
Renault a dynamisé son offre de modèles électriques, en remplaçant la ZOE par des revival de modèles emblématiques. Après avoir ressuscité la R5, le losange s’est attaqué à un autre mythe de l’automobile française : la Renault 4, souvent appelée 4L. Là encore, la Renault 4 E-TECH est donc exclusivement proposée en 100 % électrique et partage énormément d’éléments avec la R5. Après vous avoir proposé l’essai de la Renault 5 en 120 ch, et même l’essai de l’Alpine A290 GTS en 220 ch, voici la Renault 5 E-TECH en autonomie confort avec une puissance de 150 ch.
Design : un revival authentique
Impossible de reprocher quoi que ce soit aux designers Renault, à l’époque dirigés par Gilles Vidal qui est entre-temps retourné chez Stellantis. Le style de cette nouvelle Renault 4 E-TECH est très réussi, et reprend bien la ligne générale et les gimmicks de son aïeule. On apprécie donc particulièrement tous les petits détails présents ci et là, mais aussi la modernité présente qui donne un petit effet concept car. A l’image par exemple de la calandre et du losange rétroéclairés à l’avant, avec une belle signature lumineuse pour les blocs optiques.
Le profil est aisément reconnaissable, tout comme la forme des blocs optiques, et même de la custode arrière. Sans oublier le relief en bas des portières, qui rappelle celui des protections en plastiques apparues dans les années 80 sur la 4L…

Il manque des éléments sans doute impossibles à homologuer aujourd’hui, comme les poignées de capot apparues dans les années 80. N’oublions pas la carrière exceptionnellement longue de la première Renault 4 qui dura des décennies, avec des évolutions régulières. Les designers Renault ont aussi ajouté des éléments pour faire de cette R4 E-TECH un petit crossover, qui se démarque de la R5. A l’image par exemple des protections d’ailes, ou encore des barres de toit.
Au niveau du gabarit, quand la première 4L mesurait à peine 3,72 m de long par 1,48 m de large, la Renault 4 E-TECH est passée à la dimension supérieure avec 4,14 m de long par 1,80 m de large. Elle mesure aussi 22 cm de plus que la nouvelle R5, ce qui va se ressentir en habitabilité comme nous allons le voir plus loin.
De nombreuses teintes spécifiques à la R4 font partie du nuancier, comme ce Bleu Nuage facturé 650 euros, ou 1100 euros avec le toit noir comme ici. Les acheteurs peuvent aussi opter pour un look plus « radical » avec le capot peint en noir, qui permet de personnaliser sa R4.
Sur la version Techno, les jantes alliage sont en 18″, avec look « sixties ».

Vie à bord : une R5 en plus spacieux
Très proche techniquement de la R5 E-TECH, cette R4 reprend la même planche de bord. Les différences se situent au niveau des habillages et des coloris utilisés, qui donnent une autre ambiance. C’est par exemple le cas de la sellerie Jeans présent sur cette finition coeur de gamme Techno, qui ne donne pas forcément envie de passer sur la version supérieure qui se contente elle aussi d’une sellerie textile. D’autant plus que ce motif jeans avec surpiqûres cuivre est au final plutôt sympathique. Et plein de petits détails vont aussi agrémenter la présentation, comme par exemple un rivet sur le côté du dossier de siège, avec un slogan qui vous renvoie à la publicité de 1964 de la 4L !

Le système multimédia présent dès la finition Techno est un R Link avec écran de 10,1″, et se distingue par l’intégration des applications Google, comme Google Maps pour la navigation. Sachant que vous pouvez aussi utiliser Google Maps de votre smartphone, avec Android auto ou Apple car play…La qualité d’affichage est très bonne, sauf quand il s’agit de la caméra de recul, dont la définition est plutôt décevante. La partie audio peut être bien plus qualitative avec l’option système audio haute-fidélité Harman Kardon, facturée 600 euros.
Comme la R4 est un crossover et non une berline, est-ce que la hauteur est très différente de celle d’une R5 ? La hauteur n’est pas comparable avec celle d’un Austral par exemple, mais est bien supérieure de quelques centimètres à celui d’une citadine. Cela donnera donc légèrement l’impression de dominer la route, mais pas trop !
Parlons un peu de la qualité de finition : sur ce point, la R4 n’est pas exemplaire. Le grain du plastique est joli sur les contre-portes, mais il est totalement rigide. Et le claquement des portières ne produit pas un son mat comme sur un Captur : on sent une volonté de gagner du poids.

Aux places arrière, les passagers vous remercieront d’avoir opté pour une R4 et non pour une R5. Plus longue, la R4 profite d’un empattement en hausse de 8 cm qui se ressentent nettement quand on s’installe sur la banquette arrière. Il y a beaucoup plus de place pour les jambes, et il n’est plus nécessaire d’aller glisser ses pieds sous les sièges avant, où il y a plus de place en hauteur. La hauteur supérieure permet aussi de mieux s’installer. Avec un plancher totalement plat, le passager central parviendra aussi à trouver ses aises plus facilement même si la largeur pourra manquer à trois personnes.
Même chose au niveau du coffre : quand celui de la R5 souffre d’un seuil très haut, le hayon de la R4 descend jusqu’au bouclier, aussi bas que dans un break. Il est même indiqué à 60 cm seulement par Renauilt.

Le chargement sera donc facilité, et permettra aussi plus facilement de déménager en cas de besoin. La polyvalence est donc bien au rendez-vous sur cette descendante de la 4L des campagnes.
La contenance du coffre est de 420 litres, contre 326 litres pour celui de la R5. Et cerise sur le gateau, le hayon s’ouvre avec une motorisation électrique ( en option à 400 euros ). Que demander de plus ?
Un bac situé sous le plancher, lavable, et qui permet de mettre par exemple des bottes sales ou autres. Pas de trou par-dessous pour évacuer l’eau comme sur un Puma, le bac est amovible pour le lavage.
A conduire : un tempérament axé confort
Contrairement à la Renault 5 qui attaque désormais avec une puissance de 95 ch, la R4 plus lourde, débute avec un minimum de 120 ch. Ce niveau de puissance est associé à la petite batterie de 40 kWh. Pour cet essai nous avons opté pour la version 150 ch avec autonomie confort, avec sa batterie de 52 kWh. Elle est donnée pour une autonomie de 399 km.
Très rapide à prendre en main, cette R4 E-TECH est parfaitement à son aise en ville avec des accélérations véloces, un gabarit compact, et une très bonne maniabilité. La position de conduite est légèrement surélevée par rapport à une R5, sans pour autant atteindre la hauteur d’un Symbioz, ou d’un Austral.
Au volant, la touche Multisense permet de sélectionner le mode de conduite souhaité. Passer au mode Sport ne va pas non plus activer de sonorité artificielle ! Les performances sont honnêtes sans en faire une sportive pour autant : il faut tout de même 8,2 s pour passer de 0 à 100 km/h. La vitesse maxi elle, est bridée à 150 km/h. Pour une utilisation en France, cela ne devrait pas être un problème. Cette Renault 4 est surtout axée sur le confort, avec un amortissement qui privilégie le confort et devrait convenir au plus grand nombre. Elle dispose d’une suspension arrière multi-bras, assez rare sur le segment.
Le comportement routier nous a donc semblé moins dynamique que celui d’un e-2008, plus sec et plus nerveux dans ses réactions. Cette R4 E-TECH, c’est la force tranquille.

Contrairement à une voiture thermique, les palettes au volant ne sont pas là pour changer les rapports, mais pour gérer le niveau d’intensité du freinage régénératif. Avec quatre niveaux, vous pourrez aller jusqu’au mode One Pedal qui évite d’utiliser la pédale de freins en ville. Mais attention à ne pas lâcher trop vite l’accélérateur si vous n’êtes pas habitué au système, cela peut demander un petit temps d’adaptation.
Au départ de notre essai, l’autonomie était annoncée à moins de 400 km : elle est chiffrée en homologation à 399 km, donc les 391 km affichés sont assez logiques. Cette R4 autonomie confort dispose d’une batterie de 52 kWh, ce qui est suffisant pour un modèle de catégorie B. Voilà qui peut limiter la polyvalence de cette Renault 4 si elle est achetée comme véhicule principal…ce qui peut sembler logique à un niveau de prix de 35000 euros, avant déduction des aides à l’achat.
En revanche la consommation est très raisonnable : lors de notre essai la moyenne est tombée à 14,4 kWh seulement. Un chiffre très bas, et même inférieur à la moyenne d’homologation !
Parlons un peu de la recharge : la charge rapide DC est plafonnée à 100 kW. Certes, il y a plus rapide, mais la charge de 15 à 80 % est annoncée en 30 minutes, un temps acceptable lors d’un déplacement.

Budget : des tarifs cohérents
Prix de départ de la nouvelle Renault 4 E-TECH : 29900 euros, avec la version 120 ch autonomie urbaine. La version 150 ch autonomie confort débute à 33490 euros avec la version Evolution. En revanche la finition Techno de ce modèle d’essai grimpe à 35490 euros. Fort heureusement, une prime coup de pouce est possible du fait de la production en Europe ( et même en France dans le cas présent ). Une aide actuellement chiffrée à 3620 euros, non négligeable.
Alors oui, le tarif est très loin de celui de la Renault 4 première génération vendue pendant plusieurs décennies. Mais l’équipement est évidemment très loin de celui de son aïeule…

De série l’équipement de cette Renault 4 E-TECH Techno comprend : openR link 10,1 » : navigation, Google intégré, précond. charge DC, audio Arkamys Auditorium, jantes alliage 18″, barres de toit, éclairage d’ambiance 3 zones, tableau de bord avec écran d’instrumentation 10 », chargeur smartphone à induction, rétroviseur intérieur électrochrome avec mode jour/nuit automatique, détection mains-libres à 360° (ouverture et verrouillage), caméra de recul, multi-sense, pompe à chaleur, compatible charge bidirectionnelle power to object (Vehicle-to-Load ou V2L), charge AC 11 kW triphasé + DC 100 kW (pic).
Pour 2000 euros de plus, la version Iconic ajoute le hayon motorisé mains libres, le régulateur de vitesse intelligent, l’aide au parking avant, les jantes 18″ parisienne ou encore le toit noir.
La concurrence européenne est un petit peu plus chère, par exemple chez Peugeot, avec un e-2008 Allure facturé 37500 euros ( prix remisé ), et jusqu’à 41200 euros.
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