
Le marché automobile français accélère franchement. En juillet 2026, les voitures électriques ont représenté 35 % des immatriculations de voitures neuves, tandis que les marques chinoises ont franchi le seuil des 8 %. Deux chiffres qui résument assez bien le changement de physionomie du marché français.
Selon AAA DATA, 126 808 voitures particulières neuves ont été immatriculées en juillet, soit 9 % de plus qu’en juillet 2025, à nombre de jours ouvrés identique. Depuis janvier, le marché atteint 983 969 unités, en progression de 3 %.
44 378 électriques en un mois
Les voitures électriques ont totalisé 44 378 immatriculations en juillet, contre 285 938 depuis le début de l’année. Leur part de marché atteint désormais 29 % sur sept mois, avec une progression de 70 %.
Chez les particuliers, la hausse est encore plus spectaculaire. 23 960 voitures électriques neuves ont été immatriculées en juillet, soit 37 % de part de marché, avec des volumes ayant plus que doublé sur un an.
Les flottes ne sont pas en reste : l’électrique représente 40 % de leurs immatriculations, avec 14 943 véhicules et une progression de 90 %.
Le classement des modèles est assez parlant. La Renault 5 arrive en tête avec 3 794 exemplaires, devant le Renault Scenic E-Tech (2 910), la Renault Twingo IV (2 564) et le Tesla Model Y (2 401).
Renault profite donc pleinement de cette accélération. La R5, surtout, coche plusieurs cases du moment : une voiture électrique relativement compacte, un prix plus accessible que celui de nombreux SUV et une image suffisamment forte pour ne pas ressembler à un simple véhicule rationnel.

Le leasing social change aussi les règles du jeu
Le nouveau leasing social a été lancé le 16 juillet 2026, avec 50 000 voitures électriques destinées aux ménages éligibles et des loyers pouvant descendre à 200 euros par mois.
Le dispositif intervient alors que le marché électrique avait déjà fortement progressé. Il ne crée donc pas la tendance à lui seul. Il l’accélère.
C’est probablement le point le plus intéressant du mois. Les constructeurs ne se contentent plus de proposer des modèles électriques : ils commencent à travailler davantage leur prix d’accès mensuel. Plusieurs marques ont d’ailleurs lancé leurs propres offres inspirées du leasing social.
Pour l’acheteur, la différence est loin d’être théorique. Une voiture à 25 000 ou 30 000 euros n’est pas perçue de la même manière lorsqu’elle devient un loyer inférieur à 200 euros.
AAA DATA estime que cette troisième édition du leasing social agit désormais comme un « signal prix » pour l’ensemble de l’offre électrique.
L’essence et le diesel décrochent
Pendant ce temps, le thermique encaisse le choc : les immatriculations essence chutent de 44 %, à 13 903 voitures. Le diesel s’effondre de 60 %, avec seulement 2 750 véhicules.
L’hybride résiste mieux, mais ne progresse plus. Les hybrides classiques représentent 20 % du marché et les micro-hybrides 21 %. Les hybrides rechargeables reculent de 11 %, à 7 461 unités.
La fiscalité explique une partie de cette évolution. Depuis janvier 2026, le malus CO₂ commence plus tôt et le malus au poids s’applique à partir de 1 500 kg.
Pour les gros SUV thermiques ou hybrides rechargeables, l’addition devient rapidement difficile à justifier.
L’essence-GPL fait toutefois figure d’exception avec une progression de 49 %, à 5 172 immatriculations.
Les marques chinoises passent à 8 %
Autre signal fort : 9 935 voitures de marques chinoises ont été immatriculées en juillet. Cela représente 8 % du marché français.
BYD, Xpeng et Leapmotor ont plus que doublé leurs volumes. MG progresse de 41 %.
Le plus intéressant est que ces constructeurs commencent à adapter leur stratégie aux contraintes européennes. Les électriques produites en Chine restent frappées par des droits de douane supplémentaires, ce qui pousse les industriels à développer la production locale.
BYD produit désormais en Hongrie. Leapmotor doit commencer à fabriquer son SUV B10 dans l’usine Stellantis de Figueruelas, en Espagne, à partir d’août 2026.
Le mouvement est donc assez clair : les constructeurs chinois ne cherchent plus seulement à vendre des voitures importées en Europe. Ils commencent à construire une véritable implantation industrielle.
L’occasion électrique suit avec un temps de retard
Le marché de l’occasion recule de 4 % en juillet, avec 469 223 transactions. Mais l’électrique raconte pourtant une autre histoire.
Les transactions de voitures électriques d’occasion progressent de 54 %, à 22 993 unités. Elles représentent désormais 5 % du marché de seconde main. Le chiffre reste faible en valeur absolue, mais la progression est difficile à ignorer.
C’est surtout la conséquence logique de la montée en puissance du neuf. Plus les électriques sont nombreuses à circuler aujourd’hui, plus elles finiront demain sur le marché de l’occasion.
Pour le moment, les transactions électriques restent majoritairement réalisées par des professionnels vers des particuliers : le B2C représente 63 % des échanges électriques d’occasion.
Le marché change plus vite que prévu
Le mois de juillet confirme donc plusieurs tendances déjà visibles depuis le début de l’année : l’électrique accélère, le thermique recule, les particuliers reviennent sur le neuf et les marques chinoises gagnent du terrain. Le chiffre des 35 % d’électriques est évidemment celui que l’on retiendra.
Mais les 8 % des marques chinoises sont peut-être tout aussi importants. Car derrière ces immatriculations se joue déjà la prochaine bataille du marché français : celle du prix, de la production européenne et de la capacité à proposer une voiture électrique abordable sans sacrifier les marges.
Et cette bataille-là ne fait que commencer.
Source : AAA DATA






