
Leapmotor continue d’élargir son terrain de jeu. Après les SUV, le constructeur chinois s’attaque désormais aux petites voitures électriques avec la B03, présentée pour la première fois en Europe au Mondial de l’Auto de Paris. Au programme, jusqu’à 390 km d’autonomie, une puissance de 197 ch et un équipement qui semble particulièrement généreux. Reste à connaître le chiffre qui pourrait tout changer : son prix.
Car sur le marché des citadines électriques, les arguments technologiques ne suffisent plus. La Renault 5 E-Tech, la Citroën ë-C3 ou encore la nouvelle Volkswagen ID. Polo occupent un terrain où chaque millier d’euros compte. Leapmotor entend y imposer sa recette, avec une voiture compacte qui promet beaucoup d’espace et des équipements habituellement réservés à des modèles plus chers.
Une petite électrique qui ne manque pas d’ambition
La B03 repose sur une nouvelle plateforme électrique développée par Leapmotor. Sa fiche technique annonce une puissance maximale de 145 kW, soit environ 197 ch, et une autonomie pouvant atteindre 390 km selon le cycle WLTP.
Ces chiffres placent la nouvelle venue dans une position intéressante. La puissance annoncée dépasse celle de nombreuses citadines électriques, même si elle ne dit pas grand-chose des performances réelles sans connaître le poids du véhicule, son couple ou ses accélérations. Leapmotor met surtout en avant une mécanique conçue pour répondre aux besoins quotidiens, avec suffisamment de réserve pour s’insérer sur une voie rapide ou dépasser sans difficulté.
La recharge constitue un autre argument. Grâce à une capacité annoncée de 2,5 C, la B03 pourrait passer de 10 à 80 % de batterie en 21 minutes. C’est une promesse intéressante pour ceux qui ne peuvent pas recharger à domicile, mais il faudra vérifier la puissance maximale réellement acceptée par la voiture et les conditions nécessaires pour obtenir ce temps. Une recharge rapide ne dépend pas uniquement de la technologie embarquée : la température de la batterie et la puissance disponible sur la borne jouent aussi un rôle.
Avec 390 km d’autonomie homologuée, la Leapmotor ne prétend pas révolutionner la voiture électrique. Elle cherche plutôt à proposer un ensemble cohérent, suffisamment polyvalent pour les trajets quotidiens et les déplacements plus longs occasionnels.

L’habitacle, un argument plus important qu’il n’y paraît
Les petites voitures ont longtemps imposé des compromis en matière d’espace. La B03 entend justement se distinguer sur ce point.
Leapmotor annonce jusqu’à 888 mm d’espace aux jambes à l’arrière, ainsi qu’un coffre modulable et plus de 30 espaces de rangement. La marque évoque également un dispositif baptisé Leap Box, un rangement étanche destiné à faciliter l’organisation des objets du quotidien, et des sièges arrière LeapFlex conçus pour rendre l’habitacle plus polyvalent.
Sur une voiture appelée à circuler en ville, ces détails comptent. Entre les sacs de courses, les affaires des enfants et les objets que l’on finit toujours par laisser dans l’habitacle, une bonne organisation peut se révéler plus utile qu’une puissance importante.
La B03 adopte aussi une présentation numérique particulièrement soignée sur le papier. Un écran central tactile de 14,6 pouces prend place au-dessus d’une instrumentation numérique de 8,8 pouces. Le système Leap OS 4.0 Plus intègre Apple CarPlay et Android Auto sans fil, ainsi que les mises à jour à distance.
Leapmotor annonce aussi des sièges chauffants, un volant chauffant et une climatisation automatique. Des équipements qui peuvent faire la différence sur une citadine électrique, particulièrement lorsque le véhicule sert à enchaîner les petits trajets en hiver.

Leapmotor vise les références européennes
La B03 arrive sur un marché qui a déjà commencé à se structurer. La Renault 5 E-Tech mise sur son style néo-rétro et une gamme de batteries adaptée à plusieurs budgets. La Citroën ë-C3 privilégie une approche plus accessible, avec une conception pensée pour limiter le prix d’achat. La future Volkswagen ID. Polo doit, elle aussi, s’installer sur ce segment très disputé.
Leapmotor choisit une autre voie : mettre en avant la technologie, la puissance et les équipements. C’est une stratégie que l’on retrouve déjà sur plusieurs modèles chinois, souvent très généreusement dotés par rapport à leurs tarifs.
Mais l’équation ne se résume pas à la liste des équipements. Le prix catalogue, les remises, la garantie, la disponibilité des pièces et la valeur de revente compteront tout autant. L’acheteur d’une petite électrique ne recherche pas nécessairement un écran géant ou près de 200 ch. Il veut aussi une voiture facile à vivre et dont le coût d’utilisation reste maîtrisé.

Le B10 produit en Espagne, un signal pour l’Europe
Leapmotor ne se contente pas de préparer de nouveaux modèles. La marque cherche également à consolider son implantation industrielle sur le continent.
Le constructeur annonce le démarrage officiel de la production du B10 électrique dans son premier site industriel européen, à Saragosse, en Espagne. Cette usine s’inscrit dans le partenariat avec Stellantis, qui apporte son expérience industrielle et son réseau commercial européen.
L’enjeu dépasse la simple fabrication locale. Produire en Europe peut faciliter l’approvisionnement, rapprocher les équipes industrielles des marchés et réduire la dépendance aux expéditions depuis la Chine. Cela ne signifie toutefois pas automatiquement que les voitures seront moins chères : le coût de production, les volumes et l’organisation logistique pèseront également dans la balance.
Cette implantation montre surtout que Leapmotor prépare son développement sur la durée. La marque ne veut pas se limiter à importer quelques modèles pour tester l’accueil du public.
Le Mondial de Paris a également servi de vitrine au D19, un grand SUV haut de gamme proposé en configurations six ou sept places. Le constructeur met en avant une suspension capable de s’adapter aux conditions de circulation, une architecture électrique avancée et sa technologie Super REEV, destinée à associer propulsion électrique et prolongateur d’autonomie.
Ce modèle se situe loin des préoccupations d’un acheteur de citadine, mais il illustre l’étendue des ambitions de Leapmotor.
La B03 reste pourtant le modèle à surveiller de près. Son autonomie est compétitive sur le papier, son équipement paraît généreux et sa puissance pourrait lui donner une certaine polyvalence. On attend désormais de connaitre son prix !







