pour une berline qui se revendique comme la Quadrifoglio la plus radicale jamais produite.
Une série ultra-limitée pour prolonger la carrière de la Giulia
La Giulia a récemment célébré ses dix ans et sa production a été prolongée jusqu’en 2027. Dans ce contexte, la Luna Rossa ne cherche pas à relancer la gamme, mais à en proposer une lecture extrême. Pas de restylage ni de refonte technique, mais une déclinaison pensée comme un objet de collection, destinée à marquer la fin de carrière d’un modèle devenu emblématique chez Alfa Romeo.
La Giulia Quadrifoglio Luna Rossa est issue de la Bottegafuoriserie, l’entité spéciale de Stellantis dédiée aux projets les plus exclusifs d’Alfa Romeo et Maserati. Cette structure, déjà à l’origine de modèles très confidentiels comme la 33 Stradale ou la Maserati MCXtrema, permet d’aller bien au-delà des possibilités industrielles classiques, tant sur le plan des matériaux que de la personnalisation.

Une aérodynamique profondément retravaillée
C’est sur ce point que la Luna Rossa se distingue le plus nettement d’une Quadrifoglio standard. L’ensemble du kit carrosserie est réalisé en fibre de carbone et vise à améliorer la stabilité à haute vitesse. Alfa Romeo annonce jusqu’à 140 kg d’appui supplémentaire, sans remettre en cause l’homologation routière. L’aileron arrière, massif et très visible, est directement inspiré des foils du voilier AC75 de l’équipe Luna Rossa engagée en America’s Cup. À l’avant, le travail est plus discret mais tout aussi structurant, avec un splitter spécifique, des éléments aérodynamiques autour des roues et un diffuseur optimisé.
Une identité visuelle inédite et très codifiée
La Luna Rossa adopte une teinte exclusive appliquée à la main, avec un rendu irisé évoquant le métal brut. Cette peinture s’accompagne d’une livrée bicolore et de marquages spécifiques sur les flancs. Pour la première fois, le logo Alfa Romeo arbore un fond rouge, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les jantes de 19 pouces reçoivent elles aussi un traitement spécifique, avec un dégradé du rouge vers le gris, inédit dans la gamme.

Un habitacle fidèle à l’esprit Quadrifoglio, mais enrichi
À bord, Alfa Romeo reste volontairement mesuré. Les sièges baquets Sparco sont exclusifs à cette version et reprennent un dessin inspiré des équipements de l’équipage du voilier Luna Rossa. Le tableau de bord reçoit un revêtement spécifique, réalisé à partir d’un matériau issu d’une voile, tandis qu’une plaque “1 of 10” côté passager rappelle la rareté du modèle. L’ensemble conserve l’ergonomie et l’ambiance de la Quadrifoglio, sans surcharge décorative.

Un V6 inchangé, mais une mise en scène plus radicale
Sous le capot, aucun changement de cap. Le V6 2.9 biturbo de 520 ch est reconduit tel quel, tout comme la transmission. Alfa Romeo ne cherche pas ici à battre des records de puissance, mais à optimiser l’exploitation du châssis et de l’aérodynamique. En revanche, l’échappement Akrapovic, option sur la Giulia Quadrifoglio classique, est monté de série sur la Luna Rossa, renforçant la signature sonore du modèle.
Un prix secondaire face à la dimension collector
Aucun tarif officiel n’a été communiqué, mais la question reste largement théorique. À titre de comparaison, la Giulia GTAm dépassait déjà les 150 000 euros lors de sa commercialisation. Avec seulement dix exemplaires, une fabrication très confidentielle et un lien direct avec le programme Luna Rossa, cette version est avant tout destinée à des collectionneurs avertis. Et en France, le malus de 80000 euros sera malheureusement de la partie…





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