
Chez BMW, l’électricité avance désormais à marche forcée, quitte à faire un peu de ménage au passage. Et dans ce grand tri annoncé par la Neue Klasse, une victime inattendue se profile : la i4. Une sortie par la petite porte pour une berline qui, sans jamais faire de bruit, avait pourtant réussi à s’imposer comme l’une des propositions les plus cohérentes du marché.
Cinq ans à peine après son lancement, le couperet tombe. Non pas parce que le modèle est dépassé, mais parce qu’il n’entre plus vraiment dans la nouvelle logique industrielle du constructeur. La deuxième génération de la i3, bâtie sur une plateforme dédiée et bardée de promesses technologiques, rend tout simplement sa présence redondante. Dans une gamme en pleine recomposition, les doublons n’ont plus leur place.
Le chant du cygne des coupés quatre portes
Ce retrait s’inscrit aussi dans une tendance plus large. BMW abandonne progressivement ces silhouettes hybrides, à mi-chemin entre la berline et le coupé. Le public, lui, semble avoir tranché : retour aux formats plus classiques, plus rationnels, et surtout plus rentables à produire.
La i4, dérivée de la Série 4 Gran Coupé, paye donc aussi cette orientation stratégique. Un choix qui en dit long sur l’état du marché : les véhicules de niche séduisent encore sur le papier, mais beaucoup moins dans les concessions.
Une rivale sérieuse de la Tesla Model 3… sans l’aura
C’est peut-être là le vrai paradoxe. Sur le fond, la i4 n’a jamais démérité face à la Tesla Model 3. Mieux finie, plus valorisante à bord, elle offrait une ambiance nettement plus premium, fidèle à l’ADN BMW. Là où l’américaine joue la carte du minimalisme, parfois à la limite de l’austérité, l’allemande conserve une approche plus traditionnelle… et plus rassurante.
Mais dans un marché dominé par l’image et la notoriété, cela n’a pas suffi. Tesla garde une longueur d’avance en matière de perception technologique et d’écosystème, notamment grâce à son réseau de recharge. Résultat : la i4 est restée une alternative crédible, mais rarement un premier choix.
Des prestations toujours dans le coup
Et pourtant, difficile de lui reprocher grand-chose sur le plan technique. Dès l’entrée de gamme, les performances sont solides, avec une puissance déjà confortable et une autonomie dépassant les 500 km. Les versions supérieures montent clairement en intensité, flirtant même avec des niveaux de performances dignes de sportives.
La recharge, sans être révolutionnaire, reste dans la bonne moyenne actuelle. Et sur la route, la i4 conserve ce mélange assez rare de dynamisme et de confort, typique des productions bavaroises.
Ses défauts ? Une habitabilité arrière un peu juste et un sens pratique en retrait face aux références du segment. Pas rédhibitoire, mais suffisant pour freiner certaines familles.
Une fin prématurée… ou un bon coup à jouer ?
La vraie question est ailleurs : faut-il encore s’y intéresser ? La réponse est clairement oui. En neuf, les derniers exemplaires pourraient devenir de bonnes affaires. Mais c’est surtout sur le marché de l’occasion que la i4 risque de devenir très attractive.
Face à une Model 3 neuve, une i4 bien équipée et légèrement décotée peut faire hésiter. Et pour qui privilégie la qualité perçue, le confort et un certain plaisir de conduite, le choix mérite d’être posé.
La i4 n’aura peut-être jamais été une star, mais elle restera comme une excellente élève. Et parfois, ce sont justement celles qu’on regrette le plus une fois parties.

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