
Un million. Pour une voiture qui n’a jamais cherché à jouer les stars, le chiffre a quelque chose d’assez ironique. Dacia vient pourtant de franchir ce cap en France avec la Sandero et la Sandero Stepway, toutes générations et tous canaux de vente confondus depuis 2008.
La millionième voiture a été remise à Isabelle Zanelli, à Blois. Et ce n’est pas n’importe quelle cliente : elle avait déjà acheté les deux générations précédentes de Sandero dans la même concession. Sa nouvelle voiture est une Sandero Eco-G 120 avec boîte automatique. Finalement, cette anecdote résume assez bien le parcours du modèle.
Une voiture qui n’a jamais eu besoin d’en faire trop
Quand la première Sandero arrive en France en 2008, Dacia n’a pas encore l’image qu’on lui connaît aujourd’hui. Le constructeur roumain appartient déjà au groupe Renault, mais sa proposition reste largement associée à une automobile neuve débarrassée du superflu. La Sandero pousse cette logique assez loin.
Une voiture neuve, suffisamment grande pour une famille, proposée à un tarif de petite citadine. Pas de technologie spectaculaire, pas de présentation luxueuse. L’idée est presque inverse de celle suivie par une partie de l’industrie automobile : répondre d’abord à ce dont les clients ont réellement besoin.
La Sandero Stepway arrive en 2009 et ajoute une dose de style crossover à la recette. Avec le recul, c’était plutôt bien vu. Le marché allait progressivement se passionner pour les modèles surélevés, mais Dacia n’avait pas besoin de transformer sa petite voiture en SUV compliqué pour en profiter.
La Sandero reste aujourd’hui l’une des voitures neuves les moins chères du marché français, avec une gamme qui débute officiellement à 13 290 € selon le tarif actuellement affiché par Dacia.

Le million raconte surtout une évolution
La première génération représente 170 261 exemplaires vendus en France. La deuxième monte à 448 852 unités. La troisième, lancée en 2021, avait déjà atteint 383 283 ventes à fin juin 2026.
Les chiffres montrent quelque chose d’assez intéressant : la Sandero n’a pas seulement résisté au fil des années. Elle a accéléré, d’ailleurs elle est actuellement la deuxième voiture la plus vendue en France depuis le début de l’année, juste derrière la Peugeot 208.
La deuxième génération est celle qui installe réellement le modèle dans le paysage français. En 2017, Sandero devient numéro 1 des ventes aux particuliers en France et ne quitte plus cette position depuis, selon Dacia et les données AAA Data communiquées par la marque.
Le phénomène dépasse même les frontières françaises. Sandero est annoncée comme numéro 1 des ventes à particuliers en Europe depuis 2017 et première voiture particulière vendue en Europe tous canaux confondus en 2025 pour la deuxième année consécutive.
La troisième génération apporte un design plus travaillé, une qualité perçue en hausse et davantage d’équipements. La finition Extreme, apparue en 2023, joue même ouvertement sur l’univers outdoor avec ses éléments spécifiques.
On peut trouver ça très éloigné de l’esprit originel de Dacia. Pourtant, c’est probablement précisément ce qui permet à la Sandero de rester populaire.
Le GPL a changé la donne
Il y a aussi un détail que les concurrents ont longtemps laissé de côté : le GPL.
Dacia a introduit la bicarburation essence-GPL sur Sandero dès 2010. Le choix pouvait sembler un peu daté à l’heure où l’industrie automobile se focalisait sur les hybrides et les électriques. Il s’est finalement révélé particulièrement pertinent pour une clientèle qui cherche surtout à réduire son budget automobile.
Aujourd’hui, la Sandero peut recevoir l’Eco-G 120, un moteur de 120 ch fonctionnant à l’essence et au GPL. Dacia annonce jusqu’à 80 % d’autonomie supplémentaire par rapport à une voiture thermique classique grâce aux deux réservoirs.
Le constructeur revendique désormais plus de 300 000 véhicules GPL vendus en France et plus d’un million dans le monde.
Et cela permet surtout à Dacia de conserver une proposition différente au moment où beaucoup de constructeurs abandonnent progressivement les petites motorisations thermiques abordables.
Et maintenant, l’hybride arrive à son tour
C’est peut-être le changement le plus important de cette quatrième phase de la Sandero.
Depuis juillet 2026, elle existe avec le hybrid 155. Une mécanique essence-électrique de 155 ch associée à une transmission automatique. Dacia présente cette version comme l’hybride le moins cher du marché.
Le tarif démarre actuellement à 19 900 € pour la Sandero hybrid 155. La Sandero Stepway hybrid 155 commence, elle, à 21 400 €.
La technologie n’est plus celle de la petite voiture low-cost des débuts. Le système associe un moteur thermique de 1,8 litre et deux moteurs électriques. Dacia annonce jusqu’à 40 % de réduction de consommation en usage urbain par rapport à un moteur thermique équivalent et jusqu’à 80 % du temps passé en électrique en ville selon ses essais internes.
Le client Sandero ne veut pas forcément une voiture électrique. Il veut surtout une voiture qui ne lui coûte pas trop cher à utiliser. Le GPL répond à cette logique. L’hybride vient maintenant s’y ajouter, avec l’avantage de la boîte automatique.
Et même l’Eco-G évolue : le 120 ch peut désormais être associé à une boîte automatique, une première pour Dacia et pour le marché européen selon la marque.
Le vrai luxe de la Sandero, c’est peut-être sa décote
Une autre donnée mérite davantage d’attention que les records de ventes. Dacia met en avant une valeur résiduelle supérieure à 60 % après trois ans. Cela explique une partie de l’intérêt économique du modèle : acheter une voiture peu chère est une chose, perdre une grosse partie de sa valeur dès qu’elle sort de la concession en est une autre.
La Sandero semble avoir trouvé un équilibre assez rare entre prix neuf et demande sur le marché de l’occasion. Pour un particulier qui calcule son budget automobile sur plusieurs années, c’est précisément ce genre de détail qui compte.
La fidélité revendiquée par Dacia est d’ailleurs étonnamment élevée, avec un taux de 73 % communiqué par la marque. La millionième Sandero française est elle-même l’illustration parfaite du phénomène : sa propriétaire en est à sa troisième génération.
Des ventes Dacia en baisse
Toutefois cette communication tombe au moment où Dacia baisse de 10 % sur le marché français cette année. Les chiffres de la Sandero restent encore très hauts, mais la marque se fait attaquer et semble perdre une partie de sa clientèle. Dacia a donc intérêt à être très vigilant pour la suite….






