Les Cupra Raval et Volkswagen ID.Polo partagent la même chaine à Martorell

La production des Raval et ID.Polo a lieu à Martorell dans l'usine historique Seat
La production des Raval et ID.Polo a lieu à Martorell dans l’usine historique Seat

Le démarrage de la production des CUPRA Raval et Volkswagen ID. Polo est un lancement important pour le groupe allemand.

Vu de loin, on pourrait croire à l’arrivée de deux nouvelles citadines électriques de plus sur un marché qui commence à être bien rempli. Pourtant, derrière les carrosseries et les fiches techniques, c’est un virage industriel qui se joue dans l’usine de Martorell, près de Barcelone. Un virage que Volkswagen n’a plus vraiment le droit de rater.

Depuis plusieurs années, le groupe allemand occupe le terrain avec ses modèles électriques familiaux, ses SUV et ses grandes berlines. Mais le véritable défi européen est ailleurs. Il est dans ces voitures compactes que les gens peuvent encore envisager d’acheter sans signer un crédit sur dix ans.

Et c’est précisément là que débarquent l’ID. Polo et la CUPRA Raval.

Une Polo qui change d’époque

Chez Volkswagen, le nom Polo pèse lourd. Très lourd même. Depuis 1975, plus de 20 millions d’exemplaires ont trouvé preneur. Peu de modèles européens peuvent afficher une telle carrière. La transformer en voiture électrique n’a donc rien d’un simple exercice marketing.

L’ID. Polo arrive avec une promesse assez simple : conserver l’esprit pratique qui a fait le succès de la Polo tout en basculant dans l’ère électrique.

Volkswagen annonce jusqu’à 454 kilomètres d’autonomie WLTP. Sur le papier, cela place cette nouvelle venue parmi les références du segment. C’est davantage qu’une Peugeot E-208 et même un peu mieux que certaines versions de la Renault 5 E-Tech qui occupe pourtant actuellement toute la lumière médiatique.

Mais l’autonomie n’est plus le seul sujet. Les constructeurs savent que les clients attendent désormais autre chose qu’une grosse batterie. Volkswagen met donc en avant des équipements encore rares sur une petite voiture : alimentation d’appareils externes grâce à la fonction V2L, conduite à une pédale ou encore reconnaissance automatique des feux de circulation.

Des détails ? Pas forcément. Ce sont souvent ces petits usages du quotidien qui finissent par faire la différence.

La Cupra Raval sur les chaines d'assemblage
La Cupra Raval sur les chaines d’assemblage

Le Raval n’a pas envie d’être une citadine raisonnable

Face à l’ID. Polo, la CUPRA Raval suit une logique presque opposée. Depuis sa création, CUPRA avance avec une certaine insolence. La marque espagnole s’est construite en refusant d’être simplement une SEAT un peu plus sportive. Le Formentor a ouvert la voie. Le Raval doit désormais prolonger l’histoire dans l’univers électrique.

Et il le fait sans chercher à rassurer. Quatre mètres de long. Une silhouette tendue. Des proportions presque exagérées pour une voiture urbaine. On sent que les designers ont eu davantage de liberté qu’à l’époque où tout devait rentrer dans les cases traditionnelles du groupe Volkswagen.

Même l’habitacle semble vouloir raconter autre chose. Les sièges baquets, les jeux de lumière ou encore l’ambiance générale cherchent davantage l’émotion que la rationalité.

CUPRA parle d’environ 450 kilomètres d’autonomie. Ce chiffre est important, évidemment. Mais ce n’est probablement pas ce que les futurs acheteurs retiendront en premier.

Le pari de la marque consiste plutôt à convaincre qu’une petite électrique peut encore susciter un peu d’envie.

L’usine est presque plus importante que les voitures

En réalité, le sujet principal n’est peut-être ni la Raval ni l’ID. Polo.

Le vrai sujet se trouve derrière eux. Martorell est en train de devenir l’un des centres de gravité de la stratégie électrique européenne de Volkswagen. Plus de 3 milliards d’euros ont été investis pour transformer le site. À l’échelle espagnole, le programme d’électrification porté avec PowerCo et différents partenaires représente près de 10 milliards d’euros.

Les chiffres donnent le vertige. Surtout lorsqu’on se souvient qu’il y a encore quelques années, certains observateurs doutaient ouvertement de la capacité de l’Espagne à devenir un acteur majeur de la voiture électrique.

Aujourd’hui, Volkswagen affirme exactement l’inverse. La production de ces nouveaux modèles marque aussi le lancement d’une famille complète de véhicules urbains électriques qui sera déclinée sous plusieurs marques du groupe. Une seule base technique, plusieurs personnalités et surtout des coûts de développement largement mutualisés. Une recette devenue incontournable dans l’industrie.

Les Cupra Raval et Volkswagen ID. Polo à Martorell
Les Cupra Raval et Volkswagen ID. Polo à Martorell

Une bataille qui dépasse Volkswagen

Le calendrier n’a rien d’un hasard. Les constructeurs chinois accélèrent. BYD, MG ou Leapmotor occupent déjà le terrain des voitures électriques abordables. Renault poursuit son offensive avec la Renault 5 et la Twingo E-TECH. Stellantis multiplie les projets de modèles électriques abordables, y compris en s’appuyant sur Leapmotor qui fournira un modèle à Opel.

Dans ce contexte, l’ID. Polo et le CUPRA Raval ressemblent moins à deux nouveautés qu’à une réponse européenne à une pression devenue permanente.

Les prochains mois diront si la recette fonctionne. Parce que le marché électrique n’a plus besoin de démonstrations technologiques. Il a besoin de voitures que les gens peuvent réellement envisager de mettre dans leur garage. Et c’est précisément sur ce terrain-là que Volkswagen vient de lancer sa partie.

A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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