
Nissan avait encore une place à prendre entre le Juke et le Qashqai. Le Kicks va justement s’y installer.
Le constructeur japonais vient d’annoncer l’arrivée en Europe de ce crossover compact, avec un choix qui mérite d’être relevé : pas de moteur thermique classique et pas de version électrique annoncée pour son lancement. Le Kicks européen adoptera le système hybride e-POWER de troisième génération.
Et surtout, il sera fabriqué à Sunderland. Nissan va consacrer 170 millions de livres sterling à l’arrivée du modèle sur les chaînes britanniques. Le choix n’est pas anodin puisque l’usine fête cette année ses 40 ans et vient de dépasser le cap symbolique des 12 millions de véhicules produits depuis 1986.
Le Kicks change de statut en arrivant chez nous
Le Kicks n’est pas vraiment un nouveau venu. La deuxième génération est déjà produite au Japon, au Mexique et au Brésil et Nissan en a écoulé plus de 1,8 million dans le monde sur plus de 70 marchés.
L’Europe était simplement absente de l’équation. Le modèle va donc devoir se faire une place dans une gamme Nissan déjà assez chargée. Le Juke occupe le terrain du petit crossover avec une personnalité très marquée, tandis que le Qashqai joue quelques centimètres plus haut et vise davantage la famille.
Le Kicks devrait se glisser entre les deux, voire remplacer les clients du Juke, étant donné que le prochain modèle est exclusivement électrique !
C’est probablement son positionnement qui sera le plus intéressant à observer. Le segment B européen est devenu particulièrement encombré, avec des modèles comme le Renault Captur, le Peugeot 2008, le Toyota Yaris Cross ou encore le Volkswagen T-Roc qui viennent se disputer les mêmes clients. Nissan ne débarque donc pas sur un terrain vierge.
La réponse de la marque passe beaucoup par la mécanique.
Un hybride qui se conduit presque comme une électrique
L’e-POWER reste assez particulier dans le paysage automobile. Sur le Kicks, le moteur essence ne fait pas tourner directement les roues. Il produit de l’électricité. C’est le moteur électrique qui entraîne le véhicule.
Le conducteur retrouve une réponse immédiate à l’accélérateur et une sensation de poussée continue assez proche de celle d’une voiture électrique. Il n’a pourtant pas besoin de brancher le véhicule pour récupérer de l’énergie.
Nissan joue donc sur une sorte d’entre-deux : les sensations de l’électrique, avec les contraintes de recharge en moins. Le principe n’est pas nouveau. Le Qashqai e-POWER l’utilise déjà en Europe et Sunderland connaît donc cette technologie. Plus de 200 000 Qashqai e-POWER ont déjà été produits au Royaume-Uni.
Nissan utilise sur le Kicks la troisième génération de son système e-POWER, introduite en 2025.
Le constructeur a notamment regroupé plusieurs composants électriques au sein d’un ensemble plus compact, avec le moteur électrique, le générateur, l’onduleur, le réducteur et le multiplicateur réunis dans une même logique d’intégration.
Le moteur essence est lui aussi spécifique à cette utilisation. Son rôle étant essentiellement de produire de l’électricité, Nissan peut davantage l’optimiser pour cette fonction.
La marque annonce notamment un rendement thermique pouvant atteindre 42 %.

Nissan Kicks
Sunderland récupère un modèle supplémentaire
Pour Nissan, l’annonce dépasse largement le lancement d’un nouveau crossover.
Sunderland produit des voitures depuis 1986. La première fut la Bluebird. Depuis, les chaînes ont vu passer la Primera, la Micra, l’Almera, la Note, le Juke, le Qashqai ou encore la LEAF.
Le Kicks sera le dixième modèle à y être fabriqué.
Le site emploie environ 6 000 personnes et Nissan estime que 30 000 emplois supplémentaires dépendent de son activité dans la chaîne d’approvisionnement.
Le constructeur britannique va surtout devoir continuer à faire évoluer cette usine alors que la gamme produite sur place change rapidement.
Le Qashqai existe déjà en hybride e-POWER. La LEAF est électrique. Le Kicks sera hybride. Puis le prochain Juke arrivera à son tour, avec une particularité nettement plus importante : il sera entièrement électrique et sa production doit commencer en 2027.
Le visage de Sunderland est donc en train de changer, modèle après modèle.

Nissan ne mise pas encore tout sur le 100 % électrique
C’est peut-être l’élément le plus intéressant de cette annonce : Nissan prépare simultanément plusieurs réponses.
Le PIXO, une future petite électrique du segment A, doit être présenté la semaine prochaine. Le Juke va devenir électrique. La LEAF est déjà passée à cette technologie. Et le Kicks conserve une mécanique hybride e-POWER.
La stratégie paraît donc moins radicale qu’un basculement immédiat vers le tout électrique.
Nissan dispose déjà d’une certaine expérience avec l’e-POWER : plus de 1,9 million de véhicules équipés de cette technologie ont été vendus depuis son lancement en 2016. Reste le sujet qui intéressera directement les acheteurs français : combien coûtera ce Kicks ?
Pour l’instant, Nissan ne donne ni tarif européen ni gamme française détaillée. Impossible donc de savoir s’il viendra chercher directement les Captur, Yaris Cross et autres 2008 hybrides ou s’il tentera de se placer un peu différemment.
Son arrivée est néanmoins loin d’être anodine. Nissan ne se contente pas d’importer un modèle mondial en Europe : la marque va désormais le fabriquer sur le continent, avec une motorisation spécialement adaptée à son offensive d’électrification.
Et à Sunderland, les chaînes vont continuer à produire des voitures qui n’ont plus grand-chose à voir avec la Bluebird sortie de l’usine il y a 40 ans.





