Essai Citroën C5 Aircross hybride 145 ch : une deuxième génération au top ?

Essai Citroën C5 Aircross 2 hybride
Essai Citroën C5 Aircross 2 hybride

La deuxième génération du Citroën C5 Aircross est arrivée avec un design renouvelé, mais qu’en est-il de sa philosophie ? Au sein de Stellantis, Citroën tend à être repositionné en gamme « entry » pour faire face à Dacia, entre autres. Une recette qui semble prendre au niveau des ventes, même si cette descente en gamme n’est pas du goût de tous les acheteurs de la marque française. Mais rassurez-vous tout de même : ce C5 Aircross est positionné plus haut en gamme qu’un Dacia Bigster, mais en-dessous d’un Peugeot 3008. Le compromis parfait pour un SUV généraliste ?

Design : changement de langage

Pour cette deuxième génération du C5 Aircross, les designers Citroën ont cherché à totalement réinventer le concept, et à lui appliquer le nouveau design de la marque. Les changements sont conséquents sur le style, avec un SUV compact qui perd ses rondeurs pour adopter des volumes plus cubiques. Malgré tout il affiche un SCX de 0,75 contre 0,84 pour le modèle sortant. Le design n’a pas oublié d’affiner certains éléments, tout en accentuant la perception d’un SUV affirmé.

Préfiguré par le C5 Aircross Concept, le nouveau venu se veut plus musclé, en adoptant des lignes tendues. A l’avant, la signature lumineuse est composée de trois points, avec des segments horizontaux très fins. Elle est commune avec les autres modèles de la gamme comme les C3 et C3 Aircross : l’air de famille est revendiqué. Cette version Max est au passage dotée de projecteurs Matrix LED, conçus pour rouler en plein phares sans éblouir les autres usagers.

Capot plat, passages de roues « carrés », le C5 Aircross s’affirme comme un SUV plus baroudeur dans l’esprit.

De derrière, les feux arrière LED « Citroën Light Wings » le distinguent de la concurrence, avec un rendu visuel très spécifique. Les feux sont désolidarisés des ailes comme s’il s’agissait d’éléments flottants : original. Cette signature lumineuse trois points fait écho à celle des projecteurs avant.

Dommage que même sur cette version supérieure Max, le dessin et l’habillage des jantes alliage 19″ ne soit pas à la hauteur. Les plus belles jantes 20 » Obsidian sont réservées à la motorisation hybride rechargeable.

Seules six teintes sont proposées au nuancier de ce SUV compact, dont ce vert astoria inédit facturé 1000 euros. Pour profiter d’un toit bi-ton noir perla nera, il faut encore ajouter 450 euros.

Essai Citroën C5 Aircross 2 hybride
Essai Citroën C5 Aircross 2 hybride

Vie à bord : espace et confort, what else ?

Ce cousin du Peugeot 3008 profite d’un aménagement intérieur inédit, qui se démarque nettement du premier C5 Aircross. Au centre de la planche de bord, Citroën a fait le choix d’une grande tablette verticale appelée « écran cascade ». En partie supérieure, les sorties de ventilation sont regoupées en ligne. L’autre changement est le remplacement de l’habillage par du textile, qu’on retrouve sur les contre-portes. Au niveau design, le placement des tweeters de part et d’autre de la planche de bord semble assez étonnant. La forme étonne, et la qualité des plastiques rigides n’aide pas à fixer son regard sur autre chose.

Sous le grand écran central, vous n’aurez pas deux emplacements pour la recharge par induction mais un seul, juste à côté des commandes de la boite de vitesses et des modes de conduite. En regardant la photo ci-dessous, vous aurez une vision de l’ergonomie choisie par Citroën : les touches physiques sont très réduites. Mais sous l’écran, vous avez quand même 6 touches qui sont consacrées aux commandes de clim. Rassurés ? D’ailleurs la température reste tout le temps affichée en partie basse de l’écran.

La partie multimédia est plutôt bien gérée, avec les incontournables Car Play et Android Auto. Et avec un écran généreux, l’affichage peut empiler la navigation, suivie de votre playlist, puis des touches de menu et enfin de la température de la clim.

L'aménagement de la planche de bord a été totalement revu
L’aménagement de la planche de bord a été totalement revu

Autre élément marquant sur ce SUV français : les fameux sièges Citroën Advanced Confort mis en avant par la marque. Leur design met en avant un effet matelassé, et la sensation de moelleux est bien présente pour les passagers. Ils sont d’ailleurs de série à partir du deuxième niveau de finition baptisé PLUS.

L’ambiance est d’ailleurs plus axée confort que sport : malgré la présence d’un pédalier aluminium, ou d’un volant avec méplat, le ciel de toit est de couleur claire.

Bien installé derrière le volant, le conducteur profite dans cette version d’un système d’affichage tête haute. Au-dessus du volant, ce n’est plus un bloc d’instrumentation avec casquette qu’on retrouve mais un écran horizontal.

De série l’intérieur profite de l’ambiance Hype Blue avec Sièges Advanced Comfort en TEP et Tissu Bleu, mais notre exemplaire d’essai profite d’une ambiance Hype Grey avec Sièges Advanced Comfort en TEP Premium perforé et Tissu Gris facturée 1180 euros. A l’avant, les passagers profitent ici de nombreux modes de massage, pattes de chat et autres. Autre option intéressante et qui peut changer la vie au quotidien ( et la revente ) : un vaste toit panoramique qui est également ouvrant. Ce qui n’est pas si fréquent parmi les SUV français, plus souvent équipés au mieux d’un simple toit panoramique fixe.

En matière de qualité perçue, ce C5 Aircross déçoit par rapport à la précédente génération. Le plastique des contre-portes par exemple, est désormais rigide et non plus légèrement moussé sur la partie supérieure des portières. On sent vraiment le positionnement de Citroën qui est un cran en-dessous de Peugeot malgré leur appartenance dans les deux cas aux constructeurs dits généralistes. Des matériaux moins flatteurs, mais tout de même plus valorisants que ceux d’un Dacia Bigster. Heureusement étant donné les tarifs tout de même clairement supérieurs.

Le C5 Aircross essaye de compenser ces lacunes de finition avec sa technologie embarquée, mais aussi par la présence d’un éclairage d’ambiance inédit, avec huit couleurs au choix.

Que vaut ce C5 Aircross en habitabilité ? L’espace arrière est forcément un impératif pour un véhicule à vocation familiale. Plus long de 15 cm que le précédent modèle, ce nouveau C5 Aircross réserve un très bel espace aux jambes au deuxième rang. Il est d’ailleurs comparable à celui d’une C5 X. Les passagers arrière peuvent aussi bénéficier de l’inclinaison du dossier de banquette arrière. Mais ceux qui plébiscitaient le premier C5 Aircross pour ses trois sièges individuels façon monospace seront déçus de trouver ici une banquette plus classique. Autre mesure importante : la garde au toit, qui demeure élevée malgré un pavillon de toit qui descend à partir du rang 2 pour l’aérodynamisme.

L'espace arrière est suffisant pour accueillir confortablement des adultes
L’espace arrière est pensé pour accueillir confortablement des adultes

L’ouverture du hayon et motorisée avec fonction mains libres, sans avoir besoin de cocher d’option sur ce C5 Aircross Max. Déjà sur le précédent opus, la contenance du coffre était un argument important pour les familles. Avec 651 litres, le nouveau venu marque là encore les esprits, loin devant les 520 litres d’un 3008. En configuration deux places, Citroën annonce même 1985 litres, de quoi charger lors d’un petit déménagement…

Ce volume de chargement est d’ailleurs identique quelle que soit la motorisation, hybride, hybride rechargeable ou électrique.

Au final sur cette partie vie à bord, le C5 Aircross peut décevoir en qualité de finition mais mise sur une habitabilité élevée, une belle capacité de chargement, un confort réel et aussi un niveau d’équipement embarqué en série plutôt généreux. Une synthèse séduisante pour les familles !

Avec 651 litres, la contenance du coffre du C5 Aircross sera appréciée
Avec 651 litres, la contenance du coffre du C5 Aircross sera appréciée

A conduire

Cousin du Peugeot 3008, ce C5 Aircross 2 utilise la même plate-forme STLA Medium, et aussi la même motorisation hybride MHEV de 145 ch. Celle-ci se retrouve sur la quasi totalité des modèles Stellantis, hormis quelques exceptions comme la Fiat 500. Il s’agit d’un bloc 3 cylindres 1.2 turbocompressé d’une puissance de 136 ch, qui n’est plus entrainé par une courroie de distribution qui baigne dans l’huile mais par une chaine. Profondément revu, ce moteur est accouplé à une boite de vitesses à double embrayage eDCS, qui intègre un petit moteur électrique de 12 ch ( 28 ch en pic ). Celui-ci est alimenté par une batterie lihtium-ion située sous le siège conducteur, avec une capacité inférieure à 1 kWh.

Cette micro hybridation permet de rouler en électriques sur quelques centaines de mètres seulement, mais cela permet déjà de contenir les émissions de CO2 et la consommation en ville. Les performances n’ont rien de diabolique, avec 10,2 s au 0 à 100 km/h. Logique, au vu du poids qui dépasse les 1,6 tonne. Il aurait été apprécié de voir arriver une motorisation full hybride ou une motorisation MHEV plus puissante, mais c’est un souhait qu’on peut avoir sur l’ensemble des marques du groupe Stellantis. On vous répondra qu’il existe au-dessus la motorisation PHEV, mais tout le monde n’a pas forcément la capacité et l’envie de se charger au quotidien. ( et le budget supplémentaire conséquent )

Au volant, vous ne douterez pas d’être au volant d’un « vrai » SUV avec une garde au sol de 200 mm, pour une hauteur de 1,66 m.

Sous le capot, on retrouve la motorisation hybride bien connue dans le groupe Stellantis
Sous le capot, on retrouve la motorisation hybride bien connue dans le groupe Stellantis

Lors des montées en régime, le 3 cylindres 1.2 se fera entendre, avec une architecture qui n’est pas des plus mélodieuses. Malgré son tempérament loin d’être sportif, ce SUV reçoit des palettes au volant, un plus qui pourra être pratique, notamment pour tomber en rapport quand cela devient nécessaire. Mais la boite automatique reprend rapidement la main, même avec une conduite dynamique et en montant dans les tours. Vous l’avez compris : ce C5 Aircross hybride n’aime pas être brutalisé. Son crédo, c’est plutôt de rouler sur un filet de gaz, sans se brusquer.

Que donne ce C5 Aircross au niveau des réglages de son châssis ? Pas de suspension hydractive pour ce modèle familial bien entendu, mais des suspensions à butées hydrauliques progressives. Celles-ci vont absorber les irrégularités de la chaussée pour préserver vos vertèbres : appréciable en ville, mais aussi sur route avec des revêtements dégradés.

Le train avant reste léger avec le petit 3 cylindres, et la précision de conduite nous a semblé meilleure que sur celle de son prédécesseur.

Le C5 Aircross mise avant tout sur le confort
Le C5 Aircross mise avant tout sur le confort

Citroën reste fidèle à Michelin, en tout cas pour ce modèle : ici les gommes sont des e Primacy, en 225/55 R19. Des pneus qui favorisent davantage l’efficience que la sportivité, et qui font feront donc gagner des kilomètres supplémentaires sur un plein.

Du côté des aides à la conduite, le pack Drive Assist 2.0 intègre de nombreux éléments : régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop&Go, surveillance angles morts, maintien dans la voie, mais aussi assistance semi-automatique au changement de voie.

Quelle consommation pour ce nouveau C5 Aircross hybride 145 ch ? Citroën annonce 4 % de moins que le modèle sortant, et une autonomie pouvant aller jusqu’à 950 km. Lors de notre essai, nous avons réalisé une moyenne de 5,9 L qui semble très correcte. En ville, il sera même possible de descendre un peu plus bas. En revanche sur autoroute à 130 km/h, n’espérez pas descendre sous les 7L/100 km : c’est sur ce type de parcours que la micro-hybridation est la plus distancée par une motorisation diesel comme celle de l’ancien C5 Aircross…

Budget : un équipement complet en finition Max

Citroën propose trois niveaux de finition sur son C5 Aircross, une logique reprise aux autres modèles de la gamme, en partant de la petite C3. La version d’entrée de gamme You débute à 32800 euros au configurateur Citroën, avec un équipement de série qui comprend déjà : Régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop & Go, aide au stationnement arrière, démarrage mains libres, projecteurs LED, Climatisation automatique bizone, Plancher de coffre à 2 positions, jantes alliage 18″ Carbon. En coeur de gamme, le C5 Aircross Plus est lui facturé 35740 euros et ajoute de nombreux équipements : Aide au stationnement avant, arrière et Caméra de recul 180°, Eclairage d’ambiance étendu 8 couleurs, Ecran Cascade avec Navigation 3D, Accès et Démarrage mains libres Proximity, Rétroviseurs extérieurs électriques, chauffants et rabattables électriquement avec éclairage d’accueil LED, Vitres et lunette arrière surteintées, pack design, Climatisation automatique bizone étendue avec aérateurs centraux pour les passagers arrière, Recharge sans fil pour smartphone, Volant gainé multifonctions avec décor Noir Brillant, et jantes alliage 19″ Zircon.

L'écran cascade façon tablette est une nouveauté sur ce modèle
L’écran cascade façon tablette est une nouveauté sur ce modèle

Cette version d’essai Max est proposée à 40160 euros sur Citroën Store, avec une dotation très complète en série : Visiopark, Projecteurs Citroën Matrix LED, Affichage Tête Haute Étendu, Rétroviseurs extérieurs électriques, chauffants, rabattables électriquement, avec éclairage d’accueil LED, indexés à la marche arrière et à mémoire de position, Hayon motorisé mains libres, Pack Drive Assist 2.0, Color Clips Gold Satin, Volant chauffant, Eclairage d’ambiance étendu 8 couleurs, siège conducteur chauffant à réglage électrique 8 directions et à mémoire de position Siège Passager chauffant à réglage manuel 6 directions, Pédalier et repose-pied en aluminium.

Alors au final est-il nettement moins cher qu’un Peugeot 3008 équivalent ? Un 3008 Hybride GT Exclusive est affiché à 43150 euros sur Peugeot Store, soit plus de 3000 euros de plus que son cousin chevronné. Une différence parfois plus marquée, en fonction du niveau de remise accordé par Citroën.

Garanti 2 ans au départ, le C5 Aircross peut voir sa garantie étendue à 8 ans en faisant l’entretien dans le réseau. Une opportunité non négligeable pour sa tranquillité d’esprit.

A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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