Jeep va ressusciter le Renegade et préparer six SUV pour 2030

Jeep va ressusciter le Renegade et préparer six SUV pour 2030
Jeep va ressusciter le Renegade et préparer six SUV pour 2030

Le Jeep Renegade va revenir. Et ce n’est pas un détail pour une marque qui cherche à reprendre du terrain en Europe, où les petits SUV se vendent bien, mais où la concurrence ne laisse guère de répit aux constructeurs. Présentée au Mondial de l’Auto de Paris par Xavier Peugeot, le patron de Jeep en Europe, la stratégie pour 2030 prévoit jusqu’à six modèles. Avec une promesse : ne pas transformer tous les Jeep en simples SUV électriques conçus pour la ville.

Le Renegade, lui, devra attendre. Son retour est annoncé avant 2030, sans date de lancement plus précise ni première image de cette future génération. On connaît donc l’intention, pas encore la voiture.

Le Renegade n’avait pas fini sa carrière

Depuis son lancement en 2014, le petit Jeep a trouvé plus de 610 000 clients en Europe. Un résultat qui explique pourquoi la marque veut lui donner une seconde vie. Le Renegade avait quelque chose que tous ses rivaux ne proposaient pas : une silhouette carrée, une vraie personnalité et, selon les versions, une transmission intégrale qui ne servait pas uniquement à rassurer sur une fiche technique.

Le marché a changé depuis. Le Renault Captur, le Peugeot 2008 ou le Volkswagen T-Cross se sont installés dans le paysage, tandis que les marques chinoises commencent elles aussi à multiplier les propositions. Revenir avec un Renegade modernisé ne suffira donc pas. Jeep devra trouver le bon prix et choisir les motorisations adaptées, sans diluer ce qui faisait l’intérêt du modèle.

L’électrique semble difficile à éviter. Mais une version hybride pourrait aussi avoir du sens pour ceux qui veulent réduire leur consommation sans dépendre d’une borne de recharge. Jeep n’a encore rien détaillé sur ce point. Impossible, à ce stade, de savoir si le futur Renegade reprendra des solutions techniques déjà utilisées au sein du groupe Stellantis ou s’il reposera sur une architecture différente.

C’est pourtant là que se jouera une bonne partie de son avenir.

Jeep Avenger 2026
Jeep Avenger 2026

Six modèles, mais lesquels exactement ?

Jeep veut couvrir davantage de terrain. La gamme européenne comptera jusqu’à six modèles d’ici 2030, répartis entre les petits SUV, les compacts et les véhicules de catégorie supérieure.

L’Avenger a déjà ouvert la voie. Près de 300 000 exemplaires vendus depuis son lancement : le petit SUV a trouvé sa clientèle, notamment grâce à un format adapté à l’Europe. Il a aussi montré qu’un Jeep pouvait séduire sans afficher les dimensions d’un Wrangler.

La nouvelle Compass doit prendre le relais sur le segment des SUV compacts. Elle évolue sur un terrain autrement plus encombré, où les acheteurs comparent attentivement l’habitabilité, les équipements, les consommations et les prix. Le nom Jeep ne suffit pas toujours à faire la différence.

La marque prépare également son retour dans la catégorie supérieure, avec le Jeep Recon, puis un autre modèle annoncé pour 2028. Les détails restent limités, mais l’objectif est clair : proposer une gamme plus complète plutôt que dépendre de quelques véhicules.

Reste à voir comment ces modèles cohabiteront. Six SUV dans un catalogue, cela peut couvrir davantage de besoins. Cela peut aussi compliquer la lecture de la gamme si les dimensions, les prix et les motorisations finissent par se chevaucher.

Jeep Compass
Jeep Compass

Un Jeep doit-il forcément être électrique ?

C’est l’autre point de cette feuille de route. Jeep veut laisser le choix entre plusieurs technologies, plutôt que basculer toute sa gamme vers une seule solution. La marque annonce également une version à quatre roues motrices pour chacun de ses modèles.

Sur le papier, cette orientation correspond bien à son histoire. Mais le terme 4×4 mérite quelques nuances. Une transmission intégrale électrique, un système hybride à deux essieux moteurs et une mécanique conçue pour évoluer sur des terrains difficiles ne procurent pas nécessairement les mêmes capacités. Tout dépendra de la garde au sol, de la gestion de la motricité et des dispositifs électroniques.

L’Avenger illustre déjà cette différence entre l’image et l’usage. Son allure évoque les autres modèles de la marque, mais toutes ses versions ne sont pas conçues pour affronter les mêmes difficultés qu’un Wrangler. Et c’est assez logique : la plupart des clients roulent sur le bitume, en ville ou sur autoroute.

Jeep devra néanmoins éviter un piège. À force de vouloir proposer un modèle dans chaque catégorie, la marque risque de perdre ce qui la distingue des autres fabricants de SUV. Une calandre reconnaissable et des passages de roues marqués ne remplacent pas des capacités réelles lorsque la route s’arrête.

Après 2030, une idée qui rappelle la Willys

Jeep regarde déjà plus loin. Le constructeur évoque des véhicules très compacts, électrifiés et capables de quitter l’asphalte, inspirés notamment de la Willys, le modèle historique qui a contribué à forger son identité.

L’idée est intéressante, surtout dans des villes où les gros SUV deviennent parfois encombrants. Un petit véhicule électrique, facile à stationner et suffisamment robuste pour sortir des routes aménagées, pourrait trouver sa place. À condition de ne pas devenir un objet de style vendu au prix fort.

Le constructeur a déjà plusieurs chantiers devant lui. L’Avenger doit poursuivre sa carrière, la Compass défendre sa place et le Renegade revenir avant la fin de la décennie. Le futur modèle prévu pour 2028 doit aussi trouver son public.

Jeep veut couvrir près de 90 % du marché européen des SUV d’ici 2030. L’objectif est ambitieux, mais il ne dit pas combien de voitures seront réellement vendues. Le retour du Renegade sera plus parlant que les grandes déclarations : c’est en découvrant son prix, ses moteurs et ses capacités que l’on saura si Jeep a trouvé la bonne formule.

A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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