Lamborghini dit non à l’électrique : le V12 survivra encore

Lamborghini Lanzador
Lamborghini Lanzador

C’était écrit dans les plans, presque gravé dans le marbre depuis la présentation du concept Lanzador en 2023. Lamborghini devait lancer sa première sportive 100 % électrique avant la fin de la décennie. Finalement, il n’en sera rien. La marque italienne officialise l’abandon de son projet d’EV pur et dur. À la place ? Encore du V12. Encore de l’hybride rechargeable. Et pas la moindre batterie seule à l’horizon immédiat.

Le discours est limpide : la demande pour une supercar électrique reste trop faible dans le segment du luxe extrême. Traduction moins policée : les clients Lamborghini ne veulent pas d’un silence chirurgical à 400 000 euros.

Le marché a parlé, le V12 reste

Stephan Winkelmann n’a jamais été un adepte des effets de manche. Le patron de Lamborghini avait déjà laissé entendre que ses clients ne considéraient pas l’électrique comme une alternative crédible à court terme. Les chiffres lui donnent raison. Le succès du Revuelto hybride rechargeable, l’enthousiasme autour du Temerario et la dynamique commerciale de l’Urus SE ont conforté la marque dans son choix.

Lamborghini a déjà effectué sa mue partielle : toute la gamme thermique est passée à l’hybridation rechargeable. Ce n’était pas un petit pas. Poids en hausse, coûts en augmentation, complexité technique démultipliée. Mais la promesse était simple : plus de puissance, moins d’émissions, sans trahir l’ADN émotionnel. Visiblement, la clientèle a suivi.

Le constructeur insiste d’ailleurs sur un point stratégique : technologiquement, il est prêt pour le tout électrique. Mais le marché ne l’est pas. Nuance importante. Lamborghini ne ferme pas la porte, elle la laisse simplement entrouverte.

Lamborghini Lanzador
Lamborghini Lanzador

Le cas Lanzador : mirage ou mutation ?

Présenté comme un aperçu du futur électrique de la marque, le concept Lanzador devait inaugurer une “quatrième ligne de modèle” aux côtés des Revuelto, Temerario et Urus SE. Une sorte d’Ultra GT 2+2 surélevée, combinant performances extrêmes et polyvalence. Le projet était avancé. Presque prêt pour la production.

Aujourd’hui, le flou domine. Ce futur modèle sortira bien avant 2030, mais en hybride rechargeable. Reste à savoir si le Lanzador sera profondément remanié pour accueillir un groupe motopropulseur PHEV ou si Lamborghini repartira d’une feuille blanche. Dans tous les cas, le message est clair : pas de Lamborghini 100 % électrique dans l’immédiat.

L’exception italienne face à la pression allemande

La décision tranche avec la stratégie de certains concurrents. Porsche avance avec la 718 électrique. Ferrari prépare activement son premier modèle zéro émission. Même Maserati pousse sa gamme Folgore. Mais Lamborghini joue une partition différente. Son identité repose sur l’exubérance mécanique, la sonorité, la théâtralité. Supprimer le moteur reviendrait à retirer la moitié du spectacle.

Il faut aussi regarder les chiffres. Le segment des supercars de luxe reste relativement étroit et dépendant de marchés comme les États-Unis, le Moyen-Orient ou certaines régions d’Asie. Dans ces zones, l’infrastructure et l’appétence pour les hypercars électriques ne progressent pas au même rythme que dans les grandes capitales européennes.

L’Urus aussi restera hybride

Autre information clé : le prochain Urus, attendu vers 2029, restera hybride rechargeable. L’idée d’un SUV Lamborghini 100 % électrique a été étudiée puis écartée. Là encore, la marque privilégie un compromis entre réduction des émissions et maintien des performances spectaculaires qui font le succès du modèle.

C’est une position pragmatique. Lamborghini n’est pas un constructeur généraliste. Elle vend de l’émotion avant de vendre des grammes de CO2. Et pour l’instant, l’émotion passe encore par des cylindres.

Une transition ralentie, pas annulée

Ne soyons pas naïfs. L’électrique finira par s’imposer, y compris dans l’univers des supercars. Mais Lamborghini choisit le tempo. La marque préfère capitaliser sur son passage réussi à l’hybridation plutôt que de précipiter une révolution que ses clients n’appellent pas de leurs vœux.

Dans un monde automobile qui court parfois plus vite que ses acheteurs, ce retour à la réalité sonne presque comme un acte de lucidité. Le V12 n’a pas dit son dernier mot. Et à Sant’Agata, on semble bien décidé à le faire rugir encore quelques années.

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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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