
Il y a des renouvellements qui ressemblent à une mise à jour. Celui du Tucson n’en fait visiblement pas partie. Hyundai vient de lever le voile sur la cinquième génération de son SUV familial et, à première vue, la marque a décidé de repartir d’une feuille presque blanche.
Le changement est suffisamment radical pour que l’on puisse se demander si Hyundai n’a pas volontairement cherché à créer une rupture avec le modèle actuel. Le Tucson lancé en 2020 avait déjà marqué un tournant avec son design très travaillé. Le prochain va beaucoup plus loin dans une direction différente : lignes droites, surfaces tendues, silhouette plus imposante.
Le Tucson commence à prendre beaucoup de place
Le nouveau Tucson atteint 4,70 m de long. C’est considérable pour un modèle qui reste officiellement positionné comme un SUV familial. À titre de comparaison, on se rapproche de dimensions autrefois réservées à des véhicules d’une catégorie supérieure.
La largeur passe également à 1,905 m, tandis que la hauteur progresse légèrement. Le plus intéressant reste toutefois la longueur supplémentaire, qui devrait profiter à l’habitabilité.
Hyundai annonce notamment 29 mm de garde au toit en plus à l’arrière. Les portes de la seconde rangée s’ouvrent aussi davantage, avec un angle qui passe de 73 à 83 degrés. Sur une fiche technique, cela paraît presque anecdotique. Avec un enfant à installer dans un siège auto un lundi matin sous la pluie, beaucoup moins.
C’est probablement là que se jouera une partie du succès de ce Tucson.
Car le segment est devenu particulièrement disputé. En Europe, le modèle reste une valeur sûre pour Hyundai : il a terminé 2025 avec plus de 136 000 exemplaires écoulés selon les données Dataforce reprises par plusieurs sources, ce qui le plaçait encore parmi les SUV les plus vendus du continent. Hyundai indique également que le Tucson a été le SUV compact numéro un auprès des clients particuliers européens en 2025, avec 5,3 % de part de marché sur ce canal.
Autrement dit, Hyundai n’avait aucune raison de jouer avec le feu. Il l’a pourtant fait.

Une inspiration qui rappelle davantage Kia que le Tucson actuel
Le nouveau langage stylistique baptisé « Art of Steel » change complètement la perception du véhicule. Les surfaces deviennent plus géométriques et les éléments lumineux adoptent une signature en forme de H.
C’est surtout la face avant qui risque de faire parler. Les feux de jour verticaux sont reliés par une fine signature lumineuse horizontale, donnant au Tucson une allure presque plus proche d’un concept-car que d’un SUV familial classique.
L’arrière reprend cette logique. Les ailes très sculptées sont toujours présentes, mais les rondeurs caractéristiques du modèle actuel ont quasiment disparu. Le résultat évoque davantage certains produits récents de Kia, notamment l’EV5, que le Tucson que l’on connaît aujourd’hui.
C’est assez logique finalement. Hyundai et Kia partagent une partie de leur technologie, mais leurs identités visuelles ont progressivement pris des chemins très différents. Ce nouveau Tucson semble vouloir placer Hyundai dans une zone plus robuste, presque plus américaine dans ses proportions.
La version XRT accentue encore cette impression avec ses protections spécifiques, ses boucliers et ses éléments de carrosserie plus imposants. Attention toutefois à ne pas confondre apparence et capacités réelles : Hyundai ne revendique pour l’instant aucune aptitude tout-terrain particulière pour cette déclinaison.

À l’intérieur, Hyundai revient un peu en arrière
Alors que l’industrie automobile continue de multiplier les écrans et à faire disparaître les commandes physiques, Hyundai conserve plusieurs boutons sur la console centrale. Le grand écran reste évidemment incontournable, mais le constructeur ne semble pas vouloir transformer le Tucson en tablette roulante.
L’architecture évolue fortement. L’actuelle grande dalle regroupant les différentes informations derrière le volant et l’écran central disparaît au profit d’un écran central horizontal de grande taille, accompagné d’un affichage plus fin face au conducteur.
Le Tucson adoptera aussi Pleos, le nouvel environnement logiciel de Hyundai. C’est un changement moins visible que les feux en forme de H, mais probablement plus important sur le long terme. Le groupe entend progressivement déployer cette architecture sur ses nouveaux modèles, avec une place beaucoup plus importante accordée au logiciel.
Hyundai ajoute quelques attentions intéressantes : recharge sans fil de deux smartphones simultanément, davantage de rangements et même un emplacement destiné aux cartes à proximité du conducteur.

Le plus gros morceau reste encore caché
Hyundai ne dévoile pour l’instant aucune motorisation destinée à cette nouvelle génération. Impossible donc de savoir si la gamme européenne conservera une architecture comparable à celle d’aujourd’hui.
Le Tucson actuel existe notamment en hybride et hybride rechargeable, une stratégie qui colle particulièrement bien aux attentes européennes. Hyundai affirme d’ailleurs vouloir proposer une motorisation électrifiée sur chacun de ses modèles européens d’ici 2027.
La vraie question est plutôt de savoir jusqu’où Hyundai ira dans l’électrification. Le constructeur possède déjà une gamme électrique complète avec les Ioniq, mais le Tucson occupe une autre place : celle du modèle polyvalent capable de séduire aussi bien les familles qui ne veulent pas encore passer au 100 % électrique que celles qui cherchent à réduire leur consommation sans bouleverser leurs habitudes.
Le futur Tucson devra conserver cet équilibre. Et avec 4,70 m de long, un style beaucoup plus imposant et un habitacle profondément remanié, il semble surtout vouloir monter en gamme sans changer de nom. C’est une stratégie risquée, mais cohérente avec le succès du modèle.
La version européenne n’est pas encore totalement connue et les premières voitures sont attendues chez nous en 2027. Il faudra donc patienter avant de savoir si Hyundai a simplement dessiné un Tucson plus spectaculaire… ou s’il prépare un SUV familial nettement plus ambitieux que celui qu’il remplace.







