
Renault applique à sa R4 électrique une recette déjà utilisée sur la R5. Quelques kilomètres d’autonomie supplémentaires, une nouvelle batterie LFP pour rendre l’entrée de gamme plus intéressante et des équipements qui évoluent sans attendre un restylage. La logique est assez simple : entretenir l’attractivité d’un modèle au fil de sa carrière, plutôt que de laisser les défauts du lancement s’installer durablement.
La démarche prend tout son sens quand on regarde les ventes. De janvier à septembre 2026, la Renault 5 E-Tech totalise 31 996 immatriculations en France, contre seulement 7 984 pour la Renault 4 E-Tech. La citadine dépasse donc largement son aînée dans les chiffres, alors que le SUV électrique peine encore à trouver le même public. Un écart qui mérite attention, même si les deux véhicules ne répondent pas exactement aux mêmes attentes.
La R5 a montré la voie, la R4 reprend la recette
Renault avait annoncé dès la fin août les évolutions de sa R5 électrique. Les versions existantes gagnaient en autonomie grâce à des optimisations aérodynamiques et à un travail sur la gestion de la batterie. La version de 40 kWh passait de 312 à 315 km WLTP, tandis que celle de 52 kWh progressait de 410 à 430 km. Une nouvelle version Five devait également recevoir un moteur de 110 ch et une batterie LFP, avec 305 km d’autonomie annoncée.
La Renault 4 suit désormais cette trajectoire. Pas de révolution technique, mais une série de corrections qui rendent le modèle plus polyvalent et permettent à Renault de faire évoluer son offre sans attendre une nouvelle génération.
La batterie de 40 kWh autorise maintenant jusqu’à 310 km d’autonomie WLTP, contre 308 km auparavant. Avec le pack de 52 kWh et le moteur de 150 ch, la R4 annonce jusqu’à 415 km. La version Plein Sud, équipée du toit ouvrant en toile, descend à 400 km en raison de sa configuration.
Ces gains restent modestes. Ils ne transformeront pas la R4 en grande voyageuse, mais quelques kilomètres supplémentaires peuvent compter pour un automobiliste qui recharge à domicile et utilise régulièrement sa voiture pour des trajets périurbains.

7 984 ventes : la R4 reste loin derrière la R5
Le contraste entre les deux modèles est plus difficile à ignorer que les améliorations techniques. Avec 31 996 immatriculations sur les neuf premiers mois de 2026, la Renault 5 a déjà trouvé une place solide sur le marché français. La R4, avec 7 984 unités sur la même période, reste très loin derrière.
Le style néo-rétro de la R5, ses dimensions adaptées à la ville et son positionnement de citadine électrique semblent avoir convaincu un public plus large. La R4 joue une autre partition, avec une carrosserie plus haute, une présentation inspirée de l’ancienne 4L et une promesse de polyvalence familiale. Ce format de SUV devrait théoriquement lui ouvrir davantage de possibilités, mais il s’accompagne aussi d’un positionnement tarifaire plus exigeant.
La comparaison avec la Mégane E-Tech mérite également d’être posée. Avec 7 984 exemplaires, la R4 reste également sous les volumes que la Mégane réalise avant l’arrivée de son restylage. Les chiffres montrent clairement que la R4 n’a pas encore rencontré le même succès commercial que la R5.
Une version Jogging pour élargir le public
C’est dans cette optique que la nouvelle finition Jogging pourrait devenir importante. Attendue avant la fin de l’année, elle associera un moteur électrique de 110 ch à une batterie LFP de 37 kWh, dont 36,5 kWh utiles. Renault annonce jusqu’à 305 km d’autonomie WLTP et un 0 à 100 km/h en 10,2 secondes.
La technologie LFP permet généralement de réduire le coût de la batterie, même si le tarif final du véhicule dépend aussi de nombreux autres éléments. Renault n’a pas encore communiqué le prix de cette version Jogging. C’est pourtant lui qui permettra de juger si cette nouvelle proposition peut réellement rapprocher la R4 des budgets les plus serrés.
La dotation annoncée comprend notamment la climatisation manuelle, un écran multimédia de 10,1 pouces, un tableau de bord numérique de 7 pouces, Apple CarPlay et Android Auto en plein écran, ainsi que des radars de stationnement arrière.
La recharge rapide est conservée, avec une puissance maximale de 80 kW en courant continu. Renault annonce 25 minutes pour passer de 10 à 80 % de batterie sur une borne compatible. Sur une installation en courant alternatif, le même exercice demande environ 3 h 30.
Le choix d’une batterie plus petite implique évidemment quelques compromis sur les longs trajets. Mais pour une voiture utilisée essentiellement autour du domicile, cette configuration pourrait suffire. Tout dépendra du prix demandé.
La Roland-Garros soigne l’image, mais pas le tarif
L’autre nouveauté est la série spéciale Roland-Garros, proposée avec la batterie de 52 kWh et le moteur de 150 ch. Son autonomie atteint 415 km WLTP et son prix débute à 31 420 euros après déduction de la prime Coup de pouce annoncée par Renault.
La présentation fait référence au tournoi parisien à travers une carrosserie bicolore, des jantes de 18 pouces, des détails couleur terre battue et une sellerie spécifique composée de matériaux recyclés. L’habitacle reçoit également des touches de bleu, un sélecteur de vitesses inspiré du grip d’une raquette et un chargeur à induction Qi2.
Le résultat devrait séduire les acheteurs sensibles à la présentation et aux séries spéciales. Mais à plus de 31 000 euros après déduction de l’aide annoncée, la R4 se retrouve face à des alternatives électriques dont certaines peuvent être proposées à des tarifs proches selon les promotions et les équipements. La question du rapport prix-prestations reste donc entière.

Des équipements plus utiles qu’un simple changement de finition
Renault améliore aussi les fonctions du quotidien. Toutes les versions disposent désormais d’une caméra de recul haute définition et du préconditionnement manuel de la batterie. Cette dernière fonction permet de préparer le pack avant une recharge rapide sans devoir programmer un itinéraire dans le système de navigation.
Une caméra à 360 degrés est proposée en option sur la finition Techno. Les aides à la conduite évoluent également, avec un assistant d’éco-conduite prédictive et un système d’arrêt d’urgence complémentaire à l’Active Driver Assist.
Le chargeur à induction adopte le standard Qi2, avec un système aimanté et ventilé, tandis que le hayon motorisé peut s’ouvrir automatiquement à l’approche du conducteur muni de sa carte d’accès. Le système multimédia poursuit pour sa part son évolution après l’intégration de Google Gemini.
Ce sont des améliorations concrètes, même si elles ne répondent pas directement à la principale interrogation autour de la R4 : son positionnement commercial. Les commandes de la gamme actualisée ouvrent à partir des 12 et 13 octobre 2026 selon les versions et les marchés, avec un prix d’entrée annoncé à 22 920 euros après déduction de la prime Coup de pouce de 7 070 euros.
La R5 a déjà bénéficié de cette stratégie d’amélioration continue. La R4 en reprend maintenant les grandes lignes, avec une version LFP qui pourrait compter davantage que la série spéciale Roland-Garros. Reste à savoir si ces évolutions suffiront à réduire l’écart avec la citadine, ou si Renault devra aller plus loin sur les prix pour donner un véritable élan à son SUV électrique.






