
Il y avait déjà quelque chose d’un peu étrange autour de la DS 7 ces dernières années. Une voiture plutôt réussie, souvent confortable, parfois même séduisante, mais qui semblait ne jamais totalement trouver sa place. Trop chère pour certains. Pas assez statutaire pour d’autres. Et coincée, surtout, dans un segment devenu brutal depuis l’arrivée massive des SUV premium électriques allemands et chinois.
Avec cette nouvelle DS N°7, la marque française ne fait pas juste évoluer son SUV familial. Elle essaie clairement de redéfinir ce qu’elle veut devenir.
Le premier détail qui saute aux yeux, finalement, ce n’est même pas le design. C’est le nom. Ce “N°7” qui remplace le simple “DS 7” dit déjà pas mal de choses sur l’ambition de la marque. DS veut installer une sorte de logique haute couture, presque horlogère, autour de sa gamme. Un vocabulaire plus exclusif. Plus sophistiqué aussi. Certains y verront du marketing très parisien. Ce n’est pas totalement faux. Mais derrière cette mise en scène, il y a quand même un vrai repositionnement.
Parce que ce SUV devient l’un des modèles les plus importants du groupe Stellantis en Europe. Avec le lancement commercial, nous avons désormais accès à toutes les infos sur les prix et la gamme de ce DS N°7.
Une DS qui regarde davantage vers Volvo que vers Peugeot
La silhouette reste immédiatement identifiable comme une DS. Surface lisse, signatures lumineuses travaillées, gros travail sur les détails. Mais on sent aussi que la voiture cherche moins l’effet spectaculaire qu’avant. La précédente DS 7 avait parfois tendance à surjouer le raffinement. Ici, le dessin paraît plus tendu, plus mature aussi. Le Cx annoncé à 0,26 n’arrive pas par hasard.
DS parle beaucoup d’aérodynamique et, pour une fois, ce n’est pas juste un élément glissé dans un communiqué. Les feux verticaux arrière, les nouveaux DS LIGHT BLADE, les proportions très allongées… tout semble pensé pour améliorer l’efficience des versions électriques. La marque sait très bien que l’autonomie est devenue l’argument numéro un sur ce segment.
La version E-TENSE FWD LONG RANGE annonce jusqu’à 740 km WLTP. Même en retirant la marge habituelle des homologations, cela place la N°7 dans une zone où l’on retrouve plutôt les meilleures propositions de Mercedes-Benz ou BMW. Surtout, DS annonce plus de 450 km d’autonomie autoroutière. Là aussi, le message est clair : cette voiture veut devenir une vraie routière électrique avant tout.
Les batteries longue autonomie viennent désormais de la Gigafactory ACC de Billy-Berclau. Les moteurs électriques sont produits à Trémery. DS insiste énormément sur cette production française. Ce n’est évidemment pas innocent au moment où l’industrie automobile européenne tente de reconstruire une filière électrique crédible face à la Chine.

Le vrai sujet, c’est peut-être le confort
Chez DS, on continue de parler “d’Art du voyage”. La formule est parfois un peu facile. Pourtant, en regardant la fiche technique de la N°7, on comprend que la priorité n’a pas été la sportivité.
Les portes arrière plus longues, les surfaces vitrées agrandies de 30 %, le toit panoramique élargi… tout tourne autour de l’espace et de la sensation d’aération. Même le coffre de 560 litres semble pensé de manière très pragmatique, ce qui n’a pas toujours été le point fort de DS jusqu’ici.
Écran central de 16 pouces, affichage tête haute géant, conduite semi-autonome de niveau 2, vision nocturne capable de détecter des animaux à 300 mètres, projecteurs adaptatifs ultra sophistiqués… DS empile littéralement les équipements premium. Certaines technologies restent rares dans cette catégorie. Le système Night Vision, notamment, demeure quasiment absent chez les concurrents généralistes.
Est-ce que cette accumulation suffit à justifier des tarifs qui montent désormais jusqu’à 77 520 € ?
Parce qu’à ce niveau, la N°7 commence à venir marcher directement sur les terres du BMW iX, du Audi Q6 e-tron ou encore du Volvo EX90. Des modèles qui disposent encore d’une image plus solide sur le premium technologique. DS joue donc une partie assez risquée…

Une gamme immense… et un hybride qui reste là presque par nécessité
Ce qui surprend aussi, c’est l’ampleur de la gamme dès le lancement. Trois versions électriques, une hybride 145 ch, plusieurs niveaux de batterie, quatre finitions… DS couvre quasiment tous les usages possibles.
L’hybride 145 ch paraît presque secondaire dans l’histoire. Pourtant, il sera probablement central pour les volumes de vente. Avec des émissions annoncées entre 120 et 126 g/km et une consommation à partir de 5,3 l/100 km, cette motorisation joue encore la carte de la transition douce. Un peu comme ce que font aujourd’hui Lexus ou Toyota depuis des années.
Mais il y a aussi une réalité plus économique derrière ça : tout le monde n’est pas prêt à mettre 70 000 € dans un SUV électrique français, même très ambitieux.
Les prix de la DS N°7 en France
DS N°7 HYBRIDE
- DS N°7 HYBRIDE : à partir de 43 900 €
- DS N°7 HYBRIDE PALLAS : à partir de 47 900 €
- DS N°7 HYBRIDE ÉTOILE : à partir de 52 680 €
- DS N°7 HYBRIDE LA PREMIÈRE : à partir de 58 800 €
DS N°7 E-TENSE FWD
- DS N°7 E-TENSE FWD : à partir de 46 990 €
- DS N°7 E-TENSE FWD PALLAS : à partir de 58 420 €
- DS N°7 E-TENSE FWD ÉTOILE : à partir de 64 200 €
- DS N°7 E-TENSE FWD LA PREMIÈRE : à partir de 70 200 €
DS N°7 E-TENSE FWD LONG RANGE
- DS N°7 E-TENSE FWD LONG RANGE : à partir de 50 610 €
- DS N°7 E-TENSE FWD LONG RANGE PALLAS : à partir de 62 040 €
- DS N°7 E-TENSE FWD LONG RANGE ÉTOILE : à partir de 67 820 €
- DS N°7 E-TENSE FWD LONG RANGE LA PREMIÈRE : à partir de 73 820 €
DS N°7 E-TENSE AWD LONG RANGE
- DS N°7 E-TENSE AWD LONG RANGE ÉTOILE : à partir de 71 520 €
- DS N°7 E-TENSE AWD LONG RANGE LA PREMIÈRE : à partir de 77 520 €
DS promet aussi une garantie jusqu’à 8 ans ou 160 000 km avec le programme DS Sérénité. Là encore, ce n’est pas anodin. La marque sait que convaincre sur le premium passe désormais autant par la tranquillité d’usage que par le cuir Nappa ou les signatures lumineuses.
Au fond, cette N°7 ressemble moins à une simple remplaçante de la DS 7 qu’à une tentative assez frontale de crédibiliser définitivement DS face aux références allemandes. Pas avec la même recette. Pas avec le même discours non plus.
Et c’est probablement là que cette voiture devient intéressante. Même si le marché, lui, risque d’être beaucoup moins romantique.






