Dacia prépare 4 voitures électriques… et la Sandero va surprendre

Dacia Evader : une future électrique à bas prix
Dacia Evader : une future électrique à bas prix – illustration : Actu-Automobile.com

Chez Dacia, l’électrique a longtemps ressemblé à une expérience prudente. La petite citadine low-cost lancée en 2021 a ouvert la voie, mais le constructeur roumain appartenant à Renault Group savait bien que l’avenir du marché européen passera par une électrification beaucoup plus large. La marque vient désormais d’annoncer un plan clair : quatre modèles 100 % électriques d’ici la fin de la décennie.

Pour un constructeur dont l’ADN repose sur la simplicité et les prix serrés, le défi est immense. L’électrique reste cher à produire et les marges sont faibles sur les petites voitures. Pourtant, la stratégie de Dacia est limpide : rendre la voiture électrique aussi accessible que ses modèles thermiques historiques. Et au centre de cette offensive, un modèle phare va changer de dimension.

La Sandero va devenir électrique

La vraie surprise concerne la prochaine génération de la Dacia Sandero. Depuis plusieurs années, cette citadine domine les ventes aux particuliers en Europe. En 2024 et 2025, elle s’est régulièrement classée parmi les voitures les plus immatriculées sur le continent, devant des modèles pourtant bien plus établis.

La future génération prévue vers 2027 franchira un cap décisif : elle proposera une version 100 % électrique. D’ici là, la Sandero adoptera d’abord l’hybridation légère, une première dans sa carrière.

La question technique reste ouverte. Aujourd’hui, les modèles thermiques de Dacia reposent sur la plateforme CMF-B, partagée avec de nombreuses voitures de Renault. Mais pour une Sandero électrique, deux scénarios existent. Soit électrifier cette base existante, soit utiliser l’architecture AmpR Small qui sert déjà à la nouvelle Renault 5 E‑Tech Electric.

Les deux structures partagent environ 70 % de composants, mais le choix final influencera fortement les proportions et les coûts du futur modèle. Pour Dacia, l’équation est simple : rester la voiture électrique la moins chère possible dans le segment.

Un petit SUV électrique dès 2026

Le premier nouveau modèle électrique arrivera toutefois plus tôt. Il s’agira d’un petit SUV urbain dérivé de la future Renault Twingo E‑Tech Electric. Long de moins de quatre mètres, ce véhicule vise clairement le marché des citadines accessibles.

Son prix devrait débuter autour de 18 000 euros. Un positionnement qui ferait de lui l’une des voitures électriques les moins chères d’Europe.

Côté technique, la logique sera celle de la sobriété : une batterie d’environ 27 kWh et une autonomie proche de 240 kilomètres. Rien d’extravagant, mais largement suffisant pour les trajets urbains et périurbains. Dacia assume ce choix : proposer l’essentiel plutôt que de courir derrière les records d’autonomie.

Ce modèle viendra progressivement remplacer la Dacia Spring, aujourd’hui assemblée en Chine. Un point devenu sensible depuis l’arrivée de droits de douane européens visant certains véhicules électriques importés.

Le retour possible de la mini-voiture urbaine

Parmi les projets étudiés figure aussi une voiture minuscule inspirée du concept Dacia Hipster Concept. Une proposition radicale : une voiture de seulement trois mètres de long capable d’accueillir quatre passagers grâce à une silhouette haute et carrée.

L’idée correspond à un projet de réglementation européenne baptisé M1E, destiné à encourager les voitures électriques ultra-abordables en ville. Ces modèles pourraient bénéficier d’avantages réglementaires pour aider les constructeurs à atteindre leurs objectifs d’émissions.

Le problème reste l’équilibre économique. Avec seulement 100 kilomètres d’autonomie envisagés, ce type de véhicule serait extrêmement spécialisé. Sa production ne semble donc pas envisagée avant la fin de la décennie.

Dacia Hipster
Dacia Hipster

Un modèle plus grand pour compléter la gamme

Le quatrième véhicule électrique de Dacia devrait viser un segment supérieur. La marque s’aventure déjà dans le segment C avec le SUV Dacia Bigster et prépare également le break-crossover Dacia Striker.

L’objectif affiché est clair : proposer une version électrique dans chaque catégorie de la gamme. Mais ici, la difficulté sera bien plus technique. Les voitures plus grandes nécessitent des batteries plus volumineuses et donc plus coûteuses. L’équation est donc plus complexe, mais Dacia commence à vendre des véhicules à plus de 30000 euros ( le Dacia Bisgter en haut de gamme et 4X4 ), la porte est donc ouverte.

Dacia veut rester la marque la moins chère

En réalité, toute la stratégie électrique de Dacia repose sur un principe simple : ne pas tomber dans la course technologique qui domine aujourd’hui le marché.

Pendant que certains constructeurs multiplient les batteries de 80 ou 100 kWh, la marque préfère viser la simplicité et la rationalité. Des batteries modestes, des plateformes déjà amorties et un équipement limité à l’essentiel.

C’est précisément cette philosophie qui a permis à la Sandero de devenir un phénomène commercial. Si Dacia parvient à reproduire la même recette dans l’univers électrique, la marque pourrait bien bouleverser un marché encore largement dominé par des modèles coûteux.

Car pour beaucoup d’automobilistes européens, la voiture électrique reste encore hors de portée. Et c’est exactement là que Dacia pense pouvoir faire la différence. Avec la Spring, Dacia a commencé timidement, mais l’offensive électrique prévue pourrait bien changer la donne.

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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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