
Il y a encore deux ans, annoncer un SUV électrique sous la barre des 20 000 euros relevait de la promesse marketing ou du concept-car optimiste. Début 2026, Citroën le fait, chiffres à l’appui. Après une ë-C3 affichée à partir de 13 990 euros en début d’année, la marque aux chevrons étend son offensive avec le nouveau ë-C3 Aircross proposé dès 19 990 euros, prime CEE déduite. Un tarif qui, sur le papier, vient heurter de plein fouet un marché électrique toujours englué dans des prix élevés et une lisibilité discutable pour le grand public.
Ce positionnement n’a rien d’anodin. Citroën ne cherche pas ici à rivaliser avec les SUV électriques technologiques ou premium, mais à occuper un terrain encore étonnamment peu exploité : celui du véhicule familial électrique accessible, sans discours élitiste ni surenchère technologique. Un terrain connu chez Dacia, sauf qu’aucune offre ne vient concurrencer ce modèle français !
Un SUV compact qui assume son rôle familial
Avec 4,39 m de long, le C3 Aircross nouvelle génération change clairement de stature. On n’est plus face à un simple crossover urbain, mais bien à un SUV compact pensé pour les usages quotidiens et familiaux. Citroën insiste sur la robustesse et la facilité d’accès, deux arguments qui parlent davantage aux familles qu’aux amateurs de fiches techniques.
Fait notable, le C3 Aircross peut proposer jusqu’à sept places en version thermique, une rareté sur ce segment. L’ë-C3 Aircross électrique, lui, se limite logiquement à cinq places, la contrainte de la batterie imposant ses règles. Reste que l’habitabilité annoncée le place dans une zone intermédiaire intéressante, à mi-chemin entre une ë-C3 clairement citadine et des SUV compacts électriques bien plus onéreux.
Sur le plan du style, Citroën poursuit la mue amorcée ces derniers mois. Lignes plus verticales, identité visuelle affirmée, signature lumineuse reconnaissable. Rien de tapageur, mais une cohérence qui tranche avec les générations précédentes, parfois jugées trop sages.

300 km d’autonomie : le vrai débat
La version mise en avant à 19 990 euros correspond au niveau YOU, animé par un moteur électrique de 113 ch associé à une batterie de 44 kWh. L’autonomie annoncée atteint jusqu’à 300 km. Un chiffre qui, dans l’absolu, reste modeste, mais qui correspond à une réalité d’usage bien identifiée. Pour une majorité de trajets quotidiens, urbains et périurbains, cette autonomie est suffisante, à condition d’accepter une planification minimale sur longs parcours.
Citroën propose une alternative plus endurante avec une batterie de 54 kWh, promettant jusqu’à 400 km. Une version affichée à 29400 euros avant déduction des aides, mais qui permettra de couvrir des besoins plus polyvalents. Là encore, la marque semble préférer la clarté à la surenchère, en segmentant clairement les usages plutôt que de promettre une polyvalence absolue à bas coût.
Face à lui, les concurrents directs ne sont pas légion. Un Peugeot e-2008 ou un Opel Mokka Electric évoluent bien au-delà des 30 000 euros. Quant aux modèles chinois récemment débarqués, ils affichent parfois des tarifs agressifs, mais sans toujours offrir le réseau ou l’image rassurante d’un constructeur historique.
Lire notre essai du Peugeot e-2008
Un signal fort envoyé au marché
Avec l’ë-C3 Aircross à 19 990 euros, Citroën envoie un message limpide. L’électrique n’est plus réservé aux citadines minimalistes ou aux SUV premium. Reste à voir si le public suivra, et surtout si les volumes permettront de pérenniser ce modèle économique. Mais une chose est sûre : en 2026, Citroën force ses concurrents à se repositionner. Et rien que pour cela, l’ë-C3 Aircross mérite qu’on s’y attarde.
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