
XPeng avance sans bruit, mais avec méthode. Après une arrivée presque discrète au Royaume-Uni en 2025 via le SUV G6, le constructeur chinois prépare un coup bien plus visible avec la P7+. Une grande berline fastback électrique, ambitieuse, technologique et clairement pensée pour venir chatouiller des références établies comme la Tesla Model 3, la BYD Seal ou encore la Volkswagen ID.7. Derrière son nom un peu confus se cache en réalité une stratégie bien plus lisible qu’il n’y paraît.
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P7+, Next P7 : XPeng clarifie enfin son jeu
Oui, XPeng complique volontairement la lecture de sa gamme. La P7+ n’est pas la P7 présentée récemment à Munich, cette dernière étant réservée au marché chinois. Pour l’Europe, ce sera donc la P7+, évolution directe d’un modèle déjà connu, mais profondément retravaillé. Là où la Next P7 vise une clientèle plus jeune et démonstrative, la P7+ revendique un positionnement plus mature, orienté famille et usage professionnel.
Ce choix n’est pas anodin. XPeng semble avoir compris que le marché européen attend aujourd’hui des voitures électriques capables de remplacer une berline thermique sur tous les usages, pas seulement d’afficher de bonnes accélérations au feu rouge.

Des dimensions qui changent la hiérarchie
Avec plus de cinq mètres de long et un empattement de trois mètres, la XPeng P7+ joue clairement dans la cour des grandes routières. Elle dépasse la Tesla Model 3 et la BYD Seal, et se rapproche dangereusement du territoire de la Volkswagen ID.7, voire de sa déclinaison break. Son coffre de 573 litres, extensible à près de 1 900 litres banquette rabattue, n’est pas un détail. XPeng veut séduire ceux qui trouvent les berlines électriques actuelles trop limitées pour un usage familial.
Cette générosité intérieure traduit une tendance lourde chez les constructeurs chinois : offrir plus d’espace que les marques européennes, souvent contraintes par des plateformes plus anciennes ou des compromis de design.

Un intérieur pensé comme un salon roulant
À bord, la P7+ ne cherche pas à réinventer l’ergonomie, mais à en faire beaucoup. Grand écran central, instrumentation numérique, affichage tête haute, console massive avec recharge sans fil, éclairage d’ambiance omniprésent et matériaux flatteurs. XPeng ajoute à cela une couche logicielle très poussée, avec des modes de relaxation, de repos et un assistant intelligent omniprésent.
Mais c’est surtout à l’arrière que la P7+ impressionne. Espace aux jambes digne d’un segment supérieur, écran dédié pour les passagers, sièges inclinables, chauffants, ventilés et massants. Sur ce point, la Tesla Model 3 paraît soudain beaucoup plus minimaliste, voire spartiate.

Recharge ultra-rapide et fiche technique solide
Techniquement, la P7+ repose sur une architecture 800 volts, devenue un passage obligé pour rivaliser avec les meilleurs. Deux batteries sont prévues, avec une promesse de recharge extrêmement rapide, à condition de trouver des bornes très puissantes. Dans le meilleur des cas, XPeng annonce une recharge de 10 à 80 % en une douzaine de minutes, ce qui place la P7+ parmi les références du moment.
Côté autonomie, les chiffres restent prudents mais cohérents avec le gabarit. La version propulsion promet environ 550 kilomètres en cycle WLTP, tandis que la déclinaison à transmission intégrale, plus puissante, sacrifie un peu d’endurance au profit de performances musclées.
Une technologie omniprésente, parfois trop ?
XPeng mise énormément sur l’intelligence embarquée. Son nouveau cerveau Turing AI, les aides à la conduite évoluées et une conduite autonome annoncée à un niveau intermédiaire montrent clairement l’ADN technophile de la marque. Reste à savoir comment ces systèmes seront perçus et homologués en Europe, où la réglementation et la prudence des clients sont souvent plus strictes qu’en Chine.
XPeng, un outsider de plus en plus crédible
Sans prix officiel ni date précise, la P7+ avance encore masquée sur le plan commercial. Mais une chose est sûre : XPeng ne vient plus en Europe pour faire de la figuration. Avec cette grande berline électrique, la marque envoie un message clair aux constructeurs historiques. L’offensive chinoise ne se limite plus aux SUV compacts ou aux modèles d’entrée de gamme. Elle s’attaque désormais au cœur du marché, là où l’exigence est maximale.



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