
Quinze ans après la Gallardo LP 550-2, Lamborghini ressort le nom Tricolore. Cette fois, c’est la Temerario qui s’y colle, avec une interprétation beaucoup plus moderne du fameux drapeau italien.
Présentée à Monterey Car Week, la Temerario Tricolore n’est pas une nouvelle version mécanique. C’est une configuration unique réalisée par Lamborghini Centro Stile dans le cadre du programme Ad Personam. Autrement dit, Lamborghini travaille surtout l’apparence et les détails, pas les 920 ch déjà disponibles sous le capot. Et franchement, elle n’en avait pas forcément besoin.
Trois couleurs, mais pas juste un drapeau posé sur le capot
La carrosserie mélange plusieurs teintes assez radicales. Le bas est en Blu Marinus, la partie supérieure en Bianco Monocerus et tout ce qui concerne le toit, les montants et les rétroviseurs passe en Nero Noctis.
Les jantes noires et les étriers rouges terminent le travail.
Le détail qui saute aux yeux reste évidemment cette bande verte, blanche et rouge qui traverse le capot. Elle reprend les couleurs du drapeau italien et se termine avec le logo Lamborghini noir et doré.
L’habitacle suit la même logique, mais de façon moins voyante. Sellerie Nero Ade, surpiqûres rouges et inscription Temerario Tricolore brodée sur les sièges.
C’est une Lamborghini destinée à être vue. Rien de très surprenant.

Le plus intéressant est pourtant caché derrière les couleurs
Sous cette carrosserie, on retrouve exactement la mécanique de la Temerario classique.
Le V8 4.0 biturbo développe 800 ch à lui seul et peut grimper jusqu’à 9 750 tr/min. Trois moteurs électriques complètent l’ensemble pour atteindre 920 ch. Le couple du moteur thermique atteint 730 Nm.
La transmission utilise une boîte double embrayage à huit rapports et un moteur électrique est installé sur chaque côté de l’essieu avant, tandis qu’un troisième intervient à l’arrière.
Le résultat est assez violent : 2,7 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et 343 km/h en pointe.
Mais le chiffre le plus intéressant n’est peut-être pas celui de la puissance. Le V8 monte à 10 000 tr/min.
Pour un moteur moderne biturbo électrifié, c’est plutôt inhabituel. Lamborghini a notamment retenu un vilebrequin à plan plat et une architecture développée spécifiquement pour cette voiture. L’objectif est de conserver une montée en régime et une sonorité qui rappellent davantage les anciennes Lamborghini atmosphériques. C’est là que la Temerario se distingue vraiment de la Gallardo qu’elle a remplacée.

La Gallardo Tricolore avait deux cylindres de plus
En 2011, la Gallardo LP 550-2 Tricolore reposait encore sur un V10 atmosphérique de 5,2 litres. Elle développait 550 ch et envoyait toute sa puissance aux roues arrière.
La Temerario Tricolore affiche 370 ch supplémentaires, avec un moteur deux cylindres plus petit et une architecture hybride beaucoup plus complexe.
Le contraste est assez énorme. La Temerario pèse aussi les conséquences de cette nouvelle époque : batterie, moteurs électriques et électronique de puissance font désormais partie intégrante de l’équation. Pourtant, Lamborghini annonce une masse à sec de 1 690 kg et un rapport poids/puissance de seulement 1,84 kg par cheval.
La marque a donc essayé de ne pas transformer l’électrification en simple course aux chiffres. Le châssis est entièrement en aluminium et sa rigidité torsionnelle progresse de plus de 20 % par rapport à celui de la Huracán.
Le nom Tricolore revient donc au moment où Lamborghini tourne justement une page importante de son histoire.
La Gallardo célébrait l’Italie avec un V10 atmosphérique et une propulsion. La Temerario le fait avec un V8 biturbo, trois moteurs électriques et 920 ch. Quinze ans ont passé. Le drapeau, lui, est toujours là.











