
Le verdict est tombé à Bruxelles et il a fait peu de bruit tant l’écart était net. Avec 320 points au compteur et une avance de près de cent unités sur son premier poursuivant, la Mercedes CLA s’impose comme Voiture de l’année 2026 sans discussion possible. Un score massif, rarement vu à ce niveau, qui dit beaucoup plus qu’un simple coup de cœur de jury. Il raconte une époque, un marché européen en pleine recomposition, et une industrie automobile qui commence à récompenser autre chose que le seul prestige de badge. La CLA n’est ni la plus spectaculaire ni la plus radicale, mais elle coche méthodiquement toutes les cases qui comptent aujourd’hui.
Un plébiscite européen, bien au-delà du réflexe national
Si les journalistes allemands ont largement soutenu la candidature de la CLA, le succès ne se limite pas à un réflexe patriotique. Le modèle s’est imposé dans douze pays, avec un soutien fort au Royaume-Uni, en Suède, aux Pays-Bas ou encore en Hongrie. Cette dispersion géographique des votes montre que la berline-coupé Mercedes a su convaincre sur des marchés aux attentes pourtant très différentes. Là où certains modèles brillent par un concept fort mais clivant, la CLA a joué une partition plus universelle. Un équilibre entre innovation technologique, crédibilité industrielle et promesse d’usage, sans chercher à surjouer la rupture.
Plateforme MMA et architecture 800 V, le vrai cœur du dossier
Le sacre de la Mercedes CLA récompense d’abord un socle technique inédit dans la gamme. La nouvelle plateforme MMA marque une étape importante pour Mercedes, en permettant une vraie modularité entre thermique électrifié et électrique pur. Mais c’est surtout l’architecture 800 V qui a pesé lourd dans la balance. Elle place la CLA dans une autre dimension face à nombre de concurrentes encore limitées à des solutions 400 V. Résultat, des capacités de recharge plus rapides et une efficience globale qui se traduit par une autonomie WLTP proche des 800 kilomètres. Dans la vraie vie, environ 600 kilomètres restent exploitables, un chiffre qui change concrètement la relation à l’électrique pour un usage quotidien comme pour les longs trajets.

Une électrique plus cohérente que l’hybride, fait rare chez Mercedes
Autre élément qui n’a pas échappé au jury, la hiérarchie tarifaire étonnante entre les versions. La CLA électrique débute à 48 050 euros, soit légèrement moins que la déclinaison hybride annoncée à 48 350 euros. Un signal fort dans un marché où l’électrique reste souvent pénalisée à l’achat. Mercedes assume ici une stratégie claire, incitant sans détour vers le zéro émission, sans discours militant mais avec une logique économique assumée. Une approche plus rationnelle que symbolique, qui tranche avec certaines offres premium encore engluées dans des positionnements contradictoires.
Skoda, Kia et Citroën : des challengers solides mais moins transversaux
Derrière la CLA, le Skoda Elroq confirme la montée en puissance de la marque tchèque sur l’électrique, avec une deuxième place solide à 220 points. Le SUV compact coche beaucoup de cases, et son succès commercial a été immédiat, y compris en France. Joli score pour la Kia EV4, troisième, qui confirme la régularité du constructeur coréen sans pour autant créer l’adhésion massive nécessaire pour décrocher le titre. Le Citroën C5 Aircross, quatrième à un point du podium, paye sans doute une proposition plus conservatrice malgré un réel effort de fond sur le confort et la cohérence d’ensemble.
Renault et Dacia face à une concurrence devenue plus mature
Le classement final raconte aussi les difficultés actuelles du groupe Renault à transformer ses concepts forts en succès transversaux. La Renault 4 E-Tech ferme la marche avec 150 points, pénalisée par une proposition encore trop symbolique face à des rivales plus abouties technologiquement. Le Dacia Bigster, sixième, s’en sort mieux avec 170 points, confirmant l’intérêt du jury pour une approche pragmatique, mais sans l’effet de nouveauté suffisant pour jouer la victoire.
Une Voiture de l’année qui reflète un changement de critères
En remportant ce titre, la Mercedes CLA ne sacre pas seulement un modèle, mais une méthode. Celle d’un constructeur qui avance par briques technologiques solides, sans chercher l’esbroufe, et qui aligne enfin discours, technique et prix. Ce trophée 2026 ne récompense pas un ovni automobile, mais une voiture pensée pour durer, s’adapter et rassurer. À l’heure où le marché européen cherche des repères clairs, la CLA apparaît comme une réponse crédible, presque rassurante, à une transition encore pleine d’incertitudes.
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