
Les prix des carburants repartent à la hausse depuis deux semaines et l’État ressort un dispositif déjà en place plutôt que d’en créer un nouveau. L’aide de 100 euros destinée aux automobilistes qui roulent beaucoup devait disparaître à la fin du mois de juillet. Finalement, elle restera accessible jusqu’au 31 août.
Pas de changement sur le montant, pas davantage sur les conditions. Seul le calendrier évolue, avec un mois supplémentaire pour déposer une demande.
Une rallonge pour un dispositif qui n’a jamais vraiment décollé
Le gouvernement met en avant plus d’un million d’aides déjà versées. Sur le papier, cela paraît conséquent. Dans les faits, le dispositif est loin d’avoir trouvé son public.
Plus de deux millions de Français seraient éligibles. Pourtant, seule une partie d’entre eux a effectué les démarches. Ce constat explique sans doute la décision de laisser le guichet ouvert quelques semaines de plus.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’une aide ciblée peine à convaincre. Les remises directement appliquées à la pompe avaient l’avantage d’être automatiques. Ici, il faut vérifier son éligibilité, constituer un dossier et attendre le versement.
Les critères restent les mêmes
Cette prolongation ne change rien aux règles.
Pour toucher les 100 euros, il faut résider fiscalement en France et respecter un plafond de revenus fixé à 16 880 euros de revenu fiscal de référence par part. Le dispositif s’adresse également aux personnes qui utilisent leur voiture pour travailler.
Deux situations permettent d’y accéder : effectuer plus de 15 kilomètres entre son domicile et son lieu de travail, soit plus de 30 kilomètres aller-retour, ou parcourir plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle.
Autrement dit, les gros rouleurs sont clairement visés, mais beaucoup d’automobilistes qui utilisent quotidiennement leur voiture restent exclus à cause des plafonds de revenus.
Une réponse limitée face à la hausse des prix
Cette prolongation intervient alors que les tarifs de l’essence et du gazole repartent à la hausse dans de nombreuses stations-service. Les tensions sur les marchés pétroliers, combinées à une demande soutenue pendant les départs en vacances, entretiennent cette progression.
Le gouvernement, lui, ne semble plus vouloir revenir aux remises généralisées sur les carburants, jugées beaucoup trop coûteuses pour les finances publiques. Le choix est désormais celui d’aides ciblées, même si elles concernent une part relativement réduite des conducteurs.
Reste à voir si ce mois supplémentaire suffira à convaincre les automobilistes concernés. Car si beaucoup n’ont toujours pas demandé cette aide, ce n’est pas forcément par oubli. Pour certains, les démarches sont jugées trop contraignantes. Pour d’autres, les critères d’accès sont tout simplement trop restrictifs.






