
La Lancia Gamma ressuscite. Et pas pour faire de la figuration. Quarante ans après la disparition de ce nom à la sonorité aristocratique, la marque turinoise prépare son nouveau vaisseau amiral sous une forme que personne n’aurait imaginée dans les années soixante-dix : un SUV coupé de 4,70 mètres, électrifié à tous les étages, et bien décidé à se mesurer aux ténors du genre. Cette cousine de la future DS N°7 change radicalement de la première Gamma…
Un nom chargé d’histoire, un format ultra-moderne
La première Gamma, dévoilée en 1976, était une élégante création signée Pininfarina. Coupé deux portes ou berline fastback, elle incarnait une certaine idée du grand tourisme à l’italienne, avec cette touche de distinction un peu à part dans le paysage européen. En 2026, le décor a changé. Le marché réclame de la garde au sol, de la polyvalence, une silhouette statutaire. La Gamma nouvelle génération devient donc un SUV coupé, dans l’air du temps.
Ces images d’illustration ont été réalisées depuis les photos des prototypes aperçus sur les routes, et donnent une idée du gabarit et du style de ce nouveau SUV coupé.

STLA Medium : la rationalité sous le costume italien
Sous la carrosserie, pas de surprise : la Gamma repose sur la plateforme STLA Medium du groupe Stellantis, déjà utilisée par les Peugeot 3008, Citroën C5 Aircross et Opel Grandland. Même base technique également que la future DS N°7. Cela signifie une architecture multi-énergie capable d’accueillir thermique électrifié, hybride rechargeable et 100 % électrique.
En entrée de gamme, on devrait retrouver le trois-cylindres 1.2 turbo associé à une hybridation légère, permettant de circuler en mode électrique sur de courtes distances en ville. Plus intéressant pour le cœur de cible : une version hybride rechargeable offrant environ 80 à 100 kilomètres d’autonomie électrique (selon le cycle WLTP), de quoi couvrir la majorité des trajets quotidiens sans consommer une goutte d’essence.
Mais c’est surtout en électrique que la Gamma entend exister. Deux batteries sont attendues : 73 kWh pour environ 480 kilomètres d’autonomie, et 97 kWh pour viser, comme le E-3008 grande autonomie, plus de 700 kilomètres théoriques. Des chiffres ambitieux, qui placeraient l’Italienne dans le haut du panier européen, face à un Tesla Model Y toujours ultra-dominant sur le segment. Des versions à un ou deux moteurs devraient cohabiter, avec transmission intégrale pour les variantes les plus puissantes.
Gamma HF Integrale : la fibre sportive réveillée
Le simple fait d’accoler le sigle HF Integrale à un SUV électrique suffit à faire frémir les puristes. Pourtant, Lancia promet une Gamma HF Integrale, clin d’œil évident à la mythique Lancia Delta HF Integrale. Les détails techniques restent secrets, mais on peut raisonnablement imaginer une configuration bimoteur dépassant les 400 chevaux, capable d’abattre le 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes.
La question sera ailleurs : comment injecter du caractère dans une base technique partagée avec des modèles beaucoup plus rationnels ? Lancia devra jouer sur le châssis, le calibrage électronique, mais aussi sur l’ambiance intérieure. On sait déjà que le constructeur veut cultiver une approche plus audacieuse que ses cousins français ou allemands, à l’image de la petite table gainée de cuir aperçue dans l’Ypsilon. Luxe feutré, matériaux inattendus, touches de design excentriques : la Gamma devra se distinguer pour justifier un positionnement tarifaire probablement supérieur à celui d’un 3008.
Une pièce maîtresse pour la renaissance
Produite à Melfi en Italie, aux côtés de la future Delta attendue en 2028, la Gamma symbolise la reconquête de Lancia en Europe. La marque vise plusieurs dizaines de milliers d’unités annuelles à moyen terme sur le Vieux Continent, avec un retour progressif sur des marchés clés comme la France et l’Allemagne.
En choisissant le format SUV coupé et une offre multi-énergie complète, Lancia joue la carte de la prudence stratégique. Reste à savoir si l’âme italienne suffira à transcender une base industrielle commune. La Gamma n’a pas seulement pour mission de vendre : elle doit incarner le renouveau d’une marque mythique, et prouver que le raffinement latin peut encore faire vibrer un segment dominé par la rationalité allemande et l’efficacité américaine.
Si elle réussit son pari, la Lancia Gamma pourrait bien devenir l’une des surprises majeures du marché européen en 2026. Sinon, elle ne sera qu’un SUV de plus dans la jungle des 4,70 mètres électrifiés.
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