
Pendant longtemps, les modèles les plus ambitieux de Skoda avaient quelque chose de paradoxal. Plus spacieux que nombre de rivales, souvent plus rationnels aussi, mais rarement perçus comme des véhicules capables de faire rêver. Avec le nouveau Peaq, la marque tchèque semble vouloir déplacer le curseur.
Ce grand SUV électrique à sept places devient tout simplement le modèle le plus imposant, le plus technologique et le plus cher jamais lancé par Skoda. Une étape importante pour un constructeur qui, depuis son intégration dans le groupe Volkswagen, a progressivement quitté son statut de marque généraliste à bas coût pour se rapprocher discrètement de territoires occupés autrefois par Volkswagen elle-même.
Une silhouette qui cherche à sortir du registre familial classique
Le Peaq n’arrive pas vraiment par surprise. Son histoire commence en 2022 avec le concept Vision 7S, un prototype particulièrement audacieux qui annonçait la nouvelle identité stylistique « Modern Solid ».
Quatre ans plus tard, la version de série reste étonnamment fidèle à cette étude. On retrouve cette face avant très verticale avec sa signature lumineuse en forme de T et sa calandre fermée qui dissimule les différents capteurs d’aide à la conduite. Une solution déjà aperçue sur les Enyaq et Elroq, mais qui prend ici une dimension plus imposante.
Ce qui frappe surtout, c’est le travail réalisé sur les proportions.

Avec près de 4,90 mètres de long, le Peaq entre dans la catégorie des grands SUV familiaux électriques, mais évite l’effet « boîte à chaussures » que l’on retrouve parfois sur ce type de véhicule. La ligne de toit descend légèrement vers l’arrière, les poignées deviennent affleurantes pour la première fois chez Skoda et l’ensemble paraît plus fluide que le Kodiaq dont il reprend pourtant une partie de la philosophie familiale.
Par moments, certains détails rappellent les productions américaines récentes comme le Lucid Gravity ou même le Rivian R1S. Une comparaison qui aurait semblé totalement improbable pour une Skoda il y a encore quelques années.

Un intérieur qui change de ton
C’est probablement à bord que le Peaq marque la rupture la plus nette avec le reste de la gamme.
L’ambiance n’évoque plus seulement un véhicule pratique. Skoda parle désormais d’un « salon roulant », une formule marketing certes attendue, mais qui trouve ici quelques arguments concrets.
L’écran central adopte un format vertical inédit de 13,6 pouces. Il fonctionne sous Android et permet d’intégrer directement des applications comme YouTube, Spotify ou Google Maps. Derrière le volant, l’instrumentation numérique atteint 10 pouces tandis qu’un affichage tête haute à réalité augmentée arrivera dans un second temps.
Le toit panoramique de 2,10 mètres mérite également un détour. Électrochrome, il peut modifier son opacité sans nécessiter de store physique.
Plus intéressant encore : Skoda réintroduit de véritables commandes physiques pour la climatisation.
À l’heure où certains constructeurs déplacent tout dans des menus tactiles parfois agaçants, ce retour à des commandes simples ressemble presque à un luxe.

Le confort devient un argument commercial
Le constructeur pousse également plus loin son positionnement premium avec un pack Relax qui inclut des sièges massants inclinables, des repose-pieds escamotables et des appuie-têtes particulièrement moelleux.
L’inspiration vient clairement du segment des grandes berlines de prestige.
On trouve aussi une installation audio Sonos, plusieurs programmes de relaxation intégrés au système multimédia et même une petite table pliable destinée aux passagers.
Certaines astuces typiquement Skoda subsistent heureusement.
Support de ticket de parking, ports USB supplémentaires, nettoyeur d’écran intégré ou encore balais d’essuie-glace avec lave-glace incorporé : la marque continue de cultiver sa philosophie « Simply Clever » qui a largement contribué à son succès.

Une habitabilité parmi les meilleures du marché
Là-dessus, Skoda reste fidèle à sa réputation.
Grâce à un empattement proche de trois mètres, le Peaq devient le véhicule le plus spacieux jamais produit par la marque.
Les passagers du deuxième rang bénéficient d’un espace particulièrement généreux. Même la troisième rangée semble plus accueillante que sur de nombreux SUV électriques concurrents, même si elle reste davantage adaptée aux adolescents qu’à de grands adultes sur de longues distances.
Le coffre affiche également des chiffres impressionnants :
- 299 litres avec les sept places utilisées
- 890 litres en configuration cinq places
- jusqu’à 2 075 litres une fois les sièges arrière rabattus
À cela s’ajoute un coffre avant de 37 litres destiné notamment au rangement des câbles de recharge.

Jusqu’à 628 kilomètres d’autonomie annoncés
Sous sa carrosserie, le Peaq repose sur la plateforme MEB du groupe Volkswagen, déjà utilisée par les Enyaq, Volkswagen ID. Buzz, Audi Q4 e-tron ou encore Ford Capri.
La version Peaq 90 reçoit une batterie de 86 kWh.
Skoda annonce jusqu’à 628 kilomètres d’autonomie selon le cycle WLTP, soit un niveau qui place le SUV parmi les références du segment.
Le moteur arrière développe 282 ch et permet un 0 à 100 km/h réalisé en sept secondes.
Une variante Peaq 90x ajoute un second moteur sur l’essieu avant pour offrir une transmission intégrale et une puissance cumulée de 295 ch.
L’architecture reste en 400 volts, contrairement aux Hyundai Ioniq 9 ou Kia EV9 qui exploitent une technologie 800 volts plus moderne. Malgré cela, la puissance de recharge atteint 199 kW, permettant théoriquement un passage de 10 à 80 % en moins de trente minutes.

Un tarif qui change la perception de Skoda
C’est sans doute ici que le Peaq provoquera le plus de débats.
Le prix d’entrée annoncé en France est de 56460 euros pour le Peaq 90 Propulsion 86 kWh 286 ch Clever. En haut de gamme, le Peaq 90X Transmission intégrale 86 kWh 299 ch Sportline s’affiche à 62610 euros.
Face à lui, le Peugeot E-5008 conserve un avantage financier évident. Le nouveau venu devra également composer avec le Kia EV9, le Hyundai Ioniq 9 ou encore les futurs grands SUV électriques de Volkswagen. Pourtant, le constructeur semble assumer pleinement cette montée en gamme.
Pendant des années, Skoda s’est construite autour du rapport prix-prestations. Avec le Peaq, la marque tente autre chose : convaincre que son savoir-faire en matière d’espace, de praticité et de technologie mérite désormais d’être valorisé à un niveau supérieur.
Reste à voir si les clients suivront cette évolution. Car vendre un SUV électrique familial est une chose. Convaincre qu’une Skoda peut devenir un achat émotionnel en est une autre.








