
Alors que beaucoup annonçaient la fin programmée du diesel, Audi prend tout le monde à contre-pied. L’Audi Q5 accueille une nouvelle motorisation V6 TDI de 299 ch, clairement positionnée pour séduire les gros rouleurs… mais pas seulement.
Ce retour en force du six cylindres diesel n’est pas anodin. Dans un segment où les hybrides rechargeables dominent la communication, Audi fait le pari d’un diesel modernisé, électrifié, et surtout encore très performant.
299 ch et un caractère bien trempé
Sur le papier, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 580 Nm de couple, un 0 à 100 km/h en 5,0 secondes et une vitesse de pointe limitée à 250 km/h. On est loin de l’image du diesel placide. Ce Q5 joue clairement dans la cour des SUV dynamiques, au niveau de certaines versions sportives essence.
Face à lui, des modèles comme le BMW X3 ou le Mercedes-Benz GLC proposent des alternatives électrifiées, mais rarement avec ce mélange de couple massif et d’autonomie potentielle.
Et c’est justement là que le diesel conserve un avantage : sur longs trajets, il reste difficile à battre.

Une hybridation légère… mais bien exploitée
Audi ne se contente pas de remettre un gros moteur sous le capot. Ce V6 TDI s’accompagne d’une technologie MHEV plus, une hybridation légère plus évoluée que la moyenne. Elle permet d’ajouter ponctuellement de la puissance, mais aussi de rouler brièvement en électrique dans certaines situations.
Concrètement, le système apporte jusqu’à 24 ch supplémentaires et améliore la réactivité à bas régime. Une manière intelligente de gommer les défauts traditionnels du diesel, notamment son manque de vivacité à bas régime.
Mais le vrai atout se situe ailleurs : la consommation annoncée entre 5,8 et 6,5 l/100 km. Des valeurs particulièrement contenues pour un SUV de ce gabarit et de cette puissance.

Le compresseur électrique change la donne
C’est probablement l’élément technique le plus intéressant de cette version. Pour la première fois sur le Q5, Audi associe ce V6 à un compresseur électrique. Son rôle est simple : supprimer le temps de réponse du turbo.
Résultat, la montée en régime est quasi instantanée. Là où un diesel classique peut donner une sensation de latence, ce système apporte une réponse immédiate à l’accélérateur. À l’usage, cela rapproche davantage le comportement d’un moteur essence… tout en conservant le couple typique du diesel.
Une solution déjà vue sur d’autres modèles haut de gamme du groupe, mais encore rare sur ce segment.
Audi met également en avant la compatibilité avec le carburant HVO 100, issu de déchets organiques. Sur le papier, les émissions de CO₂ peuvent être réduites jusqu’à 95 % par rapport à un diesel classique.
Une avancée intéressante, même si la disponibilité de ce carburant reste encore limitée dans de nombreux pays. Une solution d’avenir, mais qui dépendra largement de son déploiement à grande échelle.

Un positionnement premium assumé
Cette nouvelle version du Q5 n’est évidemment pas donnée. Comptez à partir de 75 100 € pour le SUV et plus de 77 000 € pour le Sportback. Des tarifs qui le placent directement face aux versions hautes de ses rivaux allemands.
À ce niveau de prix, les clients auront aussi le choix d’hybrides rechargeables, voire de modèles 100 % électriques. Audi joue donc une carte différente : celle d’un diesel ultra moderne, performant et capable d’enchaîner les kilomètres sans contrainte.
Avec ce Q5 V6 TDI, Audi ne cherche pas à suivre la tendance dominante, mais à proposer une alternative crédible. Plus technologique, plus propre sur le papier et toujours aussi efficace sur longs trajets, ce diesel nouvelle génération pourrait bien trouver son public.
Reste à savoir si, dans un contexte où l’électrification s’impose progressivement, ce type de motorisation a encore le temps de s’installer durablement, surtout avec des tarifs records et dissuasifs pour le gazole !
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