
Il y a des chiffres qui claquent comme un départ arrêté. 639 chevaux. 825 Nm. 0 à 100 km/h en 3,6 secondes. La nouvelle Audi RS 5 ne se contente pas d’ajouter un moteur électrique à sa fiche technique, elle redéfinit ce que signifie porter le badge RS en 2026. Pour la première fois, une RS de grande série devient hybride rechargeable. Et pas pour cocher une case CO₂.
Sous le capot, on retrouve le V6 2,9 litres biturbo bien connu, ici poussé à 510 ch, associé à un moteur électrique de 177 ch intégré à la boîte tiptronic à huit rapports. L’ensemble délivre 470 kW cumulés. Sur le papier, elle surclasse l’ancienne RS5 thermique et vient chatouiller des références comme la BMW M3 Competition ou la Mercedes-AMG C63 S E Performance, cette dernière ayant déjà franchi le pas de l’hybridation. Audi répond, mais à sa manière : plus de cylindres que l’AMG quatre cylindres, plus de puissance que la M3, et une promesse d’usage quotidien en mode électrique.
Avec une batterie de 25,9 kWh bruts (22 kWh nets), la RS5 peut assurer les trajets urbains sans réveiller le V6. Une recharge complète en 2h30 sur borne AC 11 kW suffit à refaire le plein d’électrons. Sur le principe, c’est presque raisonnable. Jusqu’à ce que le bouton boost libère dix secondes d’orage mécanique.
Une transmission qui change la donne
La vraie nouveauté n’est peut-être pas sous le capot, mais dans la transmission. Audi introduit ici une nouvelle génération de quattro avec Dynamic Torque Control et, surtout, une vectorisation de couple électromécanique à l’arrière. Une première mondiale sur un modèle de série.
Concrètement, un actionneur électrique ajuste la répartition du couple entre les roues arrière en 15 millisecondes, avec des écarts pouvant atteindre 2 000 Nm. Le calculateur central recalcule la stratégie toutes les 5 millisecondes. Sur route, cela se traduit par une agilité accrue à l’inscription et une motricité maximale en sortie de virage. En mode RS Torque Rear, la RS5 privilégie clairement l’arrière et autorise des dérives contrôlées sur circuit fermé.
Ce n’est pas anodin. La Audi RS 4 Avant était déjà réputée pour son efficacité clinique. La nouvelle RS5 promet plus de mobilité, moins de sous-virage, davantage de caractère. Audi semble avoir retenu les critiques adressées aux anciennes RS, parfois jugées trop lisses face aux BMW M.

2,3 tonnes, et alors ?
Il faut parler du poids. 2 355 kg en berline, 2 370 kg en Avant. C’est massif. L’hybridation a un prix. Mais Audi a rigidifié la caisse de 10 %, développé un essieu arrière inédit et installé une suspension sport RS à double valve capable de gérer compression et détente séparément. Le freinage est à l’avenant : disques acier de 420 mm à l’avant, ou céramique de 440 mm en option, avec un 100 à 0 km/h annoncé en 30,6 mètres.
Face à elle, la C63 hybride dépasse également les 2,1 tonnes. La course à la puissance s’accompagne d’une inflation pondérale. La question n’est plus le poids absolu, mais la capacité à le masquer. Audi promet une précision accrue et une stabilité impressionnante, même à haute vitesse.
Une RS qui assume son statut
Visuellement, pas d’ambiguïté. La RS5 élargit la A5 de près de 9 centimètres. Ailes gonflées, calandre Singleframe nid d’abeilles, diffuseur sculpté, sorties ovales mates. Les projecteurs Matrix LED adoptent une signature inspirée du drapeau à damier. Elle ne cherche pas la discrétion.
À bord, l’ambiance se veut plus expressive, avec des surpiqûres contrastées et des éléments en carbone en option. L’écran MMI de 14,5 pouces propose même une fonction Audi driving experience capable d’enregistrer les angles de dérive et les temps au tour. La RS devient presque une application mobile sur roues.
118 000 euros pour une nouvelle ère
En France, la berline débute à 118 000 euros, l’Avant à 119 500 euros. Nous sommes clairement dans le territoire des sportives premium haut de gamme. À ce tarif, la RS5 ne vise pas seulement les passionnés de V6, mais aussi ceux qui veulent conjuguer image, technologie et conscience réglementaire.
Cette RS5 hybride marque un tournant. Elle conserve un six cylindres quand certains rivaux misent sur le quatre cylindres électrifié. Elle ajoute de la technologie à tous les étages et revendique une polyvalence inédite, capable de passer du silence urbain au mode drift.
Reste une interrogation : cette sophistication extrême enrichit-elle l’expérience ou la filtre-t-elle derrière des couches d’algorithmes ? La réponse viendra sur la route. Une chose est sûre, la RS5 n’est plus seulement une sportive. Elle devient le laboratoire roulant de la nouvelle ère Audi Sport.






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