De nouvelles infos techniques sur la future Alpine A110 électrique

Alpine A110 R Ultime
Alpine A110 R Ultime

On savait que la fin approchait. Lancée en 2017, l’actuelle Alpine A110 vit ses dernières semaines au catalogue avec une fin de production prévue en juin. Mais ce que l’on pressentait devient désormais concret : sa remplaçante sera 100 % électrique. Et surtout, elle pourrait reposer sur la même base technique que la spectaculaire Renault 5 Turbo 3E. Autrement dit, Alpine ne change pas seulement de motorisation, elle change de philosophie industrielle.

Initialement, le futur coupé devait partager ses dessous avec Lotus. La rupture du partenariat avec Lotus Cars a rebattu les cartes. Désormais, Alpine avance seule, sous la houlette du groupe Renault, avec une plateforme en aluminium maison qui servira également à la R5 Turbo 3E. Le signal est clair : rationalisation des coûts, mutualisation des composants, mais promesse d’une identité préservée. Sur le papier, l’équation est séduisante. Sur la route, elle devra convaincre les puristes.

Une architecture partagée, mais un caractère à inventer

La future Alpine A110 électrique devrait embarquer une batterie de 70 kWh, positionnée derrière la seconde rangée de sièges. Oui, vous avez bien lu : l’auto adopterait une configuration 2+2. Un choix stratégique. L’actuelle A110 est un strict deux places, centrée sur la légèreté. Passer au 2+2, c’est élargir le spectre d’usage, séduire un public plus large, et surtout s’attaquer frontalement aux Porsche 718 Cayman et Porsche 718 Boxster qui, eux aussi, s’apprêtent à basculer vers l’électrique. A moins que Porsche ne confirme les rumeurs de leur annulation pure et simple !

La puissance n’est pas encore officialisée, mais elle dépasserait celle de la série limitée Alpine A110 R Ultime, forte de 345 ch issus d’un 1.8 turbo. Pour mémoire, cette Ultime abat le 0 à 100 km/h en 3,8 secondes. Or la Renault 5 Turbo 3E revendique 540 ch et moins de 3,5 secondes sur le même exercice, avec un couple aux roues annoncé à 4 800 Nm. Même si Alpine n’ira sans doute pas chercher une cavalerie aussi démonstrative, la barre est placée très haut.

Reste la question cruciale : le poids. L’A110 actuelle brille par sa légèreté (autour de 1 100 kg selon versions). Une batterie de 70 kWh, même intégrée dans une structure aluminium optimisée, risque de faire grimper la masse au-delà des 1 600 kg. C’est le défi central. Alpine promet une voiture “pas beaucoup plus longue” que l’actuelle et fidèle à son gabarit compact. Mais conserver l’agilité légendaire avec 500 kg supplémentaires relève de l’exploit d’ingénierie.

Design (entre fidélité et rupture)

Visuellement, la future A110 resterait proche de la silhouette actuelle : museau bas, optiques rondes revisitées, proportions ramassées. Exit cependant toute tentation néo-rétro trop appuyée. Alpine veut projeter son icône dans une ère plus futuriste. Le défi sera d’éviter l’écueil d’une simple évolution cosmétique. Car sur un marché où l’émotion prime, le design devra porter le récit électrique sans renier l’ADN.

À l’intérieur, la marque promet un habitacle pensé pour le conducteur, et non une planche de bord reprise d’un modèle Renault. C’est un point crucial. La Renault 5 assume son côté pop et digital. L’A110 devra se montrer plus radicale, plus épurée. On évoque peu d’écrans, davantage de commandes physiques. Un parti pris presque à contre-courant en 2027, à l’heure où tout devient tactile. Mais c’est peut-être là que se jouera la différenciation.

Un pari stratégique à l’échelle mondiale

L’Europe sera servie en premier, avant l’Asie et, potentiellement, l’Amérique du Nord. Ce dernier marché, où l’A110 thermique n’a jamais été officiellement distribuée, pourrait enfin s’ouvrir à la marque. L’électrique simplifie l’homologation et cadre mieux avec les normes californiennes.

Alpine joue gros. D’ici 2030, la marque ambitionne une gamme entièrement électrique, avec SUV et coupé quatre portes au programme. L’A110 devra rester la boussole émotionnelle. Si elle réussit sa transition, elle deviendra l’un des rares coupés sportifs compacts électriques crédibles face à Porsche. Si elle échoue, elle ne sera qu’une vitrine technologique de plus.

La question n’est donc pas de savoir si l’Alpine A110 électrique sera rapide. Elle le sera. La vraie interrogation est ailleurs : saura-t-elle conserver cette légèreté d’âme qui faisait de l’A110 thermique une voiture à part, presque artisanale dans son approche ? L’électricité n’interdit pas le plaisir. Mais elle impose une nouvelle définition du mot “sport”.

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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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