
Quand Lancia a relancé la Ypsilon en 2024, l’idée était claire sur le papier : repositionner la marque dans un univers premium européen, avec une citadine design, technologique et largement électrifiée. Mais le marché, lui, n’a jamais totalement suivi cette montée en gamme. Entre une électrification encore perçue comme coûteuse et une image de marque à reconstruire hors d’Italie, la citadine s’est retrouvée coincée dans un entre-deux.
L’arrivée d’une motorisation essence 1.2 Turbo 100 ch marque donc moins une évolution qu’un réajustement stratégique. Lancia rouvre une porte que beaucoup de constructeurs ferment progressivement : celle de l’essence accessible, simple et surtout plus lisible pour le grand public.
Positionnement prix : retour sous tension face aux généralistes et aux premiums
Avec un prix d’entrée fixé à 21 800 €, la Lancia Ypsilon change immédiatement de statut. Elle quitte une zone de tension où elle flirtait avec les 25 000 € en micro-hybride pour revenir dans un territoire beaucoup plus concurrentiel.
Face à elle, une Peugeot 208 équipée du même type de motorisation démarre autour de 19 000 à 20 000 € selon les finitions. Une Renault Clio 6 TCe 115 reste également sous les 20 000 € dans sa version d’accès. Autrement dit, Lancia ne joue plus uniquement contre les généralistes, mais tente de justifier un surcoût par une montée en gamme perçue.
Le vrai duel se situe toutefois ailleurs. Une Mini Cooper thermique débute désormais largement au-dessus des 28 000 €, et dépasse rapidement les 32 000 € avec quelques options. L’écart de près de 7 000 à 10 000 € repositionne brutalement la Ypsilon comme une alternative “premium abordable”, un créneau délicat mais potentiellement porteur si l’image suit.

Un moteur connu mais rationalisé pour élargir la base clients
Sous le capot, pas de révolution technologique mais une évolution ciblée. Le trois-cylindres 1.2 Turbo 100 ch développe 205 Nm et s’associe à une boîte manuelle à six rapports. Ce bloc, déjà utilisé dans de nombreuses configurations Stellantis, évolue surtout sur la fiabilité perçue avec le passage à une distribution par chaîne, un point devenu sensible sur les anciennes générations du PureTech.
Les performances restent classiques pour le segment avec une consommation annoncée à 5,1 l/100 km et 119 g/km de CO2, ce qui limite le malus à environ 280 €. On est ici sur une logique d’efficacité budgétaire plus que sur une recherche de dynamisme.

Face à la concurrence : une citadine premium sous pression
La comparaison avec la Mini Cooper est presque brutale. Mini capitalise sur une image historique forte, une personnalisation poussée et une valeur résiduelle supérieure, mais au prix d’un ticket d’entrée nettement plus élevé. Lancia tente de répondre avec une dotation plus généreuse dès les premiers niveaux, mais sans disposer du même capital émotionnel.
Face aux généralistes, la Ypsilon se retrouve dans une zone intermédiaire parfois inconfortable. Une Peugeot 208 ou une Opel Corsa offrent des prestations proches pour un prix inférieur, mais avec une notoriété et une revente facilitée.

Conclusion : une Ypsilon plus accessible, mais pas encore évidente
Ce retour de l’essence sur la Lancia Ypsilon n’est pas un simple ajustement technique. C’est un repositionnement, presque une correction de trajectoire. En redevenant plus accessible, la citadine italienne regagne en cohérence prix-produit, mais elle reste suspendue à une question essentielle : la clientèle est-elle prête à payer plus qu’une généraliste pour une image encore en reconstruction ?
La réponse conditionnera non seulement le succès de cette version, mais aussi la crédibilité du renouveau Lancia en Europe.
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