Polestar 3 : le SUV électrique suédois passe à 800V

Polestar 3
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Le vrai changement sur le Polestar 3 ne saute pas immédiatement aux yeux. Extérieurement, presque rien ne semble bouleversé. Quelques nouvelles couleurs, des détails de finition, une hiérarchie de gamme un peu clarifiée. Polestar reste fidèle à cette idée du design scandinave froid, presque clinique, où tout paraît volontairement contenu. Mais sous cette carrosserie très lisse, il se passe autre chose.

Et cette fois, la marque d’origine suédoise commence à parler le langage des poids lourds de l’électrique premium.

Le passage au 800 volts change beaucoup plus qu’une fiche technique

Pendant longtemps, Polestar a eu une position un peu particulière sur le marché. Une image très premium, très technologique, mais avec une partie technique qui restait parfois moins ambitieuse que les références allemandes ou coréennes les plus avancées. La recharge notamment.

Le passage du Polestar 3 à une architecture 800 volts vient clairement corriger ça.

Jusqu’ici, ce genre de technologie restait surtout associé à des modèles comme le Porsche Taycan, le Kia EV9 ou certaines plateformes Hyundai E-GMP. Désormais, le grand SUV suédois peut lui aussi annoncer jusqu’à 350 kW de puissance en charge rapide avec un 10 à 80 % revendiqué en 22 minutes.

Sur le papier, c’est devenu presque indispensable dans cette catégorie.

Parce qu’à plus de 65 000 euros, les clients ne regardent plus uniquement l’autonomie. Ils regardent le temps perdu sur autoroute. Et beaucoup de constructeurs premium européens ont pris du retard là-dessus pendant que les marques asiatiques accéléraient très vite.

Polestar tente donc de rattraper le mouvement. Assez brutalement même.

Polestar 3
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Une voiture plus puissante… mais surtout moins passive

Les 500 kW annoncés sur la version Performance attirent évidemment l’attention. En équivalent thermique, on dépasse largement les 680 chevaux. Le genre de valeur devenue presque absurde dans un SUV familial.

Polestar semble avoir compris que son SUV manquait parfois d’identité dynamique claire face à un BMW iX très démonstratif ou un Tesla Model X toujours aussi violent en accélération. Le Polestar 3 apparaissait plus posé, presque distant.

La marque annonce donc une répartition de puissance davantage orientée vers l’arrière, une direction recalibrée, de nouvelles barres antiroulis et un travail sur la suspension. Dit autrement : le SUV cherche désormais à devenir un peu plus vivant.

C’est intéressant parce que Polestar reste une marque encore jeune. Elle cherche toujours son ton exact. Volvo ne veut plus vraiment être sportive. Polestar essaye donc de récupérer cet espace-là, mais sans tomber dans la brutalité marketing d’AMG ou de BMW M.

Le résultat donne des voitures rapides, très silencieuses, assez minimalistes… avec un comportement qui veut maintenant devenir plus engageant sans perdre le côté nordique très feutré.

Polestar 3
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NVIDIA, logiciels et bataille invisible

L’autre évolution importante est beaucoup moins visible. Pourtant elle dit énormément de choses sur l’automobile actuelle.

Le nouveau processeur NVIDIA DRIVE AGX Orin embarqué dans le Polestar 3 augmente massivement la puissance de calcul du véhicule. Derrière ce jargon un peu opaque, il faut comprendre que les constructeurs automobiles deviennent progressivement des entreprises logicielles autant qu’industrielles.

Tesla a ouvert cette voie il y a déjà longtemps. Les autres suivent désormais à marche forcée.

Gestion des aides à la conduite, traitement des données capteurs, optimisation énergétique, évolutions à distance… la voiture premium moderne dépend maintenant énormément de sa capacité informatique. Presque autant que de son moteur.

Et Polestar joue ici une carte logique : sa clientèle est très technophile. Peut-être davantage encore que chez Volvo.

Un SUV qui devient plus crédible face aux références allemandes

Le plus intéressant avec cette évolution du Polestar 3, c’est qu’elle donne enfin l’impression d’un modèle totalement aligné avec les standards du segment.

Jusqu’ici, le SUV suédois séduisait surtout par son design et son ambiance différente. Très épurée. Très architecturale. Mais certains éléments techniques restaient un cran derrière les meilleurs élèves.

Avec le 800 volts, la recharge ultra-rapide, les gains logiciels et les évolutions châssis, le Polestar 3 commence à devenir beaucoup plus difficile à écarter dans une comparaison avec les Audi, BMW ou Mercedes électriques.

Surtout à un moment où plusieurs clients premium semblent aussi commencer à se fatiguer des écrans géants, des signatures lumineuses agressives et du spectaculaire permanent.

Le Polestar 3 continue d’être sobre. Même quand il développe désormais des niveaux de puissance complètement déraisonnables.

C’est probablement ce contraste qui lui donne finalement une personnalité assez particulière dans le paysage actuel.

Polestar 3
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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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