
Dès la septième année, les véhicules légers et utilitaires légers commencent à montrer des signes sérieux de fatigue. Le bilan 2025 de l’Organisme Technique Central est sans appel : sur 4,3 millions de contre-visites majeures, près de 79 % concernent des véhicules de plus de 10 ans. Pour les CV critiques, ceux mettant directement en danger la sécurité, le chiffre grimpe à 81 %. En clair, l’entretien courant n’est plus assuré, et les risques s’accumulent sur nos routes.
Pour les conducteurs, cela se traduit par des freins qui répondent moins, des suspensions fatiguées, et des systèmes électriques sensibles qui peuvent mal réagir au quotidien. L’âge n’est plus seulement un chiffre, c’est une alerte silencieuse sur la route.
Les utilitaires légers sous pression
Les VUL, eux, sont encore plus exposés. Ces véhicules de livraison parcourent quotidiennement de longs trajets en ville, chargés et soumis à des conditions extrêmes. Pourtant, leur maintenance est souvent négligée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les VUL de moins de 4 ans ont déjà plus de 10 % de contre-visites, contre moins de 5 % pour les voitures particulières. Entre 7 et 10 ans, le taux grimpe à près de 20 %, et au-delà de 10 ans, il explose à presque 30 %, dont 1 à 2 % en critique.
À titre de comparaison, les poids lourds soumis à un contrôle annuel affichent seulement 10 % de CV. Les VUL, pourtant plus utilisés que jamais dans les centres-villes pour le « dernier kilomètre », restent contrôlés tous les deux ans, sans obligation stricte de contrôle anti-pollution complémentaire ni chronotachygraphe. Résultat : un parc à haut risque qui circule presque librement.
Une réforme européenne en vue
La Commission européenne ne l’ignore pas. Le projet de Directive sur le contrôle technique, débattu dès avril au Parlement, propose un contrôle annuel pour tous les véhicules de plus de 10 ans. La France, qui figure parmi les exceptions, pourrait enfin harmoniser ses règles avec ses voisins.
Pour les VUL, un passage du contrôle tous les deux ans à un rythme 2/1/1, plus proche de celui des poids lourds, permettrait de sauver jusqu’à 1 850 vies par an et de réduire de 15 % la circulation des véhicules les plus polluants. C’est autant de sécurité et d’air plus pur, simplement en ajustant la fréquence des inspections.
Conclusion : vieillir sur la route, un luxe dangereux
Les chiffres de 2025 sont clairs : une voiture ou un VUL de plus de 10 ans n’est plus un véhicule comme les autres. La sécurité, la fiabilité et la pollution deviennent des enjeux majeurs. La mise en place d’un contrôle technique annuel apparaît non seulement nécessaire mais urgente.
Rouler vieux, oui, mais à condition de ne pas rouler dangereux. La balle est désormais dans le camp des décideurs français.
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