
On pouvait difficilement reprocher à la nouvelle Mercedes-AMG GT Coupé 4 portes de manquer de puissance. Avec plus de 800 ch dans sa première déclinaison, la grande berline électrique d’Affalterbach jouait clairement dans la cour des supercars. Le problème, c’est qu’une telle démonstration technique ne s’adresse qu’à une poignée de clients.
Mercedes-AMG corrige déjà le tir. La gamme accueille une nouvelle GT 53, moins spectaculaire sur la fiche technique mais sans doute beaucoup plus cohérente pour une utilisation quotidienne. Moins puissante, nettement moins chère et surtout capable d’aller encore plus loin avec une seule charge.
Voilà probablement la version qui risque de représenter le cœur de la gamme.
Perdre près de 300 chevaux… sans vraiment perdre en performances
Le changement est important sur le papier. La GT 53 abandonne l’un des trois moteurs à flux axial présents sur la GT 55. La puissance passe ainsi de 816 à 544 ch.
Dit comme ça, l’écart paraît énorme.
Sur la route, il devrait pourtant être bien moins spectaculaire. Malgré ses 2 375 kg, la berline expédie toujours le 0 à 100 km/h en 3,5 secondes. C’est sept dixièmes de plus que la GT 55, mais on reste dans un niveau de performances qui dépasse déjà celui de nombreuses sportives thermiques.
La vitesse maximale est limitée à 230 km/h, avec la possibilité de grimper à 250 km/h grâce à un pack optionnel. Une valeur qui rappelle que Mercedes-AMG continue de penser à sa clientèle allemande, où certaines portions d’Autobahn permettent encore d’exploiter ce potentiel.

Une AMG électrique qui veut conserver du caractère
Réduire la puissance ne signifie pas rendre la voiture plus sage. Mercedes conserve plusieurs artifices destinés à rapprocher les sensations de conduite de celles d’un modèle thermique. Le mode AMG FORCE Sport+ reproduit notamment des passages de rapports, tandis qu’une sonorité artificielle s’inspire du six-cylindres en ligne équipant certains modèles AMG récents.
La transmission à deux rapports est également reconduite. Ce choix technique reste assez rare sur une voiture électrique. Il permet de conserver des accélérations franches tout en limitant la consommation lorsque la vitesse augmente, notamment sur autoroute.
La transmission intégrale, les amortisseurs pilotés et le système de Torque Vectoring, capable de répartir le couple entre les roues arrière selon les besoins, font eux aussi partie de la dotation.
C’est finalement l’autonomie qui devient l’argument numéro un
Mercedes n’a pas touché à la batterie de 106 kWh. En revanche, la baisse de puissance profite directement à l’efficience.
Le résultat est parlant : la GT 53 revendique jusqu’à 809 kilomètres d’autonomie WLTP, contre 687 kilomètres pour la GT 55.
Sur une voiture de ce gabarit et de ce niveau de performances, franchir le seuil des 800 kilomètres constitue un chiffre particulièrement marquant. Les longs trajets deviennent beaucoup moins contraignants et la fréquence des recharges diminue naturellement.
Cette évolution illustre une tendance qui gagne progressivement le segment des voitures électriques haut de gamme. Les constructeurs cherchent désormais autant à améliorer le rendement qu’à augmenter la puissance.

Une recharge qui reste impressionnante
Mercedes ne fait aucun compromis sur ce point. La GT 53 conserve une architecture électrique capable d’accepter jusqu’à 600 kW de puissance sur une borne rapide compatible. Très peu de modèles actuellement commercialisés affichent un tel niveau.
La marque annonce qu’il est possible de récupérer jusqu’à 534 kilomètres d’autonomie en dix minutes, tandis qu’un passage de 10 à 80 % demanderait seulement 11 minutes dans des conditions optimales.
Même si ces chiffres dépendent évidemment de la puissance réellement disponible sur les infrastructures de recharge, ils montrent le niveau d’ambition technologique de cette nouvelle plateforme.

Une baisse de prix qui change la donne
Cette nouvelle version sera disponible à la commande en Allemagne à partir du 13 août, avant une arrivée attendue rapidement sur le marché français.
Outre-Rhin, Mercedes affiche un tarif de 115 430 euros. La somme reste conséquente, mais l’écart avec la GT 55 est loin d’être anecdotique. Cette dernière débute à 154 700 euros, soit près de 40 000 euros de plus.
Cette GT 53 pourrait donc devenir la version la plus pertinente de la gamme. Elle conserve des performances largement suffisantes pour porter le badge AMG, affiche une autonomie qui rivalise avec les meilleures berlines électriques du moment et devient, presque paradoxalement, la déclinaison la plus rationnelle d’une voiture qui ne l’est pas vraiment.







