L’échec des voitures haut de gamme françaises

Peugeot 607

On ne peut que constater avec désolation l’échec des voitures haut de gamme à la française. Peugeot a ainsi arrêté sa 607 sans lui donner de remplaçante, Renault a suivi la même voie avec sa Vel Satis, et Citroën se retrouve dans la même impasse avec l’arrêt de production de la grande C6 ce mois-ci.

Chacun des trois constructeurs tricolores a justifié sa décision par des motivations différentes. Chez Peugeot, la 508 est largement plus habitable qu’une 407 et a pu récupérer des clients de 607. Mais la Peugeot 508 a été privée du très bon moteur V6 HDI de 240 ch, alors que la 607 était commercialisée avec un V6 HDI en son temps.

Pour Peugeot, la présence d’une version GT de plus de 200 ch et l’arrivée d’une version hybride ne permettaient pas d’avoir une offre supplémentaire d’une telle puissance. Pour les concessionnaires, cela aurait été trop compliqué à gérer, notamment pour la maintenance et la gestion des pièces. Voilà pourquoi aujourd’hui plus aucune Peugeot n’est proposée en 6 cylindres ! En cette période de réduction des émissions de Co2 et de traque aux voitures polluantes, cette politique est évidemment défendable. Mais l’acheteur qui a les moyens reste heureux de pouvoir profiter du velouté d’un V6…

Chez Renault, l’offre en haut de gamme avait atteint son pic culminant avec une gamme étonnante au début du nouveau millénaire. La clientèle pouvait en effet s’offrir au choix une Vel Satis, un Espace ou un Avantime ! Ce coupé-monospace n’aura été produit que deux années, de 2001 à 2003 avec un peu plus de 8000 exemplaires assemblés.

En succédant à la Safrane en 2002, la Vel Satis arrivait avec de nombreuses qualités, mais un physique assez ingrat. Renault a jeté l’éponge au bout de sept années, sans lui donner de remplaçante. Car la Latitude importée de Corée du Sud depuis 2010 n’est pas présentée comme la vraie suite de la Vel Satis : il s’agit d’une Samsung Sm5 de troisième génération rebadgée pour l’occasion.

Et enfin chez Citroën, la C6 lancée en 2005 est arrêtée au bout de sept années et d’une carrière commerciale très mitigée. Encore présente quelques semaines au configurateur Citroën, la belle s’affiche au tarif de 57450 euros en version Exclusive V6 HDI 240. Utilisée notamment par le président Chirac et produite à seulement 20.000 exemplaires, la Citroën C6 devrait faire le bonheur de collectionneurs dans une vingtaine d’années.

Bouffée d’espoir dans ce cimetière automobile français : Citroën nous promet une vraie voiture haut de gamme pour 2015, qui pourrait s’appeler DS9. Cette grande berline sera avant tout destinée au marché chinois mais sera bien évidemment commercialisée chez nous. En espérant que d’ici là, PSA retrouve la santé financière et ne repousse pas ce projet aux calendes grecques…

Citroën Numéro 9

Citroën Numéro 9

Renault Latitude

Renault Latitude

Citroën C6 Noir et Blanc

Citroën C6 Noir et Blanc

5 réflexions au sujet de « L’échec des voitures haut de gamme françaises »


  1. le réseau est très loin d’être à la hauteur ! peugeot nanterre, après 35 minutes d’attente pour prendre un rendez vous pour une révision, je suis allé voir ailleurs !


  2. le réseau est très loin d’être à la hauteur ! peugeot nanterre, après 35 minutes d’attente pour prendre un rendez vous pour une révision de 607, je suis allé voir ailleurs !


  3. Parmi les nombreux points négatifs, on peut noter un déficit d’image, une qualité perçue en retrait des références du marché, et une palette de motorisations manquant de peps. Ça fait trop de handicaps pour pouvoir exister sur ce type de segment.


  4. Que les médias spécialisés arrêtent de faire l’apologie d’Audi et ça ira peut-être mieux pour les marques françaises !!!


  5. Audi, haut de gamme ? Pas pour moi en tout cas. Si je cherche du luxe, de l’élégance et de la puissance, c’est BMW, Mercedes ou Infiniti, rien d’autre !

Les commentaires sont fermés.