
Les français adorent désormais les SUV, comme la plupart des européens. Renault amis un certain temps à trouver la bonne formule, notamment après les Koleos et Kadjar.
Quand le Kadjar peinait à sortir de la confidentialité, l’Austral lui, a effectué un très bon début de carrière. Mais surprise : Renault lui a offert un restyling très rapide, intervenu bien avant sa moitié de carrière. Redessiné en profondeur, le Renault Austral a également reçu des évolutions dans l’habitacle, mais conserve sa motorisation full hybride de 200 ch, désormais seule au catalogue. Ce rival du Peugeot 3008 a-t-il les cartes en mains pour s’imposer de manière durable ?
Déjà restylé, façon Rafale
Avec sa nouvelle face avant reprise au Rafale, l’Austral ne manque pas d’allure. Il abandonne sans regrets l’ancienne face avant et donc la signature lumineuse qui nous ramenait à une autre époque, celle des Kadjar, Mégane 4 et Talisman. Blocs optiques acérés, calandre très large, grand logo : l’Austral restylé a du caractère.
Lire notre essai du Renault Rafale Atelier Alpine
Dans le détail, l’Austral se démarque tout de même du Rafale par de petits détails : le traitement du bouclier avant est légèrement différent en partie basse, et la grille de calandre est spécifique. Des éléments partagés là aussi avec sa déclinaison longue : l’Espace restylé.

Cette version Esprit Alpine profite des entourages de vitres noir brillant, et de belles jantes alliage inédites ( Jantes 20” Altitude diamanté noir avec vernis fumé gris ).
Il est rare qu’un restyling soit très profond pour la partie arrière. En général, les blocs optiques évoluent à peine, et le bouclier est redessiné, et cela s’arrête là. Mais ici l’Austral restylé bénéficie de feux arrière entièrement remaniés, donc la nouvelle forme a nécessité de modifier complètement le hayon. Renault a-t-il pour autant revu une partie tôlée ? Et bien non. Car le hayon de cet Austral a toujours été en matière plastique, depuis son lancement. De derrière, on ne confondra donc pas l’Austral de 2023 avec la version restylée.

Ici la teinte de ce modèle d’essai est le Bleu Outremer, accompagné d’un toit noir étoile, option facturée 1400 euros. Cette teinte n’est pas proposée sur l’Espace, ni sur le Rafale.
Les acheteurs peuvent aussi agrémenter la présentation en sélectionnant des accessoires comme les marchepieds, accessibles sur le configurateur de la marque pour se rendre compte du rendu visuel.
Au final le restyling de l’Austral nous semble donc très réussi, et lui offre encore plus de personnalité.
Vie à bord : peu d’évolutions
L’Austral conserve sa planche de bord initiale, également partagée avec les Rafale et Espace. Elle se démarque par la disposition en L inversé des deux écrans, au sein desquels un aérateur central a tout de même trouvé sa place ! La qualité d’affichage des écrans est excellente. Le conducteur profite d’une instrumentation sur une dalle de 12,3″, alors que l’écran central R Link 12″ est lui placé verticalement comme une tablette. Une orientation qui plait à Renault, et qu’on retrouvait déjà sur la Mégane 4, 10 ans en arrière.
Petite évolution notable en revanche pour les sièges avant, qui sont désormais ceux du Rafale, du segment D rappelons-le. Vous êtes donc un peu surclassé au volant d’un Austral…Et évidemment au top dans cette version Esprit Alpine, le haut de gamme.

Le maintien des sièges est excellent, et la sellerie est très réussie et agréable au toucher. Elle se démarque par ses surpiqûres bleu blanc rouge, qu’on retrouve sur le volant. Rappelons tout de même que contrairement aux modèles Alpine, l’Austral n’est pas fabriqué en France, mais en Espagne, à Palencia. Si les deux sièges avant sont électriques, seul le siège conducteur bénéficie de la fonction massage.
Mais que reste-t-il au Rafale ? Celui-ci joue sur des détails de finition : les bacs des contre-portes par exemple, sont habillés de feutrine ( bleue sur la version Atelier Alpine ). Ici, les bacs sont habillés entièrement en plastique. Le SUV coupé a aussi l’exclusivité de l’insert en ardoise face au passager avant. Ici, ce sera de la microfibre.
Curiosité en revanche pour le toit panoramique, avec un simple vélum électrique. Que le toit en verre opacifiant Solarbay soit réservé au Rafale, cela pourrait passer, mais le Symbioz plus bas de gamme peut lui en profiter. Quelle est la logique ici ? Seule consolation : ce TPV à l’ancienne ne coûte que 1000 euros, contre 1500 pour la version Solarbay du Rafale, et du Symbioz.
Lire notre essai du Renault Symbioz E-TECH 160

Citons aussi près du conducteur l’arrivée de la caméra dans le montant de pare-brise. Celle-ci permet de reconnaitre de quel utilisateur il s’agit pour activer les bons réglages de sièges et de radio. Pourquoi pas, même si cela peut faire bizarre d’avoir un caméra sous le nez.
La présentation Esprit Alpine inclut également le pédalier aluminium, et les seuils de portes spécifiques, de petits détails sympathiques qui font la différence.
Aux places arrière, les passagers n’auront pas à se plaindre avec un bel espace aux jambes et une garde au toit digne de ce nom. Le toit panoramique ne pénalise pas trop cet aspect là.
Et qu’en est-il du volume de coffre ? Avec la banquette arrière coulissante en une ou deux parties, la contenance est annoncée jusqu’à 627 litres. Un volume conséquent, bien supérieur par exemple à celui du nouvel Audi Q3 qui plafonne à 488 litres dans ses versions thermiques.

A conduire : 200 ch et un châssis 4Control
Les acheteurs de l’Austral n’auront pas à se casser la tête dans le choix des motorisations. Ici il n’y a plus de moteur MHEV, ni la motorisation PHEV du Rafale: l’offre se concentre sur la motorisation HEV full hybride de 200 ch qui a toujours constitué le gros des ventes sur ce modèle. Il faut dire qu’avec 107 g de rejets de CO2, cette motorisation exemptée de malus écologique ne manque pas d’atouts.
A commencer par l’agrément de conduite. En ville, la douceur est de mise avec de belles phases de roulage électrique, très régulières ( et nettement plus que dans un Peugeot 3008 Hybrid 145 ). Cette motorisation E-TECH de 200 ch repose sur une architecture hybride dite “série-parallèle”. Concrètement, elle associe un moteur essence 3 cylindres 1,2 litre turbo à deux moteurs électriques (un principal de traction et un secondaire jouant le rôle de générateur et de démarreur) reliés à une boîte multimode sans embrayage. Cette transmission combine différents rapports mécaniques côté thermique et électrique pour optimiser en permanence le rendement. En ville, la voiture démarre systématiquement en électrique et peut rouler fréquemment sans solliciter le moteur essence. Lors des accélérations franches ou à vitesse stabilisée sur route, les deux énergies travaillent ensemble ou séparément selon la demande. L’ensemble développe 200 ch cumulés, avec une gestion électronique qui privilégie l’efficience sans sacrifier la réactivité, notamment lors des relances.

Dès la finition Techno, le conducteur pourra choisir son mode de conduite avec la touche Multi-sense présente sur le volant. Cette touche paramétrable et ronde rappelle même celle que l’ont voit sur certaines sportives allemandes !
Côté châssis, il faudra cocher l’option 4Control advanced à 1500 euros pour bénéficier des roues arrière directionnelles. Présentes sur notre voiture d’essai, celles-ci apportent de l’agilité lors des manoeuvres, et une belle stabilité dans les courbes. Il serait dommage de commander un Austral Esprit Alpine sans cocher cette option.
Très agréable à conduire quel que soit le type de parcours, le Renault Austral E-TECH 200 combine un châssis très bien réglé et une motorisation full hybride suffisamment puissante. Une belle synthèse, et même une démonstration face à des SUV concurrents qui ne bénéficient pas d’une telle technologie. Parmi les reproches possibles, nous pouvons citer de légers à-coups de la boite de vitesses lors de relances vigoureuses.
Les performances ne sont pas en reste, avec 8,4 s pour accélérer de 0 à 100 km/h. Certes avec 200 ch, on pourrait espérer davantage, mais ce type de motorisation full hybride se doit surtout de soigner son efficience. Les rejets de CO2 limités à 107 g évitent ainsi tout malus à ce SUV familial, un bon résultat pour ce niveau de performances.
Lors de notre essai, notre consommation mixte aura été très raisonnable, avec 5,6 L/100 km. De quoi autoriser des autonomies record avec le plein : 880 km au départ de notre essai ! Autant dire que dans ces conditions, on ne regrette pas le diesel.

Budget : un moteur, trois finitions
Quand la gamme du nouvel Austral débute à 41900 euros avec la finition Evolution, cette version Esprit Alpine E-TECH 200 est facturée 46000 euros. Entre les deux, le coeur de gamme Techno se positionne à 43000 euros.
Autant le dire tout de suite : la version d’entrée de gamme est nettement moins intéressante, car rien que pour les jantes alliage 19″, les vitres surteintées, et le système multimédia openR link 12″:navigation & services Google intégrés, audio Arkamys Auditorium, il sera nettement plus intéressant de s’offrir la version Techno à peine plus chère.

Les 3000 euros sont-ils justifiés pour la version Esprit Alpine ? Cette fois-ci, le surcoût sera surtout compensé par un design plus séduisant, avec les jantes 20″, les éléments noirs, la sellerie spécifique, plus que par la reconnaissance du conducteur et le siège conducteur électrique.
Du côté de la concurrence, Peugeot propose son 3008 GT Exclusive Hybrid 145 ch à 47000 euros, avec une technologie MHEV et une puissance nettement inférieure. La version hybride rechargeable de 225 ch est facturée plus de 50000 euros.
Le Volkswagen Tiguan R-Line en hybride 204 ch est lui aussi hybride rechargeable, et s’affiche à 59900 euros. Au final le Renault Austral est donc très bien positionné face à ses rivaux généralistes, et se démarque par son offre full hybride.
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