
20 990 euros. C’est le tarif qui va forcément retenir l’attention au moment où la Geely E2 arrivera en France, en septembre. Pour une voiture électrique de ce gabarit, le prix est plutôt bien placé. Et Geely ne vient pas simplement ajouter une énième citadine au catalogue : la marque chinoise veut clairement prendre une place sur un marché où les Renault 5 E-Tech et Citroën ë-C3 font partie des best-sellers.
L’E2 est en réalité connue depuis quelque temps. En Chine, elle porte le nom d’EX2 et rencontre déjà un gros succès. Geely annonce près de 460 000 exemplaires vendus en 2025. La voiture est également commercialisée sur plusieurs marchés à travers le monde.
Une petite voiture qui ne fait pas si petite
Avec un peu plus de quatre mètres de long, l’E2 reste dans le format d’une citadine polyvalente. Elle est même légèrement plus longue qu’une Renault Clio. Geely a surtout réussi à exploiter correctement cet espace avec un coffre de 375 litres.
Ce n’est pas ridicule du tout pour une voiture de cette catégorie.
Il y a aussi un coffre à l’avant de 70 litres. Pour une électrique, c’est pratique pour y laisser les câbles de recharge sans remplir le coffre principal. Banquette rabattue, le volume atteint 1 320 litres.
Le style, lui, ne cherche pas franchement à révolutionner le genre. On retrouve une silhouette arrondie et des proportions qui peuvent rappeler certains modèles de Smart. Ce n’est pas vraiment surprenant puisque Geely possède justement Smart avec Mercedes.
La E2 a toutefois sa propre identité. Et surtout, elle paraît plus imposante qu’une simple petite citadine électrique.

Deux batteries et jusqu’à 345 km
Geely proposera trois niveaux de finition : Pro, Max et Max+. La version la moins chère recevra une batterie de 35 kWh et revendiquera 252 km d’autonomie WLTP.
Pour les deux finitions supérieures, la capacité passe à 47 kWh. L’autonomie atteint alors 345 km.
Ce n’est pas exceptionnel en 2026, mais ce n’est pas vraiment ce que Geely cherche à vendre avec cette voiture. L’E2 est avant tout pensée comme une voiture accessible, polyvalente et suffisamment autonome pour les trajets quotidiens.
La Renault 5 garde toutefois l’avantage sur ce terrain. Avec sa batterie de 52 kWh, elle peut dépasser les 400 km WLTP. La comparaison devient donc moins flatteuse pour la Geely dès qu’on envisage de longs trajets réguliers.
Pour une utilisation urbaine et périurbaine, la situation est différente.
La motorisation devrait développer environ 115 ch et entraîner les roues arrière. Geely ne communique pas encore tous les détails techniques pour la version française, mais cette architecture pourrait donner à l’E2 un comportement assez différent de celui de nombreuses petites électriques à traction avant.

Beaucoup d’équipement pour le prix
C’est probablement ici que la Geely peut faire mal. Même la finition Pro annonce déjà un équipement plutôt complet avec notamment une dalle centrale de 14,6 pouces, des sièges chauffants, des aides à la conduite de niveau 2 et une suspension arrière multibras.
Le dernier point mérite d’être souligné. Une suspension multibras sur une petite électrique à environ 21 000 euros n’est pas vraiment monnaie courante. La Renault 5 dispose elle aussi d’une architecture arrière évoluée, mais toutes les concurrentes ne peuvent pas en dire autant.
Reste à savoir comment tout cela sera réglé. Une bonne fiche technique ne garantit pas forcément un bon comportement routier. Sur une voiture aussi légère et destinée à la ville, le confort, la précision de la direction et la calibration des aides à la conduite compteront davantage que la taille de l’écran.
C’est justement ce qu’il faudra vérifier une fois la voiture disponible en France.

Geely doit maintenant rassurer
Le prix est une chose. Faire acheter une voiture chinoise à un particulier français en est une autre.
Geely l’a bien compris et annonce une garantie de huit ans ou 200 000 kilomètres. C’est un argument assez fort pour une marque encore récente dans l’Hexagone.
Le réseau sera tout aussi important. Geely vise 70 concessions françaises d’ici la fin de 2026, puis 170 en 2028. L’objectif est ambitieux, mais indispensable pour installer durablement la marque.
L’E2 arrive donc avec quelques arguments solides : un prix inférieur ou proche de celui des petites électriques européennes, une bonne habitabilité, beaucoup d’équipements et une garantie généreuse.
Elle ne va pas mettre la Renault 5 à la retraite. Ce serait aller un peu vite.
Mais à moins de 21 000 euros, Geely dispose d’un produit suffisamment sérieux pour obliger les constructeurs européens à regarder cette nouvelle venue de très près. Et c’est probablement là que commence le vrai sujet.








