
Pendant quelques années, MINI semblait vouloir simplifier son univers. Finitions rationalisées, gammes plus lisibles, options regroupées. Une stratégie compréhensible dans un contexte où les constructeurs cherchent à réduire les coûts et à accélérer les cadences industrielles.
L’arrivée des MINI Cooper Édition Paul Smith rappelle une époque où la marque britannique multipliait les collaborations inattendues et cultivait un certain sens de l’excentricité. Cette fois, c’est avec l’un des créateurs les plus emblématiques du Royaume-Uni que MINI remet cette tradition au goût du jour.
Une histoire qui remonte bien avant cette génération
L’association entre MINI et Paul Smith n’a rien d’un coup marketing improvisé.
Les amateurs de la marque se souviennent probablement de la Mini Paul Smith lancée à la fin des années 1990. Produite à seulement 1 800 exemplaires, cette série spéciale est devenue l’une des versions les plus recherchées de la Mini classique. Sa teinte bleu vif et ses détails colorés en avaient fait une véritable pièce de collection. Cette nouvelle édition s’inscrit clairement dans cette continuité.
On retrouve d’ailleurs plusieurs références à l’univers du créateur britannique, connu pour son approche du design mêlant élégance traditionnelle et touches décalées. Une philosophie qui colle assez naturellement à l’image que MINI cherche à entretenir depuis plus de vingt ans.

Des détails plus importants qu’ils n’en ont l’air
À première vue, les changements peuvent sembler limités. Trois teintes sont proposées, dont deux spécifiquement développées pour cette édition : Statement Grey et Inspired White. La première revisite le gris de la toute première Mini de 1959 tandis que la seconde modernise l’esprit des teintes crème qui ont accompagné la carrière de la citadine britannique pendant plusieurs décennies. Mais ce sont surtout les contrastes qui donnent sa personnalité à cette série spéciale.
Le vert Nottingham Green est omniprésent. Sur les coques de rétroviseurs, le contour de la calandre ou encore les centres de roues. Un choix loin d’être anodin puisque cette couleur fait directement référence à Nottingham, ville natale de Paul Smith. Même le toit reçoit un traitement particulier avec des bandes spécifiques inspirées de l’univers graphique du styliste.
C’est finalement assez rare aujourd’hui. Beaucoup de séries limitées se résument à quelques badges et à une sellerie spécifique. Ici, MINI semble avoir cherché à construire un véritable univers visuel cohérent.

L’habitacle assume pleinement son côté britannique
L’intérieur poursuit cette logique : la sellerie mêle surfaces en Vescin bleu Nuit et éléments textiles tricotés. L’ensemble évite le piège de la surcharge décorative.
Quelques détails viennent toutefois rappeler l’identité de cette édition. Une projection lumineuse “Hello” accueille les occupants lors de l’ouverture des portes. Les seuils affichent la devise de Paul Smith, “Every day is a new beginning”, tandis qu’un lapin dessiné à la main apparaît sur les tapis de sol.
Cela peut sembler anecdotique. Pourtant, c’est précisément ce type de détails qui participe au succès historique de MINI. La marque a toujours vendu davantage qu’une simple voiture urbaine. Elle vend une personnalité, parfois même un état d’esprit.

Une offre qui couvre presque toute la famille MINI
BMW a choisi de ne pas réserver cette édition à une seule carrosserie.
La MINI Cooper 3 portes, la version 5 portes et le Cabrio sont concernés. Les variantes essence C et S sont disponibles, tandis que les versions John Cooper Works restent volontairement à l’écart.
L’univers Paul Smith évoque davantage l’élégance et le design que la performance pure. Une déclinaison sportive de 231 ch aurait probablement été moins cohérente avec l’esprit recherché.
Les tarifs débutent à 34 200 € sur la MINI Cooper 3 portes C et atteignent 42 660 € pour le Cabrio S.
Des montants qui peuvent sembler élevés pour une citadine, mais qui restent finalement dans la norme du segment premium. Une MINI Cooper bien équipée dépasse aujourd’hui facilement les 35 000 €, tandis qu’une Audi A1 haut de gamme ou certaines versions de l’Alfa Romeo Junior flirtent également avec ces niveaux de prix.

Le retour assumé des MINI à forte personnalité
Cette édition Paul Smith intervient à un moment intéressant.
Face à la montée en puissance des véhicules électriques et à l’uniformisation croissante du design automobile, les constructeurs cherchent de plus en plus à remettre l’émotion au centre de leurs produits. Les séries spéciales constituent un moyen relativement simple d’y parvenir.
MINI maîtrise cet exercice depuis longtemps. La marque l’a démontré avec les éditions Camden, Mayfair, Bayswater ou encore Resolute.
Cette nouvelle collaboration s’inscrit dans cette tradition. Elle ne transformera pas la MINI Cooper sur le plan mécanique. Elle ne changera pas ses performances ni son comportement routier.
Mais elle rappelle qu’une automobile peut encore raconter une histoire à travers des détails de style, des couleurs et quelques idées bien choisies.
Et dans un marché où beaucoup de modèles finissent par se ressembler, ce n’est peut-être pas le plus mauvais argument.

- MINI Cooper 3 portes Édition Paul Smith :
- C : à partir de 34 200 €
- S : à partir de 37 550 €
- MINI Cooper 5 portes Édition Paul Smith :
- C : à partir de 35 200 €
- S : à partir de 38 550 €
- MINI Cooper Cabrio Édition Paul Smith :
- C : à partir de 39 310 €
- S : à partir de 42 660 €






