
Alpine aura bien des choses à montrer au Mondial de l’Auto de Paris, mais pas forcément une révolution de sa gamme. La marque française annonce surtout de nouvelles configurations pour l’A290 et l’A390, tandis que le véritable événement se prépare autour de la prochaine A110 électrique, dont de nouvelles informations seront dévoilées le 28 septembre.
Le contraste est intéressant. Alpine veut désormais s’installer comme une marque française de sport haut de gamme capable de rivaliser à l’international. Pour y parvenir, elle dispose aujourd’hui de deux modèles électriques très différents et d’une A110 thermique arrivée au terme de sa carrière. Or les nouveautés annoncées pour Paris sont essentiellement des évolutions de présentation et de personnalisation.
L’A290 reste le moteur de la gamme
Il y a au moins une bonne nouvelle pour Alpine : l’A290 trouve son public. Au premier trimestre 2026, elle représentait déjà le modèle le plus vendu de la marque avec 2 452 immatriculations dans le monde, en progression de 63,9 % sur un an. Alpine indiquait également qu’elle représentait une très grande partie de ses ventes.
La petite sportive électrique joue donc parfaitement son rôle de porte d’entrée. Elle attire une clientèle qui ne possédait pas auparavant de modèle du groupe Renault et permet à Alpine de sortir du cercle relativement étroit des amateurs d’A110.
Mais le Mondial de Paris ne devrait pas apporter le modèle sportif que certains pourraient attendre face au retour de la Peugeot GTi.
La nouvelle A290 Collection reprend les deux niveaux de puissance existants, 180 et 220 ch. Elle reçoit surtout une présentation spécifique : Blanc Nival avec toit noir, arches de roues couleur carrosserie, jantes Snowflake de 19 pouces, étriers gris argent et éléments chromés. Une teinte Bleu Orage Mat sera également proposée, avec une sellerie et un volant spécifiques.
Cela permet de renouveler l’offre sans modifier profondément la voiture.
Le timing est pourtant intéressant, puisque Peugeot vient de relancer le label GTi avec une E-208 de 281 ch, capable d’atteindre 100 km/h en 5,5 secondes. La confrontation avec l’A290 devient donc particulièrement visible. Alpine conserve pour l’instant une approche moins radicale, sans annoncer de déclinaison plus puissante destinée à répondre directement à cette nouvelle référence dans le segment des petites sportives électriques.

L’A390 doit encore trouver sa place
Le cas de l’A390 est plus délicat. Selon les données publiées au fil de l’année, 610 A390 avaient été immatriculées en France au premier semestre 2026, avant une accélération à 182 unités en juillet.
L’A390 doit donc encore démontrer qu’elle peut réellement élargir les volumes d’Alpine. Son positionnement n’est pas évident : à partir de 67 500 euros lors de son lancement, elle entre sur un terrain occupé par de nombreux SUV et crossovers électriques premium.
Alpine insiste naturellement sur ses trois moteurs électriques, ses quatre roues motrices et son système de vectorisation du couple. La nouvelle version GTS présentée à Paris ajoutera surtout du contenu esthétique et haut de gamme avec une peinture Bleu Tempête Mat, des sièges Sabelt en cuir Nappa, des jantes forgées de 21 pouces et des inserts en carbone.
Le vrai pari se trouve derrière l’A110
C’est finalement la future A110 qui concentre le plus d’enjeux. L’actuelle génération a terminé sa production après plus de huit ans de carrière, tandis que la nouvelle doit passer à une motorisation entièrement électrique. Alpine avait déjà présenté l’A110 Future, un prototype destiné à donner quelques indications sur cette prochaine génération.
Le Mondial de Paris permettra donc surtout de mesurer la direction prise par Alpine. L’A290 confirme pour l’instant son rôle de modèle de conquête, l’A390 doit encore installer sa légitimité commerciale et la future A110 devra réussir une transition particulièrement sensible vers l’électrique.
Le 28 septembre donnera probablement davantage de matière pour juger cette dernière.









