
Le Mercedes VLE arrive en France avec une ambition assez claire : ne plus être considéré comme un simple grand monospace électrique. Avec son tarif de 82 344 € TTC en VLE 300, ses 115 kWh de batterie et une autonomie annoncée à plus de 700 km, Mercedes veut installer son nouveau modèle dans une catégorie où les repères habituels commencent à bouger.
Il coûte déjà plus de 80 000 euros, mesure plus de 5,30 mètres et peut transporter jusqu’à huit personnes. Pourtant, Mercedes ne veut surtout pas que son nouveau VLE soit regardé comme un simple dérivé de la Classe V.
Le nouveau Mercedes VLE 100 % électrique est désormais disponible à la commande en France depuis le 8 septembre, avec un prix d’entrée fixé à 82 344 € TTC clés en main pour le VLE 300. Les premières livraisons sont attendues vers la fin de l’année. Le modèle sera également exposé sur le stand Mercedes-Benz au prochain Mondial de l’Automobile.
Un très grand Mercedes qui cherche une autre clientèle
C’est probablement là que le VLE devient intéressant. Mercedes ne parle pas vraiment d’un nouveau van, mais d’une « Grand Limousine ». Le terme peut sembler un peu marketing, sauf que la recette change effectivement par rapport à un utilitaire aménagé pour transporter des passagers.
Le VLE mélange trois univers : celui du monospace pour l’espace et la modularité, celui de la limousine pour le confort et celui de la voiture électrique moderne pour la technologie. Avec une longueur de 5,309 mètres dans sa première configuration, il est déjà imposant. Une version longue de 5,484 mètres arrivera en 2027.
Face à lui, un Volkswagen ID. Buzz paraît presque plus raisonnable par ses dimensions et son positionnement. Le Lexus LM joue davantage la carte du transport VIP, mais avec une motorisation hybride. Mercedes tente quelque chose d’assez différent : faire du VLE une voiture familiale très haut de gamme tout en conservant une véritable vocation de navette premium.
Les hôtels, sociétés de transport avec chauffeur et entreprises disposent donc d’un candidat évident. Mais Mercedes vise aussi les familles aisées et les dirigeants qui pourraient intégrer le VLE dans une car policy.
Et cela explique une partie de la débauche d’équipements.

700 km avec huit personnes à bord, c’est surtout une question d’usage
Le VLE 300 électrique développe 203 kW, soit 276 ch, et reçoit une batterie NMC de 115 kWh utiles. Mercedes annonce plus de 700 km d’autonomie WLTP dans certaines configurations. La marque avait notamment communiqué jusqu’à 713 km pour une configuration particulièrement efficiente du VLE 300.
Sur le papier, c’est considérable pour un véhicule de cette taille.
La consommation annoncée en France se situe entre 18,4 et 20,7 kWh/100 km selon la configuration. Ce chiffre sera évidemment beaucoup plus difficile à reproduire sur autoroute à pleine charge, mais il montre surtout le travail réalisé sur l’aérodynamique. Le VLE revendique un Cx de 0,25, ce qui est loin d’être anodin pour un véhicule dépassant les cinq mètres.
Mercedes a aussi choisi une architecture 800 volts capable d’accepter plus de 300 kW. Résultat : jusqu’à 355 km d’autonomie WLTP peuvent être récupérés en seulement 15 minutes dans les conditions prévues par le protocole de mesure.
C’est probablement plus important que le chiffre des 700 km lui-même. Pour une navette qui enchaîne les kilomètres ou pour une famille qui traverse la France, la capacité à repartir rapidement peut changer beaucoup de choses.
La gamme va d’ailleurs rapidement s’élargir. Le VLE 400 4MATIC électrique de 310 kW, soit 422 ch, vient compléter l’offre avec un deuxième moteur électrique à l’arrière. Il revendique 0 à 100 km/h en 6,5 secondes et jusqu’à 654 km WLTP.

Le plus surprenant est peut-être sa façon de tourner
Mercedes a visiblement passé pas mal de temps à s’occuper d’un problème très concret : faire manœuvrer un véhicule de 5,30 mètres dans une ville qui n’a pas été dessinée pour lui.
Les roues arrière directrices peuvent pivoter jusqu’à sept degrés. Le rayon de braquage tombe ainsi à 10,9 mètres.
Entre un parking souterrain, une rue étroite ou une place de stationnement un peu optimiste, cette technologie peut faire la différence. Mercedes revendique même un rayon comparable à celui d’une CLA. Le VLE conserve donc cette volonté assez particulière de se conduire comme une voiture malgré son gabarit.
La suspension pneumatique AIRMATIC participe au même objectif. La hauteur de caisse peut varier automatiquement, notamment pour améliorer l’aérodynamique à vitesse élevée, mais aussi être relevée ou abaissée selon les besoins.
C’est une vieille recette Mercedes, mais appliquée ici à un véhicule qui pourrait transporter huit adultes.

Derrière, le VLE devient presque une pièce à vivre
C’est évidemment dans l’habitacle que Mercedes cherche à justifier son appellation de Grand Limousine.
Entre cinq et huit places peuvent être installées selon les configurations. Les sièges manuels utilisent le système Roll & Go avec des roulettes intégrées. Ils peuvent être déplacés, retirés et littéralement roulés jusqu’au garage.
Les versions électriques vont encore plus loin : certains sièges peuvent être déplacés à distance depuis l’écran central ou l’application Mercedes-Benz. Le constructeur parle de « ballet des sièges ». L’expression est un peu spectaculaire, mais l’idée est plutôt maligne : créer rapidement davantage de place pour les bagages ou, à l’inverse, privilégier l’espace aux jambes des passagers.
Le coffre peut atteindre près de 800 litres avec trois rangées. Une fois les sièges manuels retirés, Mercedes annonce jusqu’à 4 078 litres.
C’est là que le VLE conserve quelque chose que les grandes berlines électriques ne peuvent tout simplement pas offrir.

Mercedes transforme aussi le VLE en salon numérique
Le constructeur n’a pas lésiné sur l’équipement technologique. Le MBUX Superscreen peut réunir trois écrans à l’avant, tandis que les passagers arrière peuvent disposer d’un immense écran panoramique escamotable de 31,3 pouces avec résolution 8K.
Streaming, jeux vidéo, visioconférences : le VLE peut quasiment se transformer en salon roulant. Le système audio Burmester 3D peut même compter 22 haut-parleurs avec Dolby Atmos.
Tout cela fonctionne autour de MB.OS, le nouveau système d’exploitation de Mercedes qui doit permettre de faire évoluer les fonctions du véhicule par des mises à jour à distance. Le VLE a aussi été conçu pour accueillir les dernières fonctions d’assistance à la conduite MB.DRIVE.
Et Mercedes va encore plus loin avec une architecture électronique capable de traiter une quantité importante de données issues des caméras, radars et capteurs du véhicule.
Le risque, évidemment, est de finir avec un VLE dont une partie de la facture dépend davantage des options que de l’essentiel. Entre les quatre lignes d’équipement, les packs Advanced et Premium, les différentes consoles centrales, les sièges et les équipements numériques, la configuration peut rapidement changer de dimension.
À 82 344 € au départ, le VLE n’est donc pas vraiment une voiture « abordable ». Il faudra regarder ce que contient précisément cette version avant de comparer les prix avec ceux d’une Classe V ou d’un EQV. Avec son architecture électrique 800 volts, son autonomie dépassant les 700 km, ses roues arrière directrices et son habitacle capable de passer de huit places à un immense espace de chargement, le VLE cherche moins à remplacer un modèle existant qu’à imposer une nouvelle façon de concevoir le grand véhicule familial ou professionnel.
Et avec la version longue prévue pour 2027, Mercedes n’a visiblement pas encore terminé de pousser le curseur.






