
Depuis la seconde génération du Q3, une carrosserie Sportback s’est invitée à la fête. Celle-ci transformé le SUV compact en SUV coupé, avec une pente de toit très profilée. Après vous avoir proposé l’essai du nouveau Q3 en 100 % thermique, voici sa déclinaison Q3 Sportback, en motorisation e-Hybrid de 272 ch. C’est à l’heure actuelle la version la plus puissante, et aussi la plus onéreuse de la gamme Q3.
Design : évolution en profondeur
Ce troisième opus du Q3 ne ressemble en rien à son prédécesseur, même si les gênes Audi sont bien présents. Il faut dire que le constructeur d’Ingolstadt a fait évoluer le design de sa gamme depuis l’arrivée des nouveautés 2024 : Q5 III et Q6 e-tron ont inauguré d’importants changements. Ce nouveau Q3 suit donc la tendance, avec une face avant massive dont la calandre se dispense cette fois de tout entourage décoratif. Les anneaux ne sont plus chromés et en relief mais présentés sur un élément plat, alors que les feux passent au dispositif à double étage. Juste sous le capot, les éléments supérieurs mettent en avant 23 petits blocs à LED pour les feux de jour, avec une personnalisation possible pour l’utilisateur via un menu. Cette proue est intégralement partagée avec les deux carrosseries du Q3. De face, un détail subtil pourra vous indiquer qu’il s’agit de la carrosserie Sportback : l’absence de barres de toit.
L’inclinaison du pavillon a entrainé la disparition de ces éléments, ce qui fait baisser la hauteur du Q3 Sportback de 2 cm, à 1,56 m. En dehors de cette mesure, la longueur de 4,53 m et la largeur sont identiques à celles du Q3 classique. L’empreinte au sol est donc similaire pour les deux versions.

Les designers Audi ont agrémenté la partie arrière de jolis artifices, comme la partie basse des deux qui court sur les ailes arrière, un bandeau lumineux, et même un logo illuminé. Une première sur le Q3, mais qui nécessite de passer par la liste des options ( projecteurs Audi Digital Matrix à 2500 euros ). Les feux arrière profitent aussi de la technologie OLED.
Sur notre modèle d’essai, la teinte Vert Sauge s’est révélée très élégante et distinctive face à la concurrence. Vous remarquerez aussi la présence de jantes 20’’, qui sont optionnelles, à 1600 euros.
Dorénavant, comme la calandre n’est plus cerclée de chrome, le pack esthétique noir concerne d’autres éléments qui passent au noir laqué : les habillages gris des écopes du bouclier avant, les coques de rétroviseurs, l’entourage des vitres, et même la teinte des logos. Précisons aussi que nous avons ici la finition S Line, le sommet de la gamme du nouveau Q3.

Un habitacle revu en profondeur
Les anciens possesseurs du Q3 ne trouveront plus rien en commun avec l’ancien modèle. Audi a dessiné une planche de bord totalement inédite, mais pas non plus atypique, puisqu’elle fait la part belle à une double dalle qui débute face au conducteur et s’étend vers le centre. Une configuration que l’on retrouve sur de nombreux modèles BMW, mais aussi Mercedes, et Peugeot, entres autres. Difficile d’innover alors que les technologies tendent à se généraliser sur l’ensemble des marques…

Audi a malgré tout trouvé une nouveauté sur son Q3, qui n’est toutefois pas encore appelée à se généraliser sur les prochains modèles. Il s’agit des commodos, repensés avec une intégration linéaire au-dessus du volant avec un élément inédit. L’élément de droite intègre les commandes de la boite de vitesses, ce qui libère la console centrale.
Sur cette finition S Line, les sièges sport, ainsi que le volant à double méplat marqué S sont de série. Le pack d’éclairage multicolore fait également partie de la dotation de série de cette finition haut de gamme. En revanche il devient impossible de passer commande avec un intérieur tout cuir : changement d’époque. Mais avec lui, c’est aussi une part de la qualité perçue d’un tel modèle haut de gamme qui disparaît. Car avec une sellerie optionnelle S Line Dinamica facturée 1250 euros, toute la partie latérale, arrière du siège, ou encore les appuie-tête, sont en textile !
Qualitativement, le nouveau Q3 présente toutefois très bien avec des plastiques et des inserts décoratifs de qualité. De ce point de vue là, le Q3 fait honneur à son blason. Tant mieux, d’autant plus que nous sommes sur cet exemplaire d’essai à un tarif qui dépasse les 80000 euros avec les options.

A l’arrière, malgré l’inclinaison du pavillon de toit, même de grands adultes d’un mètre quatre-vingt pourront s’installer et avec aisance.
Du fait de la présence d’une batterie de taille conséquente à l’arrière et non sous le plancher comme sur une voiture électrique, le Q3 Sportback doit ici se contenter d’un volume de coffre de 375 litres. Une contenance réduite en hauteur, et modeste pour un usage familial. Le volume de chargement total est aussi réduit sur le Q3 Sportback face au Q3 standard, du fait de l’inclinaison du hayon qui réduit les possibilités. Alors oui, nous avons bien ici affaire au Q3 le moins polyvalent de la gamme. Ceux qui veulent de la contenance devront privilégier la carrosserie classique, et une motorisation thermique plus traditionnelle, comme celle du nouveau Q3 2.0 TDI 193 ch.

A conduire : 272 ch, mais en 4X2
Si les motorisations hybrides rechargeables ne représentent qu’une part infime des ventes en France, Audi s’y accroche dur comme fer puisque le marque vise deux tiers du mix pour son nouveau Q3. Cette version e-Hybrid de 272 ch sera d’ailleurs bientôt secondée par une version plus modeste de 204 ch seulement.
Techniquement, cette motorisation est similaire à celle dont dispose l’Audi A3 hybride depuis quelques mois. Sous le capot, on retrouve le 1.5 TFSI avec désactivation des cylindres à la demande, et une puissance de 177 ch. Mais du fait que le moteur électrique soit intégré dans la boite de vitesse S Tronic à 6 rapports, la puissance de 272 ch est délivrée aux seules roues avant. Dommage qu’un tel SUV avec 272 ch ne puisse profiter d’une transmission Quattro. A contrario de nombreux rivaux, comme par exemple le Renault Rafale E-TECH 300.
Même avec une puissance transmise aux seules roues avant, les chronos sont déjà plutôt sympathiques, avec 6,8 s pour l’accélération de 0 à 100 km/h. Cette motorisation se retrouve également sur la dernière A3 ( lire l’essai de l’Audi A3 40 TFSI e ). Avec 400 Nm de couple, le train avant aura de quoi encaisser : il ne faudra pas lésiner sur la qualité de la monte pneumatique pour disposer d’une bonne motricité.

L’autre gros changement par rapport au précédent Q3 hybride rechargeable, c’est surtout l’arrivée d’une batterie d’une capacité bien plus généreuse de 25,7 kWh en brut et de 19,7 kWh en net. Avec 120 km d’autonomie annoncée en électrique, le Q3 e-Hybrid veut atomiser la concurrence, qui doit se contenter de plus petites batteries. Il permettra de rouler en 100 % électrique au quotidien pour de nombreuses personnes, de quoi réduire sérieusement le nombre de passages à la pompe en dehors des vacances ou de grands déplacements professionnels.
Audi propose également une charge rapide DC de 50 kW, indisponible sur de nombreux modèles de la concurrence et qui permet de se rapprocher de l’usage d’une vraie électrique. Sur une borne AC, la puissance de charge est annoncée à 11 kW.
Mais repassons derrière le volant. Apprécions au passage l’insonorisation lorsque le double vitrage est coché dans les options, comme sur ce modèle d’essai.
En usage soutenu, le régime moteur s’emballe, et la sonorité du quatre cylindres envahit l’habitacle. Mais il suffit d’activer le mode de conduite Dynamic pour transformer l’ambiance à bord, avec une sonorité artificielle diffusée par les haut-parleurs. Celle-ci est plus agréable à l’oreille, mais artificielle. Ce mode de conduite apporte aussi une autre gestion de la boîte S Tronic, et une réactivité plus appréciable lors des dépassements. Malgré l’absence de roues arrières motrices et d’un poids de 1,9 tonne, ce Q3 Sportback se révèle très plaisant et rassurant en toutes circonstances. La direction à démultiplication variable participe également à l’agrément de conduite, surtout lors des enchaînements de virages.

Avec le pack Tech Pro optionnel, cette voiture disposait des nouvelles suspensions adaptatives. Pas de suspensions pneumatiques plus coûteuses comme sur les modèles de segments supérieurs, mais des amortisseurs à double valve avec un contrôle séparé des phases de rebond et de compression. L’efficacité est plutôt bonne sur une chaussée légèrement dégradée, sans atteindre le niveau de confort d’une suspension pneumatique de la marque, qu’on trouve sur les segments supérieurs.
Budget : des tarifs orientés vers le leasing
Ce Q3 Sportback S Line e-Hybrid 272 ch est la version la plus chère de la gamme à l’heure actuelle, avec un prix de 63050 euros. L’hybridation rechargeable est donc facturée 10500 euros par rapport à la motorisation TFSI 150 ch MHEV. Sans parler d’agrément, il faudra un petit bout de temps pour amortir cette différence…Il sera donc fort probable que les flottes d’entreprise y trouvent davantage leur compte, avec la possibilité d’amortir le prix de la batterie.

Cette version e-Hybrid se dispense en tout cas de malus écologique, mais est frappée par un autre dispositif fiscal déplaisant : le malus au poids, qui n’exonère pas les modèles hybrides. Il faudra compter environ sur 2000 euros en France en 2026, un montant qui prend en compte les 1,9 tonne, et un abattement de 200 kg pour la technologie hybride rechargeable.
A 83260 euros prix catalogue, notre modèle d’essai a été généreusement doté en options : Jantes 20″ Audi Sport, feux arrière Digital OLED, projecteurs Digital Matrix LED, Pack MMI Experience Pro…entre autres. Difficile de configurer un bel exemplaire sans cocher quelques options !
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