
À Maranello, il aura pourtant fallu attendre près d’un an après la présentation du coupé Amalfi ( remplaçant officieux de la Roma ) pour voir apparaître cette version ouverte. Mais l’attente est récompensée : la recette reste la même, une GT élégante, presque classique dans sa philosophie, mais capable d’offrir des performances qui rappellent qu’il s’agit toujours d’une Ferrari.
Le pari esthétique n’était pas gagné d’avance. Transformer un coupé aussi équilibré en cabriolet peut vite tourner au casse-tête. Beaucoup de voitures perdent alors leurs proportions, voire leur charme. Ici, les designers ont pris soin de conserver la silhouette étirée et le long capot sculpté qui font l’identité du modèle. L’arrière, légèrement redessiné, apparaît même plus tendu que celui de la Roma Spider qu’elle remplace. Moins de rondeurs, davantage de muscles. Et un aileron actif capable d’ajouter jusqu’à 110 kg d’appui lorsque la vitesse grimpe.
Résultat : l’Amalfi Spider ne ressemble pas à un coupé auquel on aurait simplement retiré le toit. Elle garde cette élégance presque intemporelle qui évoque les grandes Ferrari de tourisme plutôt que les supercars agressives.
Le V8 Ferrari dans toute sa splendeur
Sous le capot interminable, Ferrari reste fidèle à l’un de ses moteurs fétiches : le V8 biturbo de 3,9 litres. Sur l’Amalfi Spider, il développe 640 ch et 760 Nm de couple, soit un léger gain par rapport à la Roma Spider ( qui était à 620 ch ). Ferrari explique avoir retravaillé la réponse à l’accélérateur et la disponibilité du couple afin d’offrir une poussée plus progressive et plus continue.
La puissance est envoyée aux roues arrière via la boîte double embrayage à huit rapports, associée à un différentiel électronique. L’ensemble permet au cabriolet d’abattre le 0 à 100 km/h en 3,3 secondes et de frôler les 320 km/h. Largement suffisant pour prendre du plaisir dans un tel engin !
Certes, certains rivaux font encore plus fort sur la fiche technique. L’Aston Martin Vantage Roadster dépasse légèrement les 650 ch et la Porsche 911 Turbo S Cabriolet flirte avec les 700 ch. Mais Ferrari n’a jamais cherché à gagner la guerre des chiffres avec ce type de modèle. L’Amalfi Spider est avant tout une GT sportive, pensée pour être rapide… mais aussi agréable sur de longues distances.

Une capote rapide et une vraie GT de voyage
Comme souvent chez Ferrari, le toit reste en toile plutôt qu’en métal. Une solution plus légère et surtout plus élégante. Le mécanisme en Z replie la capote en seulement 13,5 secondes et peut fonctionner jusqu’à environ 60 km/h. Une fois rangé, le toit ne mesure que 220 mm d’épaisseur, ce qui permet de préserver un coffre relativement généreux pour la catégorie.
Ferrari annonce 255 litres de volume lorsque le toit est fermé, et 172 litres une fois décapoté. De quoi envisager un week-end improvisé sur la côte italienne sans devoir voyager léger. Les deux petites places arrière, comme souvent chez Ferrari, sont davantage symboliques… mais elles peuvent toujours servir à poser quelques bagages.
Pour rendre la conduite décapotée plus agréable, un déflecteur de vent électrique peut être déployé derrière les sièges. Il limite les turbulences dans l’habitacle et peut être activé en roulant.

Ferrari corrige le tir à l’intérieur
L’habitacle marque une évolution intéressante par rapport à la Roma. Ferrari a visiblement entendu les critiques concernant les commandes tactiles du volant. Sur l’Amalfi Spider, retour aux boutons physiques, beaucoup plus intuitifs. Et surtout au fameux bouton rouge de démarrage, devenu presque un rituel chez les propriétaires de Ferrari.
Le conducteur fait face à un écran d’instrumentation de 15,6 pouces, tandis que la console centrale accueille un écran tactile de 10,25 pouces. Un troisième écran, destiné au passager, peut afficher les forces G ou le régime moteur. Gadget pour certains, élément de spectacle pour d’autres.
Le sélecteur de modes de conduite Manettino est évidemment de la partie. Il permet de passer du mode Wet au mode Race en quelques secondes, transformant la voiture de GT confortable en sportive nettement plus affûtée.

Une Ferrari d’entrée de gamme… à plus de 240 000 €
En France, l’Amalfi Spider sera facturée 266.000 euros, et sera soumise au malus écologique de 80.000 euros. Un tarif élevé, mais qui reste relativement raisonnable à l’échelle de la gamme Ferrari. Elle occupe en réalité la place stratégique de GT d’accès à la marque, un rôle autrefois tenu par la California puis la Roma.
Ce type de modèle attire souvent de nouveaux clients, séduits par l’idée d’une Ferrari utilisable au quotidien, moins extrême qu’une supercar pure et dure. Aux États-Unis ou au Moyen-Orient, les cabriolets Ferrari figurent d’ailleurs parmi les modèles les plus demandés.
Avec l’Amalfi Spider, Maranello ne cherche pas à révolutionner la recette. Mais la marque affine encore ce mélange très particulier d’élégance, de performances et de plaisir à ciel ouvert. Et parfois, il faut bien l’admettre, c’est exactement ce qu’on attend d’une Ferrari.



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