
Il fut un temps où choisir une citadine relevait d’un arbitrage simple : essence ou diesel, boîte manuelle ou automatique. À l’horizon 2027-2028, la prochaine Toyota Yaris promet de transformer ce choix en véritable buffet énergétique. Thermique, hybride ou 100 % électrique : la cinquième génération entend ne laisser personne sur le bord de la route. Une stratégie audacieuse dans un segment où beaucoup ont préféré séparer les genres.
Une plateforme, trois énergies : pari industriel ou coup de maître ?
Chez Toyota, l’idée n’est pas nouvelle. Le constructeur applique déjà cette logique à la future Toyota Corolla : une architecture unique capable d’accueillir moteur thermique, hybride et électrique, avec un design et une expérience à bord identiques. La Yaris suivra cette voie.
Ce choix tranche avec celui de Volkswagen, qui dissocie clairement sa gamme avec d’un côté la future Volkswagen ID. Polo et de l’autre une Polo thermique modernisée, ou encore avec Renault qui oppose frontalement la Renault 5 électrique à la Renault Clio hybride.
Toyota, fidèle à son pragmatisme, refuse de choisir à la place du client. L’approche multi-énergie permet d’amortir les coûts de développement tout en conservant une cohérence de gamme. Mais elle impose un défi technique majeur : concevoir une plateforme suffisamment modulable pour intégrer des batteries volumineuses sans pénaliser les versions hybrides, déjà réputées pour leur sobriété.
L’électrique sous pression
La future Yaris électrique devra viser environ 400 km d’autonomie WLTP, sous peine d’être distancée par la Renault 5 ou l’ID. Polo. Dans un segment où chaque kilogramme compte, embarquer une batterie capable d’atteindre ce chiffre sans faire exploser les tarifs sera un exercice d’équilibriste.
Toyota n’est pas novice en électrification, mais sa réputation s’est construite sur l’hybride, pas sur le 100 % électrique. La Yaris actuelle flirte déjà avec les 3,6 l/100 km en cycle mixte, un niveau difficile à améliorer sans hybridation plus poussée ou optimisation aérodynamique drastique. La barre est haute.
Un design plus affirmé, moins “mignon”
Visuellement, la prochaine génération abandonnera les rondeurs rassurantes. Les premières esquisses annoncent des lignes plus tendues, des signatures lumineuses affûtées et une face avant plus technique. L’objectif est clair : donner davantage de prestance à cette citadine de moins de quatre mètres.
La silhouette conservera les proportions typiques du segment B ( capot court, porte-à-faux réduits ) mais avec une ceinture de caisse plongeante qui promet une meilleure visibilité et une impression d’espace accrue. Toyota veut que sa petite polyvalente paraisse plus valorisante, presque premium, sans tomber dans l’ostentation.
On peut s’attendre à une personnalisation renforcée : toits contrastés, jantes plus expressives, palettes de couleurs audacieuses. Une manière de répondre à la Renault 5, dont le capital sympathie repose largement sur son design néo-rétro.

L’ombre de Gazoo Racing
Impossible d’évoquer la Yaris sans parler de sa déclinaison sportive. La Toyota GR Yaris actuelle a redéfini les codes du segment avec sa transmission intégrale et son trois-cylindres turbo explosif. Pour la prochaine génération, plusieurs pistes circulent : un nouveau quatre-cylindres 2.0 litres en développement chez Gazoo Racing, ou un inédit 1.3 turbo à trois cylindres destiné à une version traction engagée en Rally4.
Même si la future gamme grand public restera cinq portes, Toyota pourrait exploiter son image sportive pour proposer une finition GR Sport plus dynamique, à l’image de ce que fait déjà la marque avec succès. Une stratégie payante : le label GR augmente sensiblement le panier moyen et attire une clientèle plus passionnée.
À bord : révolution numérique
L’habitacle devrait tourner la page d’une planche de bord jugée massive sur l’actuelle génération. Place à des écrans flottants, une instrumentation digitale plus intuitive et des surfaces épurées. Toyota chercherait à retrouver l’ingéniosité des premières Yaris, célèbres pour leurs rangements astucieux.
Côté châssis, les versions standards conserveraient une suspension arrière à barre de torsion pour préserver l’espace de coffre et les coûts. Rien de révolutionnaire, mais un choix cohérent pour rester compétitif face à la Clio hybride, reconnue pour son équilibre dynamique.
Une citadine à l’épreuve du réel
Le vrai test ne sera pas technologique, mais commercial. Proposer trois énergies sous une même carrosserie est séduisant sur le papier. Encore faudra-t-il que les prix restent contenus et que chaque version soit crédible face à des rivales conçues spécifiquement pour leur motorisation.
Toyota joue ici une partition subtile : rassurer les adeptes de l’hybride, séduire les pionniers de l’électrique et conserver une offre thermique là où la demande subsiste. Si l’équilibre est trouvé, la Yaris pourrait bien consolider son statut de référence européenne.
Dans le cas contraire, la dispersion énergétique pourrait diluer son message. Mais s’il y a un constructeur capable de naviguer entre tradition et transition, c’est bien Toyota. Rendez-vous en 2027… ou 2028.
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