
Volkswagen aime les slogans simples et les promesses fortes. Depuis 2023 et la présentation du concept car ID.2 all, la future ID. Polo est présentée comme la voiture électrique qui doit enfin faire basculer l’Europe dans une mobilité plus accessible, avec ce chiffre martelé à l’envi : 25 000 euros. Une somme psychologique, presque politique, censée replacer la marque dans le camp des voitures « pour tous ». Sauf qu’à l’approche de la présentation officielle, la réalité industrielle rattrape le discours. Et elle est nettement moins consensuelle.
Car au lancement, il faudra revoir ses attentes à la hausse. La version réellement abordable de la Polo électrique n’arrivera pas tout de suite. Les premiers clients devront composer avec des déclinaisons plus puissantes, mieux dotées… et surtout beaucoup plus chères, selon nos confrères de Handelsblatt.
Un lancement par le haut, stratégie désormais classique
Volkswagen n’invente rien. Comme beaucoup de constructeurs, la marque choisit de débuter la carrière de son nouveau modèle par les versions les plus rentables. Problème : dans le cas de l’ID. Polo, cette stratégie entre frontalement en contradiction avec le discours tenu depuis deux ans sur l’accessibilité tarifaire.
En pratique, la petite batterie LFP promise pour les versions d’entrée de gamme ne sera pas disponible au lancement. Résultat, seule la batterie NMC de 52 kWh sera proposée dans un premier temps, associée à un moteur de 211 ch. Une fiche technique flatteuse sur le papier, mais clairement surdimensionnée pour une citadine à vocation populaire.
Cette configuration place d’emblée l’ID. Polo dans une tranche de prix qui devrait flirter avec les 33 000 euros, voire davantage selon les équipements. Un positionnement qui la rapproche plus d’une Peugeot e-208 bien équipée que d’une vraie électrique d’accès.

La vraie ID. Polo, celle que tout le monde attend
C’est paradoxalement la version retardée qui semble la plus intéressante. Celle équipée de la batterie LFP de 37 kWh, associée à des moteurs plus modestes de 115 ou 136 ch. Sur le papier, cette configuration colle beaucoup mieux à l’esprit Polo : compacte, rationnelle, suffisante au quotidien.
L’autonomie sera évidemment plus limitée, mais Volkswagen promet une puissance de charge allant jusqu’à 90 kW. Un chiffre supérieur à celui de la Renault 5 Five d’entrée de gamme, privée de recharge rapide. Dans les faits, cela signifie des pauses plus courtes et une utilisation plus sereine malgré une batterie plus petite.
C’est sans doute cette version-là qui donnera tout son sens au projet ID. Polo. Encore faut-il accepter d’attendre. Et c’est précisément là que le bât blesse.
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Une promesse différée, au risque de l’usure
En communiquant très tôt sur un prix plancher à 25 000 euros, Volkswagen a créé une attente forte. Trop forte, peut-être. Car lorsque cette promesse n’est pas tenue dès le lancement, le sentiment de décalage s’installe. Même si, rationnellement, la majorité des premiers acheteurs se tournent vers les versions haut de gamme.
Pendant ce temps, la concurrence avance. Renault consolide sa gamme électrique, Citroën joue la carte du prix avec ë-C3, et même le groupe Volkswagen, via Cupra, prépare une Raval qui suivra exactement la même trajectoire tarifaire que l’ID. Polo.
Volkswagen n’a pas encore perdu la partie. Mais avec cette ID. Polo lancée par le haut, la marque prend le risque de brouiller son message. L’électrique populaire arrive bien… simplement plus tard que prévu. De quoi laisser encore de la marge à la Renault 5, qui devrait continuer d’engranger les bons de commande ! En 2025, elle est devenue la voiture électrique la plus vendue en France.
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