Alpine présente la plate-forme de la nouvelle A110 électrique

Alpine Performance Platform
Alpine Performance Platform

Alpine n’est plus seulement cette parenthèse enchantée de la sportive légère à moteur thermique que l’on s’arrache entre passionnés. La marque de Dieppe est en train de devenir un petit écosystème à part entière dans l’univers Renault Group, avec une trajectoire de croissance assumée et, surtout, une feuille de route produit qui change d’échelle. Lors de la journée stratégique futuREady du groupe, Alpine a remis une pièce dans la machine : après avoir franchi pour la première fois les 10 000 immatriculations annuelles (10 970 ventes l’an dernier), l’objectif est désormais d’installer la marque dans la durée.

La gamme comptera très prochainement trois modèles, une première, avec les A110 électriques, A290 et A390. Un virage tout électrique, forcément compliqué pour les passionnés de la première heure !

Une gamme qui s’épaissit : d’un modèle-icône à une vraie famille Alpine

Depuis sa renaissance, Alpine a construit sa crédibilité sur un socle clair : légèreté, agilité, sensation. Mais une marque ne vit pas longtemps avec une seule silhouette, même aussi charismatique.

Depuis 2024, Alpine a donc commencé à élargir le terrain de jeu : d’un modèle, la marque est passée à trois véhicules. L’idée n’est pas seulement d’aller chercher du volume, mais d’attirer des profils différents sans diluer l’image. L’A110 c’est le cœur historique, le “driver’s car” par excellence. La petite A290, la porte d’entrée plus compacte et plus accessible, pensée pour conquérir une clientèle nouvelle. Et enfin le nouveau SUV A390 : un format “sport fastback” qui vise un usage plus polyvalent, là où le coupé pur et dur reste un choix passion.

Alpine veut également de la croissance “organique”, avec un réseau qui suit. La marque revendique aujourd’hui 170 points de vente dans 25 pays, et une stratégie d’expérience client structurée autour des Alpine Stores, des Ateliers Alpine (Barcelone depuis 2024, Paris depuis 2025, Milan et Londres attendus en 2026) et du centre expérientiel La Piste Bleue inauguré en 2024.

L’Alpine Performance Platform (APP) : la base technique qui doit sauver l’ADN à l’ère électrique

Le vrai pivot, c’est la nouvelle plateforme Alpine Performance Platform (APP). Alpine la présente comme la réponse à un défi qui hante toutes les marques sportives : comment passer à l’électrique sans perdre ce qui faisait le sel de la conduite ?

L’APP doit servir de base à plusieurs carrosseries dans les prochaines années : coupé, spider, 2+2. Et la promesse est formulée sans trembler : une première vraie voiture de sport électrique Alpine, fidèle à l’ADN de la marque, capable de surpasser les meilleures sportives thermiques actuelles.

Une structure orientée légèreté (le nerf de la guerre)

Alpine annonce une architecture de pointe en aluminium, conçue pour concilier légèreté et modularité. La rigidité serait assurée par des technologies innovantes de collage et de rivetage, un cocktail déjà connu dans le monde des châssis modernes hautes performances : c’est coûteux, mais redoutable quand c’est bien fait.

Le message est important, parce que l’électrique a un défaut structurel : le poids. Si Alpine ne traite pas ce point à la racine, elle perd sa raison d’être. L’APP est donc présentée comme un antidote, ou au minimum comme une tentative sérieuse de limiter la dérive.

Alpine Performance Platform
Alpine Performance Platform

Batteries 800 V et répartition des masses “de vraie sportive”

Alpine insiste sur une cible de répartition 40/60 (avant/arrière), typique d’une voiture pensée pour la motricité et la précision. Pour y arriver tout en préservant une silhouette sportive à la A110, deux packs batteries seront intégrés à l’architecture.

La plateforme adoptera des batteries 800 V de type cell-to-pack à haute densité énergétique, avec l’objectif double de réduire le poids et d’améliorer les temps de recharge. Sur le papier, c’est exactement ce qu’on attend en 2026 : le 400 V “classique” devient progressivement la norme d’accès, le 800 V la signature des modèles performance.

Un essieu arrière électrique “3-en-1” et de l’électronique qui pilote tout

Autre pièce maîtresse : un essieu arrière électrique 3-en-1 à double moteur, avec un contrôle annoncé ultra-rapide grâce à un onduleur SiC (carbure de silicium). C’est le genre de détail qui ne fait pas rêver le grand public, mais qui change tout sur la réponse à l’accélérateur, l’efficience et la répétabilité des performances.

Au centre de l’écosystème, Alpine prévoit un calculateur dédié : Alpine Dynamic Model (ADM ECU), présenté comme le “cerveau” de la plateforme, capable de gérer batterie, moteurs, freinage, direction et même aérodynamique active. On est ici dans une approche moderne : la sportive électrique n’est plus seulement une question de puissance, c’est une question de logiciel et de coordination.

Alpine Performance Platform
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Sensations promises : torque vectoring et position de conduite “F1”

Pour éviter l’écueil de la sportive électrique rapide mais aseptisée, Alpine met en avant deux axes.

D’abord, l’Alpine Active Torque Vectoring (AATV) : le système peut répartir le couple entre les roues droite et gauche toutes les 10 millisecondes. L’objectif ? Retrouver cette sensation de voiture légère, qui pivote, qui s’inscrit, qui “vit” sur son train arrière, sans tomber dans la brutalité artificielle.

Ensuite, une position de conduite inspirée de la Formule 1 : très basse, volant à la verticale, instruments clés à portée. Cela peut sembler anecdotique, mais c’est exactement le genre de choix qui distingue une sportive pensée pour l’implication d’une sportive pensée pour l’image.

Philippe Krief, CEO d’Alpine, résume la trajectoire : devenir la marque française de référence des voitures de sport, en proposant “les meilleures voitures de conducteur de l’ère électrique”, avec une stratégie à la fois robuste et adaptable.

La prochaine A110 restera à Dieppe : un symbole industriel et culturel

L’information qui parlera aux puristes, c’est celle-ci : la prochaine génération d’Alpine A110 sera développée et produite à Dieppe, à la Manufacture Alpine Dieppe Jean Rédélé.

Alpine se prépare à un moment charnière : passer d’une marque passion “mono-produit” à une gamme structurée, tout en négociant le virage électrique sans perdre ce qui rendait l’A110 spéciale. La plateforme APP sera le juge de paix : si elle réussit à concilier poids contenu, agilité, précision et sensations, Alpine pourrait réellement signer une sportive électrique qui ne se contente pas d’être performante… mais qui donne envie de conduire. Les fans, seront-ils prêts à opérer la bascule ?

En revanche, il n’a pas été question d’un second SUV électrique pour seconder l’A390 dans ce plan, ce qui pose question sur la suite. L’arrivée d’autres modèles sera sans doute conditionnée à la réussite commerciale des A390 et A110 électriques…

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A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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