Gran Turismo ouvre la porte à la Chine avec la Xiaomi SU7 Ultra

Gran Turismo ouvre la porte à la Chine avec la Xiaomi SU7 Ultra
Gran Turismo ouvre la porte à la Chine avec la Xiaomi SU7 Ultra

Il aura fallu près de trois décennies pour que Gran Turismo franchisse un seuil que beaucoup jugeaient inévitable. Avec l’intégration de la Xiaomi SU7 Ultra dans la mise à jour 1.67 de Gran Turismo 7, la célèbre franchise de simulation automobile accueille pour la première fois un modèle chinois. Un événement discret dans sa forme, mais hautement symbolique dans le fond. Car derrière ce simple ajout virtuel se cache un basculement bien réel de l’industrie automobile mondiale, que Polyphony Digital ne pouvait plus ignorer.

Depuis 1997, la saga Gran Turismo s’est construite comme une vitrine très codifiée de la culture automobile, dominée par les constructeurs japonais, européens et américains. Une hiérarchie longtemps cohérente avec la réalité du marché mondial. Mais en 2026, cette lecture apparaît datée. La Chine est devenue le premier marché automobile de la planète, mais aussi l’un des plus dynamiques en matière d’innovation électrique et de performances extrêmes. L’arrivée de la Xiaomi SU7 Ultra dans le jeu agit comme un rattrapage tardif, presque contraint.

Xiaomi, du smartphone au mythe automobile numérique

Le choix de Xiaomi n’est pas anodin. En quelques années à peine, la marque a réussi là où beaucoup de constructeurs historiques patinent encore : imposer un nom neuf dans l’automobile électrique haut de gamme, tout en parlant aux passionnés. La SU7 Ultra, version radicale de la berline électrique SU7, n’a rien d’un modèle vitrine tiède pensé pour la communication. Elle revendique des chiffres qui forcent le respect, même dans les cercles les plus exigeants.

Avec ses trois moteurs électriques développant 1 138 kW et 1 770 Nm, la SU7 Ultra s’affiche comme une hyper-berline sans complexe. Le 0 à 100 km/h annoncé en 1,98 seconde la place directement dans la cour des machines d’exception, aux côtés des Tesla Model S Plaid, Porsche Taycan Turbo GT ou Rimac Nevera. Un territoire où les chiffres ne suffisent plus et où seule la crédibilité technique compte.

Gran Turismo ouvre la porte à la Chine avec la Xiaomi SU7 Ultra
Gran Turismo ouvre la porte à la Chine avec la Xiaomi SU7 Ultra

Nürburgring : le passage obligé pour exister

Xiaomi l’a bien compris et a choisi le terrain le plus impitoyable pour asseoir sa légitimité. En 2025, la SU7 Ultra a signé un tour du Nürburgring en 7 minutes 04 secondes et 96 centièmes. Un temps qui dépasse celui de références établies et envoie un message clair aux constructeurs européens et américains. Non, la performance chinoise ne se limite plus aux batteries ou aux écrans embarqués. Elle s’exprime désormais sur l’asphalte, chronomètre en main.

Ce passage par l’Enfer Vert explique en grande partie l’intérêt de Gran Turismo. La franchise a toujours cultivé un lien étroit avec le Nürburgring, véritable juge de paix pour les sportives modernes. En intégrant la SU7 Ultra, le jeu reconnaît implicitement que Xiaomi a franchi le seuil symbolique séparant le constructeur émergent du concurrent crédible.

Un retard culturel que Gran Turismo corrige à contrecœur

Comparé à Forza, Gran Turismo a longtemps fait preuve de frilosité. La série concurrente avait déjà intégré des modèles chinois dès 2022, avec notamment MG, Wuling ou Nio. Polyphony Digital, fidèle à une vision presque muséale de l’automobile, a préféré attendre. Peut-être trop longtemps. L’ajout tardif de la SU7 Ultra ressemble davantage à une mise à jour idéologique qu’à un simple enrichissement de contenu.

Cette décision traduit aussi l’évolution du public. Les joueurs de Gran Turismo ne sont plus uniquement nourris aux badges allemands ou japonais. Ils croisent désormais sur les routes réelles des modèles chinois technologiquement en avance, souvent plus rapides et parfois moins chers. Les exclure du jeu aurait fini par décrédibiliser la promesse de simulation réaliste revendiquée par la série.

Cela dit, même dans un jeu, le pilotage de voitures électriques reste assez aseptisé : l’absence de bruit et de vibrations dans la manette pour la partie mécanique enlève du plaisir au joueur. Nous avons testé cette Xiaomi, qui est loin d’être la seule électrique puisque le jeu comportait déjà des Tesla, Taycan, Afeela, Hyundai Ioniq 5N…

Très puissante, la S7U Ultra sait faire tomber des chronos, mais on aura vite tendance après 2-3 courses à vouloir l’échanger contre une sportive thermique.

Une vitrine numérique qui dépasse le jeu vidéo

L’enjeu dépasse largement le cadre du divertissement. Être présent dans Gran Turismo, c’est entrer dans l’imaginaire collectif automobile mondial. Pour Xiaomi, cette apparition vaut bien plus qu’une campagne marketing classique. Elle inscrit la SU7 Ultra dans une lignée virtuelle où figurent des icônes historiques, des voitures de course et des supercars légendaires. Une reconnaissance que certains constructeurs installés peinent encore à obtenir.

Dans un contexte où la Chine prépare déjà son offensive sur les segments supérieurs, y compris les grandes berlines et les limousines électriques, cette présence dans Gran Turismo agit comme un signal faible mais stratégique. Le message est clair : la voiture chinoise n’est plus cantonnée au rôle de copie ou d’alternative rationnelle. Elle revendique désormais une place dans le récit automobile mondial.

📲 Si vous utilisez Google News (Actualités en France), vous pouvez nous suivre facilement en nous ajoutant : Actu-Automobile sur Google News.

A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *