Essai Xpeng P7+ RWD Long Range : une limousine au prix d’un SUV compact

Essai Xpeng P7+ RWD Long Range
Essai Xpeng P7+ RWD Long Range

Le constructeur chinois Xpeng avait débuté son lancement commercial en France avec deux SUV, les G6 et G9. Le premier, le G6, est un concurrent du Tesla Model Y que nous avions testé l’année dernière. Bien réalisé, ce modèle s’est imposé sur le marché français et se classe 83ème des ventes en France au premier semestre 2026 avec 2714 immatriculations. Un très bon résultat pour un constructeur qui vient tout juste d’arriver sur notre marché. Et l’offensive se poursuit cette fois-ci avec une berline, la P7+. Avec son gabarit imposant et ses prestations routières, celle-ci aurait pu venir concurrencer la Tesla Model S, qui a déserté le catalogue du constructeur américain. Xpeng propose ce nouveau modèle dont les rivales sont assez rares, voire inexistantes à ce niveau de prix sous la barre des 50.000 euros….Une petite limousine au prix d’un SUV compact, avouez que cela a de quoi nous interpeller.

Un design profilé pour la P7+

Longue de 5,07 m, la Xpeng P7+ peut concurrencer une Tesla Model S ( qui n’est plus disponible que sur stock ) ou une BMW i5. Son gabarit de petite limousine est impressionnant, mais sa silhouette fastback profilée parvient à la rendre moins massive qu’elle pourrait être. D’ailleurs elle affiche un Cx de seulement 0,21, qui l’aide à réduire sa consommation…

L’empattement de 300 cm est très élevé, et profite directement à l’espace intérieur comme nous allons le voir ensuite. De profil, la P7+ présente des flancs épurés avec des poignées de portes rétractables, un classique sur les modèles électriques. En revanche elle ne joue pas la même carte de l’aéro pour les roues avec des jantes alliage 20″ qui misent sur un design avant tout sportif. Ce sont d’ailleurs les mêmes que celles de la version Performance.

La face avant de la P7+ est imposante en largeur, et se démarque par sa signature lumineuse à double étage. En partie basse, la calandre s’obture ou non selon les besoins de refroidissement, y compris à l’arrêt du véhicule. La pompe à chaleur fait justement partie de la dotation du modèle. Xpeng a également retenu des portières avant sans encadrement pour le vitrage, dans un esprit coupé.

A l’arrière, là encore la signature lumineuse s’étend sur toute la largeur de la P7+, en écho à celle de la face avant.

Lors de notre essai, la Xpeng a attiré les regards, mais aussi les commentaires de nombreux automobilistes qui sont venus nous parler de la P7+ et la voir de près lors des arrêts recharge. Une petite notoriété assez étonnante pour un tout nouveau modèle encore très peu diffusé, de bonne augure pour le constructeur chinois.

La nouvelle Xpeng P7+ présente un gabarit imposant puisqu'elle mesure 5,07 m de long
La nouvelle Xpeng P7+ présente un gabarit imposant : elle mesure 5,07 m de long

Vie à bord

Accrochez-vous, car il y a énormément de choses à dire sur l’habitacle de cette Xpeng. Commençons par son empattement géant de 300 cm : alors oui, l’espace à bord est digne de cette mesure. Au passage, comparons avec les 299 cm d’une BMW i5, qui mesure tout de même 5,06 m elle aussi. Voilà qui est gage d’une habitabilité de haut vol, digne d’une limousine non rallongée du début des années 2000…Depuis, les limousines ont elles aussi pris de l’embonpoint et des centimètres supplémentaires.

Aux places avant, les passagers seront confortablement installés dans des sièges recouverts de cuir nappa, avec des réglages électriques, du chauffage, une ventilation ainsi que des fonctions massage. La qualité de la sellerie est assez marquante, surtout si on la compare à celle d’une Tesla en cuir synthétique.

L'intérieur est épuré mais pas au point de faire l'impasse sur tous les éléments pratiques, ni sur les éléments de confort
L’intérieur est épuré mais pas au point de faire l’impasse sur tous les éléments pratiques, ni sur les éléments de confort, bien au contraire.

Installé derrière le volant, le conducteur profite d’une instrumentation numérique doublée d’un affichage tête haute très complet, qui va jusqu’à l’affichage de la caméra de recul. Si le design est épuré, les détails sont soignés à l’image des tweeters intégrés sur la planche de bord. Côté ergonomie, un grand nombre de fonctions imposent de passer par le grand écran central de 15,6 », y compris pour les fonctions qui équipent les sièges avant. En revanche le conducteur dispose de commodos traditionnels, ainsi que de plusieurs commandes au volant qui permettent par exemple de régler la climatisation sans quitter la route des yeux.

A l’arrière, les passagers seront plus que bien accueillis. Du côté droit, le passager profite d’une tablette aviation, et peut aussi avancer le siège devant lui depuis l’écran arrière. Commandes de climatisation, chauffage des sièges arrière mais aussi ventilation et massage sont au programme. Et font là encore partie de la dotation de série ! Des niveaux d’équipements jamais atteints par la concurrence, il faut bien l’avouer, à ce niveau de prix.

Ajoutez à cela des dossiers de banquette arrière inclinables électriquement, et bien entendu l’éclairage d’ambiance et un vaste toit panoramique. Précisons aussi que la sellerie peut être sombre ou claire, sans supplément de prix.

Les trois places arrière sont spacieuses et très bien équipées en fonctions en tous genres
Les trois places arrière sont spacieuses et très bien équipées en fonctions en tous genres

Le hayon électrique donne accès à une soute de 573 litres aux formes régulières. En revanche elle n’est pas complétée par un frunk à l’avant. Sous le capot, vous trouverez seulement l’accès pour faire les niveaux, tous les éléments techniques sont cachés.

Petite curiosité qu’on ne remarque pas immédiatement : le cache-bagages n’est pas présent sur ce modèle. Fort heureusement la vitre arrière est bien surteintée.

La contenance de 573 litres est parfaite pour un usage familial
La contenance de 573 litres est parfaite pour un usage familial

A conduire : la Xpeng P7+ sur route

Cette grande berline fastback est ici à l’essai en propulsion arrière, avec une puissance de 313 ch qui lui permet d’effectuer un 0 à 100 km/h en 6,9 s. Pour seulement 4000 euros de plus, la version Performance propose de son côté 503 ch, et un 0 à 100 abattu en seulement 4,3 s, cela au prix d’une autonomie légèrement plus réduite.

Malgré son gabarit imposant, la P7+ n’est pas une punition en milieu urbain étant donné qu’elle offre l’ensemble des caméras et détecteurs qui facilitent la vie lors des manoeuvres ou des passages étroits. Même dans un parking souterrain, nous n’avons pas rencontré de difficulté particulière sur des places standard.

Bon point pour la tenue de route : la P7+ s’en remet à des pneumatiques haut de gamme, des Michelin Pilot Sport EV. Un point intéressant, quand de nombreux modèles comme les e-3008 et Scénic E-TECH se contentent de Michelin ePrimacy, moins sportifs mais plus efficients. Mais la suspension pilotée semble, elle, privilégier le confort. Et il ne faut pas s’attendre ici au comportement impétueux d’une propulsion : la P7+ est avant tout une routière prête à voir défiler les kilomètres et non une ballerine destinée à briller dans un passage de col.

La P7+ est très bien chaussée avec des Michelin Pilot Sport EV
La P7+ est très bien chaussée avec des Michelin Pilot Sport EV

Sur autoroute, la P7+ met en avant son arsenal d’aides à la conduite avec une conduite autonome assez poussée, même s’il faut en France conserver les mains sur le volant. Parmi les fonctionnalités, l’activation du dépassement assisté qui réclame juste de clignoter pour que la voiture déboite et se place correctement sur la file convoitée. Ce système Xpilot est appréciable, mais ne réagit pas totalement comme vous le feriez pour plus de sécurité. Si une voiture arrive au loin, il refuse de déboiter au risque de vous faire perdre votre élan en restant sagement derrière un camion…Et si vous tentez alors d’effectuer le dépassement vous-même, vous aurez parfois l’impression de vous battre contre la direction qui veut à tout prix vous maintenir dans la voie. Il faut donc soit pendre son mal en patience et s’habituer à cette façon de procéder, soit ne pas utiliser cette fonction. Mais au global, les ADAS sont tout de même très appréciables sur longs parcours.

Un sujet primordial sur les voitures électriques : l’autonomie, qui leur offre ou non une portée proche de celle d’un véhicule thermique. Alors avec 530 km annoncés, cette P7+ Long Range ne profite pas d’une autonomie record face à des modèles européens et américains qui dépassent maintenant les 700 km dans les meilleurs cas. Mais sa batterie LFP de 74,9  kW se charge vite, et cela peut tout changer. Avec une architecture de 800V, la charge rapide DC est ainsi annoncée à 446 kW : un chiffre dantesque face à la plupart des électriques. Et le résultat est là. Sur une borne Ionity de 350 kW, en 20 minutes nous avons vu la batterie passer de 20% à 93 %, pour une charge de 57,05 kWh.

La charge très rapide est un point fort pour les longs trajets
La charge très rapide est un point fort pour les longs trajets

Voilà qui donne à réfléchir : une batterie de taille respectable mais pas record, n’est-ce pas la meilleure équation avec une telle rapidité de charge ?

Et la Xpeng P7+ affiche aussi un autre avantage décisif pour bien exploiter sa batterie : une consommation réduite, et ce même sur autoroute à 130 km/h. Lors de notre essai la P7+ s’est ainsi contentée de 17 kWh/100 km, soit à peine plus que les 16,4 kWh/100 km annoncés par le constructeur.

Budget : pas de bonus, mais pas d’options ou presque

Les tarifs de la P7+ débutent à 45990 euros pour la version RWD Standard Range. A 49990 euros, la P7+ RWD Long Range est le coeur de gamme, elle est d’ailleurs la version retenue par le constructeur pour ses concessions françaises. Seules deux options sont possibles : la peinture métallisée à 800 euros, et l’attelage électrique à 1190 euros. L’équipement pléthorique est intégralement livré en série.

Si on compare cette P7+ à d’autres concurrentes, en premium la BMW i5 est une rivale intéressante puisqu’elle affiche le même gabarit au sol. La i5 de base est affichée au prix catalogue de 76250 euros, avec une puissance de 340 ch, et une batterie de 81,2 KW. Mais cette grande berline premium nécessite ensuite d’ajouter plusieurs packs optionnels pour parvenir à un haut niveau d’équipement embarqué. Elle navigue dans une autre sphère de prix !

A l'arrière l'écran pilote les très nombreuses fonctions disponibles
A l’arrière de la Xpeng P7+, l’écran pilote les très nombreuses fonctions disponibles

Plus courte avec 4,93 m, l’Audi A6 e-tron est plus abordable que la i5, à partir de 64950 euros, et avec une autonomie qui dépasse les 600 km. Mais il faudra ajouter ensuite de nombreuses options pour parvenir à se rapprocher de la Xpeng P7+.

Du côté des modèles généralistes, c’est la Volkswagen ID.7 qui sera la concurrente la plus directe, avec un prix d’appel fixé à 53000 euros. Mais à ce tarif, la batterie est assez réduite avec 59 kWh, la charge DC culmine à 165 kW, et les options peuvent faire grimper le tarif bien au-delà de 65000 euros.

Très clairement, le rapport prix-prestations de cette routière chinoise est imbattable et représente l’un de ses points forts.

Malgré tout, impossible de ne pas clôturer ce chapitre budget sans parler d’une interrogation sur la valeur résiduelle de ce nouveau modèle. Comme pour beaucoup d’électriques d’ailleurs, il est souvent préférable d’opter pour un leasing afin d’écarter la difficulté de revente et d’avoir une vision de départ sur le coût global de l’opération.

A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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