
Il y a quelque chose d’assez révélateur dans cette nouvelle génération d’Audi Q7. Alors que la plupart des grands SUV premium multiplient les motorisations hybrides rechargeables et les variantes 100 % électriques, Audi lance son nouveau porte-drapeau familial avec un unique moteur diesel V6.
Un choix qui peut sembler à contre-courant. Pourtant, il raconte beaucoup de choses sur l’évolution du marché.
Plus grand, plus technologique, mais toujours fidèle à sa formule
Vingt-et-un ans après l’apparition du premier Q7, Audi n’a visiblement aucune intention de bouleverser la recette qui a permis au modèle de s’imposer face aux références du segment. Cette troisième génération conserve d’ailleurs des dimensions impressionnantes avec plus de cinq mètres de long et près de trois mètres d’empattement.
La silhouette évolue sans révolution. La calandre Singleframe gagne encore en présence, les passages de roues rappellent davantage l’héritage quattro et la ligne de toit devient plus horizontale. Un détail qui n’est pas uniquement esthétique puisqu’il permet également de dégager davantage d’espace pour les occupants des deuxième et troisième rangées.
Dans un segment où figurent déjà des modèles comme le BMW X5, le Mercedes-Benz GLE ou encore le Volvo XC90, l’habitabilité reste un argument majeur. Audi semble l’avoir parfaitement compris.

Une configuration six places qui change la philosophie du Q7
Le véritable changement se trouve peut-être dans l’aménagement intérieur.
Jusqu’ici, le Q7 était surtout connu pour sa version cinq places ou sa configuration familiale à sept sièges. Désormais, Audi introduit une version six places avec deux sièges individuels sur la deuxième rangée.
L’idée n’est pas nouvelle dans l’univers du luxe. Certains SUV américains ou asiatiques l’utilisent depuis longtemps. Mais dans l’univers premium européen, cette configuration rapproche davantage le Q7 d’un véhicule destiné aux longs voyages qu’à un simple transport familial.
Le coffre reste à la hauteur de son statut avec jusqu’à 670 litres en configuration cinq places et plus de 2 000 litres une fois les sièges rabattus.
De quoi faire oublier certaines limites observées sur des SUV électriques dont les batteries viennent souvent rogner le volume utile.

Un toit panoramique qui fait presque office de signature
Audi semble avoir accordé une attention particulière à un équipement devenu incontournable sur les véhicules haut de gamme : le toit panoramique. Et celui du Q7 ne se contente pas d’être immense.
Grâce à une technologie de verre segmenté, il peut passer de transparent à opaque sur plusieurs zones indépendantes. Mieux encore, il intègre un éclairage composé de 78 LED dont la teinte s’adapte à l’ambiance lumineuse choisie à bord.
Une approche qui rappelle les innovations aperçues récemment sur certains modèles de Mercedes-Benz ou de NIO, mais avec une intégration particulièrement poussée.

L’éclairage devient un véritable outil de sécurité
Depuis plusieurs années, Audi fait de l’éclairage un axe de différenciation technologique, cette nouvelle génération pousse le concept beaucoup plus loin.
Les projecteurs Digital Matrix LED utilisent une technologie micro-LED capable de projeter des informations directement sur la chaussée. Le système peut notamment afficher des alertes de franchissement de ligne, signaler un risque de verglas ou encore mettre en évidence des piétons présents sur le bord de la route.
Mais la nouveauté la plus surprenante reste toutefois les clignotants projetés au sol, comme sur la photo ci-dessous.
Lorsqu’un changement de direction est engagé de nuit, une animation lumineuse apparaît directement sur la chaussée afin d’avertir les cyclistes ou les piétons à proximité. Une première mondiale selon Audi.
Sur le papier, l’idée paraît presque anecdotique. Dans les centres urbains où les interactions entre voitures, vélos et trottinettes se multiplient, elle pourrait pourtant avoir un réel intérêt.

Le diesel refuse de disparaître
C’est probablement l’aspect le plus inattendu de ce lancement.
Sous le capot prend place un V6 diesel de 3 litres développant 299 ch et 630 Nm de couple. Une mécanique associée à une technologie hybride légère MHEV Plus et à un compresseur électrique.
Ce dernier tourne jusqu’à 90 000 tr/min et réduit fortement le temps de réponse à l’accélération.
Audi annonce également la possibilité d’utiliser du carburant HVO, un diesel synthétique issu notamment d’huiles recyclées, permettant de réduire significativement les émissions de CO₂ par rapport au gazole conventionnel.
Alors que plusieurs constructeurs premium abandonnent progressivement les gros moteurs diesel, Audi continue donc de défendre cette technologie sur les longs trajets. Un positionnement qui conserve une certaine logique pour un véhicule appelé à parcourir de grandes distances avec plusieurs passagers et leurs bagages.
Les amateurs d’électrification plus poussée devront patienter jusqu’en 2027 avec l’arrivée annoncée de deux versions hybrides rechargeables développant respectivement 395 et 490 ch.

Une montée en gamme qui se ressent aussi dans le prix
Produite à Bratislava comme les générations précédentes, cette nouvelle Audi Q7 arrivera dans les concessions françaises à l’automne 2026. Le tarif débute à 99 150 euros en finition S line.
Une somme conséquente, certes, mais qui reste finalement cohérente face aux évolutions du segment. Les grands SUV premium flirtent désormais régulièrement avec la barre des 100 000 euros, même avant d’avoir coché la moindre option.
Audi semble avoir choisi une voie assez particulière avec ce nouveau Q7. Plus technologique que jamais, toujours très familial, mais encore solidement ancré dans une vision classique du grand SUV de voyage. Une proposition qui pourrait séduire ceux qui ne sont pas encore prêts à abandonner totalement les longues étapes avalées au rythme d’un six-cylindres diesel.










