
Il y a des noms que l’on prononce avec un certain respect. LFA fait partie de ceux-là. Mais cette fois, Lexus a choisi la rupture la plus totale : la nouvelle LFA n’a plus rien d’un coupé V10 hurlant. Elle est électrique, encore à l’état de concept, et elle semble surtout vouloir écrire une toute nouvelle page de l’histoire sportive de la marque.
Ce choix peut déstabiliser les puristes. Il faut dire que la LFA originelle s’est hissée au rang d’icône grâce à une recette rare : un V10 atmosphérique réglé comme un instrument de musique par Yamaha, un châssis en carbone, un poids contenu et une capacité à tourner à plus de 9 000 tr/min avec une facilité presque insolente. Autrement dit, l’exact opposé de ce que prépare Lexus aujourd’hui. Mais si le contexte technologique et réglementaire a changé, l’ambition, elle, semble intacte.
Un concept qui change de peau… et de philosophie
La première apparition de ce coupé remonte à Monterey, puis au Japan Mobility Show, où l’on avait découvert son intérieur futuriste. Mais à l’époque, il ne portait pas encore le nom LFA. Aujourd’hui, Lexus l’assume pleinement, comme si ce baptême donnait d’un coup un cadre plus clair : cette voiture aura la mission de tenir le rôle de vaisseau amiral sportif, même si sa mécanique n’a plus rien de thermique.
Sous la carrosserie effilée se cache une plateforme entièrement en aluminium, un choix surprenant pour une voiture censée incarner le sommet technologique de Lexus. L’ancienne LFA misait sur une monocoque carbone extrêmement coûteuse, presque artisanale. Ici, on retrouve la même base structurelle que la récente Toyota GR GT, la nouvelle supercar thermique de la maison mère. Un choix rationnel, mais qui interroge : si la GR GT thermique pèse déjà environ 1 750 kg, que restera-t-il de la légèreté une fois les batteries ajoutées ?
Le passage à l’électrique s’annonce donc radical. Pas de chiffres officiels pour le moment, mais les lois de la physique sont têtues : une batterie de forte capacité alourdira forcément la voiture. Lexus devra compenser en jouant sur le placement des masses, l’aérodynamique et le travail sur les sensations, un domaine sur lequel la marque semble déjà très occupée.

Une vitrine technologique pour les batteries solides
Si Lexus mise sur l’électrique pour sa future supercar, ce n’est pas uniquement pour respecter les tendances du marché. Le concept semble servir de laboratoire roulant pour l’une des technologies les plus attendues de la décennie : les batteries solides.
Toyota assure être très proche de la production en série, avec une commercialisation possible dès 2028. Leur avantage est considérable : densité énergétique supérieure, températures mieux gérées, meilleure stabilité en cas de choc, poids potentiellement réduit et recharge plus rapide. Dans une supercar, cela pourrait se traduire par un mix inédit : puissance instantanée, poids contenu et autonomie décente.
On peut imaginer que Lexus utilise la LFA Concept comme une vitrine technologique, destinée à prouver que les futures sportives électriques peuvent éviter les dérives de masse tout en restant excitantes. Une façon aussi de rassurer ceux qui pensent que l’électrique sonnera la fin du plaisir mécanique.

Recréer des sensations mécaniques… sans moteur
L’un des plus grands défis de ce nouveau chapitre est clair : comment faire vibrer les passionnés sans la signature sonore d’un V10 atmosphérique ? Lexus semble avoir déjà une réponse, ou du moins un début. Le constructeur travaille sur des simulations sonores très poussées, du même niveau que ce qu’a fait Dodge pour son Charger Daytona électrique, mais avec une ambition plus fine : reproduire de véritables montées en régime, accompagnées de transitions simulées.
Des « faux » passages de rapports pourraient faire leur apparition, gérés par des impulsions dans la transmission électrique. Mieux encore : Lexus évoque la possibilité de recréer le timbre légendaire de la LFA d’origine… mais diffusé par un système Yamaha, non plus en tant que préparateur moteur, mais comme fabricant d’enceintes. Le clin d’œil est séduisant, même s’il faudra voir si l’illusion fonctionne en conditions réelles.

Un intérieur tourné vers le conducteur
Le concept a livré quelques secrets supplémentaires lors du salon japonais : Lexus prépare une nouvelle philosophie d’interface numérique. Écrans orientés vers le pilote, affichage en trois zones, séparation visuelle entre conducteur et passager, ambiance personnalisable… la marque veut renforcer le rôle central du conducteur, un discours que l’on n’entend plus si souvent à l’heure des véhicules autonomes.
On retrouve l’idée développée sur la LC, où l’habitacle s’enroule autour du conducteur. Mais ici, Lexus pousse le concept plus loin, comme pour rappeler que même électrique, une supercar reste avant tout une machine à sensations.
Conclusion : un pari risqué, mais courageux
Le retour de la LFA en électrique est un geste audacieux, voire téméraire. Les puristes y verront peut-être une trahison. Mais en observant la stratégie globale de Lexus et Toyota, on devine plutôt un mouvement de transition : utiliser un nom iconique pour attirer l’attention sur une technologie de rupture. Si la version de production parvient à allier performance, sensations et allègement, la future LFA pourrait devenir le symbole d’une nouvelle ère sportive.
D’ici là, le concept reste une promesse, un manifeste plus qu’une voiture. Mais son rôle est clair : montrer que Lexus n’a pas renoncé à émouvoir.

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