
Le plan paraît presque évident une fois posé sur la table. Volvo a des usines, mais pas assez de voitures à y fabriquer. Geely possède plusieurs marques qui veulent progresser en Europe. Alors pourquoi ne pas faire produire les unes chez l’autre ?
C’est justement ce que le groupe chinois prépare pour 2028. Les détails restent encore flous. On ne sait pas quelles voitures seront concernées, ni combien sortiront des chaînes Volvo. Mais l’idée est déjà suffisamment avancée pour que le site de Gand, en Belgique, soit cité comme candidat sérieux. Et franchement, le timing n’est pas mauvais.
Volvo a de la place
Volvo avait vu grand. En Europe, le constructeur dispose de l’usine de Göteborg, capable de produire environ 300 000 voitures par an, et de celle de Gand, avec une capacité équivalente. Il faut ajouter le nouveau site de Košice, en Slovaquie, dont la mise en service a été repoussée au début de 2027 et qui doit pouvoir atteindre 250 000 véhicules par an.
Sur le papier, cela représente donc énormément de capacité. Sauf que les ventes ne suivent plus les ambitions affichées il y a quelques années.
Volvo a écoulé 710 042 voitures dans le monde en 2025, soit 7 % de moins qu’un an auparavant. En Europe, la baisse a atteint 10 %, avec 332 667 véhicules vendus. Il y a donc forcément des machines qui pourraient produire davantage. Geely compte bien s’en servir.

Gand semble le choix le plus logique
Le site belge paraît particulièrement bien placé pour accueillir cette nouvelle activité. Il pourrait passer d’une usine Volvo classique à une sorte de site multi-marques capable de produire aussi des voitures appartenant aux autres entités du groupe.
Göteborg reste une possibilité. Košice, beaucoup moins. Le site slovaque a été conçu autour des futures architectures électriques de Volvo, ce qui complique son utilisation pour les modèles Geely actuels.
Gand, en revanche, pourrait accueillir des voitures reposant sur des technologies déjà proches de celles utilisées dans le groupe. Cela évite de repartir de zéro. Et c’est justement tout l’intérêt de l’opération.
Une Geely fabriquée en Belgique, ce n’est pas juste une question d’étiquette
Le problème pour les constructeurs chinois qui veulent vendre en Europe est désormais bien connu : importer une voiture depuis la Chine coûte plus cher lorsque les droits de douane s’en mêlent.
Produire localement permet de changer complètement l’équation. Geely ne cherche donc pas seulement à occuper une usine Volvo à moitié vide. Le groupe prépare une manière différente de vendre ses voitures en Europe. C’est d’ailleurs déjà ce qui se profile en Espagne.
Geely doit également utiliser l’usine Ford de Valence à partir de 2028 pour produire certains de ses modèles. Le groupe aura donc plusieurs points de production européens sans avoir eu besoin de construire lui-même deux nouvelles usines. C’est plutôt bien joué.
Et Volvo dans tout ça ?
C’est peut-être le point le plus intéressant.
Depuis son rachat à Ford en 2010, Volvo est devenue l’une des pièces du vaste puzzle Geely. À côté, on retrouve aujourd’hui Geely, Zeekr, Lynk & Co, Polestar, Lotus et plusieurs autres activités.
Les technologies circulent déjà entre ces marques. Les plateformes aussi. Faire sortir une voiture Geely d’une usine Volvo n’a donc rien d’extraordinaire industriellement. Ce qui change, c’est ce que le client va voir sur la voiture.
Une Geely fabriquée à Gand restera une Geely. Mais elle sera produite en Europe, avec une chaîne industrielle européenne et potentiellement une logistique beaucoup plus simple.
Il faudra maintenant attendre 2028 pour voir quelles voitures vont réellement sortir des usines Volvo.






